‹ Diagnostic et traitement des maladies du cœurChapitre 108 sur 413 · FONCTIONS DE LA M1TRALE · texte numérisé non relu

FONCTIONS DE LA M1TRALE

Nous allons donc nous rapprocher de plus en plus de la réalité avec les théories qui font de l'occlusion ventriculaire un phénomène actif. Déjà, en 1825, Meckel disait que les diverses parties des valvules se trouvent rapprochées et l'orifice auriculovcntriculaire bouché avec force par l'énergie de la contraction ventriculaire. Burdach (1827) faisait observer, de son côté, que si la tension des valvules était un phénomène passif, la présence des muscles papillaires serait inutile. Selon Burdach, quand les muscles papillaires se contractent, ils tendent les valvules comme des voiles en les écartant des parois. Ils les tendent dans le sens de l'axe du ventricule. La valvule forme ainsi un entonnoir qui laisserait passer du sang, mais, selon lui, la pression du sang complète l'occlusion.

L'opinion de Bouillaud est difficile à comprendre : il appelle les piliers tenseurs ou releveurs des valvules. Mais ce qu'il dit ensuite est remarquablement juste. Pendant la systole, toute la moitié gauche ou auriculaire du ventricule gauche est à peu près complètement effacée, tandis que la moitié droite ou artérielle lance dans l'aorte la colonne de sang qu'elle avait reçue de l'oreillette gauche.

Parchappe, en 1848, pensait que les piliers en se contractant et en se rapprochant fermaient la valvule comme on fermait autrefois la bourse à coulants. Les piliers tirent sur les cordages pour les ramener de la circonférence de l'orifice au centre. Les valvules se froncent et se ferment sous l'influence du rapprochement de la traction des colonnes charnues, qui, en se contractant, se rapprochent au contact et jusqu'à l'engrénement. La colonne antérieure et la colonne postérieure, exactement appliquées l'une contre l'autre, s'engrènent par les saillies et les dépressions de leurs faces opposées. Les deux colonnes ainsi engrenées forment au centre de la cavité ventriculaire une seule colonne qui partage le ventricule en deux chambres, une moitié antérieure et une moitié postérieure.

11 y a du vrai dans cette théorie de Parchappe, que M . Marc Sée a reprise et développée d'une manière tout à fait remarquable (1).

(1) Marc Sôe, Sur le mode de fonctionnement des valvules auriculo-ventricidaires du cœur (Archives de physiologie, 2° série, t. I", p. 381).

218 DE L'ENDOCARDITE CHRONIQUE OU SCLlitlliUSU.

M. Marc Sée fait remarquer que la systole est une fonction active et que, pendant qne l'ensemble des parois ventriculaires se contracte, les muscles papillaires se contractent ainsi et que l'effet de cette contraction est de produire la tension des cordages tendineux et l'abaissoment des valvules, malgré le raccourcissement des piliers.

Les muscles papillaires du ventricule gauche sont disposés de façon à s'emboîter l'un dans l'autre et à combler la portion gauche de la cavité venlriculaire (fig. 50 et 51).

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