‹ Diagnostic et traitement des maladies du cœurChapitre 100 sur 413 · DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL ENTRE L'ENDOCARDITE ET LA PÉRICARDITE · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL ENTRE L'ENDOCARDITE ET LA PÉRICARDITE

Ces deux affections ont bien des caractères communs ; elles naissent dans les mêmes conditions, troublent toutes deux l'appareil central de la circulation, et quand l'attention est attirée par ces symptômes vers une affection aiguë du cœur, c'est sur l'auscultation que l'on compte pour les différencier ; à plus forte raison, quand l'affection est latente et qu'elle n'est révélée que par un examen complet du malade qui en rencontre les signes physiques.

Or, comme nous l'avons vu par la description de chacune de ces deux maladies, les bruits des deux affections diffèrent notablement par :

1° La topographie. — La topographie de chacun des foyers d'endocardite est déterminée par celui ou ceux des orifices qui sont atteints. C'est presque toujours à la périphérie du triangle cardiaque qu'ils siègent; ils dépassent ce triangle en projetant des souffles de différents côtés : vers l'aisselle pour la pointe, vers la clavicule droite pour l'aorte, vers la clavicule gauche pour l'artère pulmonaire.

La péricardite, au contraire, limite ses bruits au triangle péricardique et a son foyer à la partie moyenne et inférieure de ce triangle, le long du bord gauche du sternum. Il n'y aurait à discuter àcet égard qu'entre la péricardite, d'une part, et une endocardite siégeant à la tricuspide. Les lésions d'endocardite tricuspide sont si rares, qu'on pourrait presque les négliger; cependant elles existent, j'en donnerai des exemples. Donc il y a lieu à un diagnostic. Ce diagnostic s'établira alors par les autres caractères des bruits.

2» Le temps. - Le bruit de la péricardite est souvent syslonque etdiastolique, avec un sentiment de va-et-vient qui ne se rencontre pas dans l'endocardite. Quant ce bruit n'est plus que

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syslolique, il est encore reconnaissable par son timbre et ses modifications.

3° Le timbre. — Le bruit de la péricardile peut être doux, en jet de vapeur, comme celui de l'endocardite ; mais c'est là une exception. 11 se présente beaucoup plus souvent sous la forme d'un bruit de frottement, avec les variations de timbre que j'ai décrites, depuis le bruit de froissement delà neige jusqu'au bruit de cuir neuf de Collin.

4° La profondeur. — Le bruit de péricardite est bien plus superficiel, et le bruit d'endocardite plus profond.

o° L'évolution. — A mesure que l'épanchement se produit, le bruit de frottement s'élève, s'étend en haut, à mesure qu'il disparaît en bas, puis reparaît quand l'épanchement est résorbé, donnant le frottement de retour.

6° Rien n'est facile comme de modifier un bruit péricardique; le seul fait d'appuyer un peu sur le sternum, de faire soulever plus ou moins le malade, l'action si rapide des ventouses et surtout des vésicatoires, tous ces moyens de modifier à volonté les bruits péricardiques n'existent pas pour l'endocardite, dont les bruits ne sont modifiés que par une action sur le rythme du cœur par la digitale, la saignée, etc.

DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL ENTRE L'ENDOCARDITE, LA PLEURÉSIE ET LA PNEUMONIE.

Au premier abord, il semble puéril de poser ce diagnostic différentiel : mais on sait aujourd'hui que les organes centraux de la circulation peuvent donner lieu à des bruits dits extracardiaques, qui peuvent singulièrement tromper. En pareil cas, il suffit presque toujours de faire cesser la respiration pour s'y reconnaître.

Pour ne pas reprendre ici à nouveau la description des bruits extracardiaques, je renverrai le lecteur au chapitre qui traite de l'anémie, où les caractères assignés à ces bruits par M. Polain ont été donnés en détail.

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