SUITE DES AFFECTIONS DU PÉRICARDE
brunâtre. Dq reste, le passage de quelques globules rouges dans le liquide peut se faire après la mort.
La réaction du liquide est toujours alcaline. Il n'est qu'un produit du sérum du sang, et, par conséquent, il ne contient aucune substance qui ne se trouve dans le sérum. On y rencontre peu d'albumine, comme dans le sérum sanguin.
On en possède les analyses suivantes :
Wftohsmulh. E. Wai^nor. Gorup-Besanez.
Eau 95,27 à 97,3 i 9C,5l 95,51
Albumine l/,3 à 3,01 2,01 2,46
Fibriue »
Matières extraclives » »
Sels iuorgaaiqiies » » » o U
A côté du liquide, on ne trouve pas sur les membranes de traces d'inflammation. La surface interne a l'air macéré, et la membrane externe paraît épaissie. La cavité est distendue.
Si l'hydropisie a duré longtemps, la graisse placée sous la membrane séreuse diminue ou disparait ; le tissu cellulaire sous-séreux est œdémateux. Les cellules de l'endothélium sont altérées. Au-dessous, la substance musculaire du cœur paraît terne et flétrie.
L'bydropéricarde reconnaît pour cause des aff'ections locales de voisinage ou des affections générales.
Les affections locales qui y donnent lieu sont celles qui entraînent une stase dans les veines ou les lymphatiques du cœur et de ses enveloppes ou des régions voisines.
Dans d'autres cas, la cause générale consiste en une liydropisie générale, la néphrite parenchymateuse, la tuberculose, le cancer et les autres cachexies.
L'bydropéricarde est toujours une affection latente ; quand elle est peu abondante, elle échappe à l'examen. Elle n'est reconnaissable que quand on rencontre un péricarde distendu par du liquide. On soupçonne alors l'bydropéricarde à ce qu'à aucun moment de son évolution on n'observe de frottement péricardique. Les battements de la pointe du cœur sont, comme dans la péricardite, cachés à la vue et tellement aU'aiblis à l'oreille, qu'on ne peut les entendre.
HÉMOPÉRICARDE, PNEUMOPÉRICÂRDE . M
La plupart du temps, l'hydropéricarde arrive comme phénomène ultime au milieu de maladies des plus graves soit locales, soit générales, et il est difficile de faire la part des symptômes qui lui reviennent. Le plus difficile diagnostic, en pareil cas, consiste ;\ rechercher si les phénomènes qu'on ohscrve appartiennent à Tasystolie par dégénérescence, ou épuisement musculaire, ou bien à l'hydropéricarde.
En effet, les symptômes observés en pareil cas sont les suivants : le pouls.est petit; il y a une stase veineuse accusée, de la cyanose, de la diminution de la sécrétion de l'urine, de la compression des poumons et l'abaissement du diaphragme. La dyspnée va jusqu'à l'orlhopnée, et les malades, pris d'anxiété, sont dans la détresse respiratoire.
La ponction du péricarde pourrait, dans quelques cas, amener une survie précieuse, bien que de courte durée.
HÉMOPÉRICARDE.
L'hémopéricarde est la conséquence d'une rupture soit du cœur, soit d'un anévrysrae de la première partie de la crosse de l'aorte, soit même d'un anévrysme des ai'tères coronaires. En général, la rapidité de la mort est en rapport avec la masse du sang rendue en un moment ; si bien que, si le péricarde met à se remplir une demi-heure ou une heure, la mort est retardée en conséquence. La mort, en pareil cas, est donc plus souvent soudaine que subite.
PNEUMOPÉRICÂRDE.
La présence de gaz dans le péricarde est extrêmement rare. Cependant plusieurs auteurs ont pu en constater, lorsque le péricarde renfermait des liquides sanieux, qui avaient subi la fermentation putride (Laennec, Skoda, Stokes, Rokitanski, Traube).
D'autres fois ces gaz viennent d'autres abcès situés dans les organes plus ou moins éloignés, à la suite desquels une perforation du péricarde a eu lieu.
Dans les cas de Chambers, Beckers et Tutel, il y avait une ulcération de l'œsophage qui était venue perforer le péricarde.
HYDIIOPÉRICARDE.
Dans un cas de M. Dowel, l'ulcération venait d'une caverne ; dans celui de Eisenlohr, d'un pyo-pneumothorax. Saexinger I trouvé une ulcération de l'estomac; Graves, un abcès du foie. A ces faits il faut joindre les plaies pénétrantes de poitrine, où l'air pouvait passer à travers la blessure.
Enfin Forster remarque que, dans certains cas, les gaz du péricarde peuvent être le fait d'une décomposition cadavérique.
Les symptômes généraux de pneumopéricarde sont ceux de riiydropéricarde, en y joignant de la fièvre et du délire.
Les symptômes locaux présentent quelques particularités. Le péricarde, distendu par les gaz, donne lieu à des saillies apparentes, si le sujet n'est ni trop gras ni trop infiltré.
La palpation peut reconnaître une sorte de gargouillement, se reproduisant d'une manière synchrone avec les bruits du cœur.
La percussion donne un son caractéristique ; c'est un bruit clair, tympanique, avec timbre métallique. Ce bruit clair, occupant les parties supérieures de la cavité péricardique, se déplace avec les différentes attitudes du malade. Il s'élève quand le malade, qui était couché, vient à se dresser pour s'asseoir ou se lever. Par ce même fait, la surface occupée par la matité absolue du cœur a considérablement diminuée. Peine aurait même constaté le bruit de pot fêlé, sans qu'il y eût d'ouverture au péricarde.
On a noté, à l'auscultation, des phénomènes curieux. Les bruits du cœur prennent un.e telle intensité, qu'ils sont entendus non seulement par le malade lui-même, mais par son entourage. Chez un malade observé par Stokes, le bruit était tel, que sa femme était réveillée par ces bruits pendant son sommeil.
Les bruits du cœur prennent une tonalité exceptionnellement élevée ; ils prennent quelquefois un timbre métallique clair, qui rappelle le bruit des cloches (Friedreich).
Gomme il y a en même temps des exsudats dans le péricarde, il se produit des bruits de souffle qui prennent également une tonalité -élevée et un timbre métallique. C'est dans ces cas qu'on a entendu également des bruits de roue hydraulique ou de moulin. On a même entendu parfois le tintement métallique.
Ces cas sont très graves, comme on pense, et amènent rapide-