‹ Diagnostic et traitement des maladies du cœur [electronic resource]Chapitre 84 sur 355 · FONCTIONS DE LA MITRALE · texte numérisé non relu

FONCTIONS DE LA MITRALE

de la valvuie ; ils naissent ordinairement des tendons et rarement des piliers.

En résumé, la grande valve mitrale divise la cavité du ventricule gauche en deux parties inégales. Celle qui est en avant, ou cavité artérielle, est lisse sur la face valvulaire, lisse sur la face antérieure formée par la cloison. Elle ne possède de colonne charnue ni de premier ni de second ordre, ne présente de colonne charnue de troisième ordre que dans la partie inférieure, de manière à ne présenter aucune rugosité qui gêne le départ du sang pendant la systole.

Derrière la grande valve mitrale qui forme cloison avec le pilier antérieur se trouve en haut le canal mitral qui va de l'orilice auriculo-valvulàire au bord - valvulaire, puis le treillage du tendon qui sert de communication entre les deux parties artérielles et veineuses du'ventricule, et au-dessous les piliers des colonnes charnues du premier ordre.

Points de repère physiologiques. — Gomment ces organes fonctionnent-ils pendant la vie?

11 faut ici diviser la question en deux: ce qui a lieu pendant la systole et ce qui a lieu pendant la diastole.

Quant à ce qui se passe pendant la diastole, tout le monde est d'accord depuis Galien. •

En effet, Galien disait que, pendant la diastole, le cœur, en se dilatant, tend les colonnes charnues et les valvules et les orifices veineux s'ouvrent. Cette théorie, formulée de nouveau en 1679 par Lower, esL adoptée par tout le monde.

Il n'en est pas de môme do ce qui se passe dans la systole. Un grand nombre de théories ont été émises à cet égard. Elles ont élc fort bien résumées dans les derniers temps par M. Marc Sée, qui a donné de cette fonction une théorie des plus satisfaisantes.

^ La première théorie, qui commence à Lower en 1679, regarde l'occlusion des orifices par les valvules comme un fait passif: c'est la pression du sang qui les soulève et les étale en les faisant

c. PAUL. MAL. DU CŒUR. ' . ^

ia4 DE l'endocardite chronique ou scléreuse.

se joindre par les bords. C'est la théorie du jeu des sigmoïdes appliquée aux valvules veineuses ou auriculo-venlriculaires.

Ainsi Lower, en poussant un courant d'eau par l'aorte ou en pressant le cœur rempli d'eau, voit le cœur se raccourcir, les piliers se rapprochent de la valvule, les tendons sont relâchés et les valvules refoulées par l'eau. 11 en conclut que les choses se passent ainsi dans la systole.

Vieussens (1715) adopte cette théorie, en ajoutant que les piliers charnus ont pour fonctions d'empêcher le renversement des valvules dans la cavité des oreillettes. Winslow (1732), Haller (1757), adoptent la môme théorie. Séuac, en 1749, se range également à la même opinion, mais il ne croit pas, comme Vieussens, au maintien des valvules par les colonnes charnues, il croit que les valvules bombent dans l'oreillette comme un couvercle. Adelon (1829), A. Béclard (1834), Magendie (1836), Valentin (1830), Ruedinger (1859) admettent la théorie de Lower et de Yieussens.

Wundt(1863) y ajoute une subtilité, il pense qu'après la systole les piliers restent contractés au début delà diastole pour tirer les valvules vers la cavité ventriculaire et ouvrir le passage auriculoventriculaire. Les expériences faites sur les animaux vivants ont semblé justifier cette théorie. M. Colin, introduisant son doigt dans l'oreillette gauche, jusque dans le ventricule, sent les valvules auriculaires se soulever (1836). La contraction des muscles papillaires est compensée et au delà par le rapprochement des parois. Plus tard (1874), M. Colin admet que les valvules ne se touchent pas par leur dentelure.

MM. Luton (1868) et Longet (1869) admettent la théorie de Lower, avec cette différence que, pour eux, les valvules s'adossent par leur surface interne et par leurs bords; elles ne font donc pas saillie dans l'oreillette.

Pour Spring(1860), les muscles papillaires se contractent un peu avant la systole ventriculaire, c'est-à-dire pendant la systole auriculaire, pour aider à faire pénétrer dans le ventricule la quantité de sang en surplusiqui va déterminer la systole ventriculaire. Puis, pendant la systole ventriculaire, les muscles pa-

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pillaires resferont passifs et c'est l'allongement du cœur pendant celte systole qui tendra les valvules.

Remarquons que dans toutes ces théories il manque un point capital, c'est que la systole est un acte actif par contraction musculaire, qu'une théorie passive peut bien convenir à la diastole, mais que pour la systole il faut considérer avant tout que le cœur est dans son moment de plus haute activité.

Passons maintenant à la seconde théorie ou théorie deVocclusion active.

Nous allons donc nous rapprocher de plus en plus de la réa-

Fig. 4B. Position respective des trois muscles papillaires.

lité avec les théories qui font de l'occlusion ventriculaire un phénomène actif. Déjà, en 18-25, Meckel disait que les diverses : parties des valvules se trouvent rapprochées et l'orifice auriculo- • ventriculaire bouché avec force par l'énergie de la contraction 'Tentriculaire. Burdach (1827)faisait observer, de son côté, que si lia tension des valvules était un phénomène passif, la présence cdes muscles papillaires serait inutile. Selon Burdach, quand les

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muscles papillaires se contractent, ils tendentles valvulescomme des voiles en les écartant des parois. Ils les tendent dans le sens de Taxe du ventricule. La valvule forme ainsi un entonnoir qui laisserait passer du sang, mais, selon lui, la pression du sang complète l'occlusion.'

L'opinion de Bouillaud est difficile à comprendre: il appelle les piliers tenseurs ou releveurs des valvules. Mais ce qu'il dit ensuite est remarquablement juste. Pendant la systole, toute la moitié gauche ou auriculaire du ventricule gauche est à peu près complètement effacée, tandis que la moitié droite ou artérielle lance dans l'aorte la colonne de sang qu'elle avait reçue de l'oreillette gauche.

• Parchappe, en 1848, pensait que les piliers en se contractant et en se rapprochant fermaient la valvule comme on fermait autrefois la bourse à coulants. Les piliers tirent sur les cordages pour les ramener de la circonférence de l'orifice au centre. Les valvules se froncent et se ferment sous l'influence du rapprochement de la traction des colonnes charnues, qui, en se contractant, se rapprochent au contact et jusqu'à l'engrénement. La colonne antérieure et la colonne postérieure, exactement appliquées l'une contre l'autre, s'engrènent par les saillies et les dépressions de leurs faces opposées. Les deux colonnes ainsi engrenées forment au centre de la cavilé ventriculaire une seule colonne qui partage le ventricule en deux chambres, une moitié antérieure et une moitié postérieure.

11 y a du vrai dans cette théorie de Parchappe, que M. Marc Sée a reprise et développée d'une manière tout à fait remarquable (1).

M. Marc Sée fait remarquer que la systole est une fonction astive et que, pendant que l'ensemble des parois ventriculaires ,se contracte, les muscles papillaires se contractent ainsi et que l'elTet de cette contraction est de produire la tension des cordages tendineux et l'abaissement des valvules, malgré le raccourcissement des piliers.

(l) Marc Sée, le mode de fonctionnement des valvules aurkulo-ventri-] ailaires du cœw- [Archives de physiologie, a» série, t. I", p. 381).

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