‹ Diagnostic et traitement des maladies du cœurChapitre 118 sur 413 · H KTARD DE LA PULSATION CARDIAQUE · texte numérisé non relu

H KTARD DE LA PULSATION CARDIAQUE

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Ainsi donc il est bien démontré que dans l'insuffisance et surtout dans le rétrécissement mitral, le choc de la pointe est en retard sur le commencement de la systole et que par conséquent le moment qui précède immédiatement le choc de la pointe n'est pas la présystole, mais bien le commencement delà systole.

On ne comprendrait pas, du reste, que le frémissement de la prcsystole lié à un rétrécissement mitral cessât avec le début de la systole. 11 en résulterait que le sang chassé par la faible contraction des oreillettes dans le canal mitral induré et verruqueux donnerait lieu à un frémissement certain, tandis que le sang refoulé dans ce môme canal par l'énergique contracLion du ven- Iricule ne donnerait plus lieu à un frémissement; c'est inadmissible.

Considérons maintenant le retard apporté au choc de la pointe et le phénomène va devenir intelligible, Dans la pre-

mière partie de la systole, le sang refoulé avec énergie dans le canal mitral produit un frémissement qui cesse (pas toujours) ou qui peut cesser quand la systole a acquis son maximum. Surtout si l'on remarque que le choc de la pointe dans l'insuffisance et le rétrécissement mitral ne donne après son fastigium aucun plateau et que la descente de la ligne commence tout de suite pour durer un peu plus que l'ascension.

La nouvelle théorie que je propose trouvera un appui nouveau lorsque j'étudierai plus loin le bruit qu'on appelle présystolique.

Auscultation. — Dès le début de l'auscultation, l'insuffisance mitrale ne fut pas caractérisée par Laennec. Bertin, en 1824, reconnut un bruit de souffle en rapport avec le rétrécissement mitral, bruit qu'il faisait coïncider avec la contraction des oreillettes et précédait la contraction des ventricules. En 1832, les belles recherches de Rouannet, en donnant une théorie des bruits du cœur, firent faire un pas à l'explication des bruits de souffle. Aussi, en 1833, Pilhos indique que le souffle du premier temps correspond au refoulement du sang dans l'oreillette et par conséquent à l'insuffisance mitrale. Bouillaud (1835) admet ce bruit et indique que le bruit peut être double si, en même temps que l'insuffisance, il y a du rétrécissement; mais Bouillaud ne s'explique pas sur le moment du bruit de souffle.

Andral, en publiant en 1836 une nouvelle édition de Laennec, indique, dans une note, une classification nouvelle donnée par M. Roger, qu'il résume ainsi : « A la pointe, au premier temps, insuffisance mitrale; à la pointe, au deuxième temps, rétrécissement mitral. » Nous verrons plus tard ce que signifie ce bruit de souffle au deuxième temps et à la pointe. Or, il n'existe pas de bruit de souffle au deuxième temps et à la pointe sans un bruit de souffle systolique. Le bruit de souffle au deuxième temps à la pointe, quand il existe seul, n'indique pas une lésion mitrale, mais bien une lésion aortique. Ce second bruit sera, du reste, discuté tout au long.

En 1843, le problème est éclairé de nouveau par M. Fauvel dans un mémoire publié clans les Archives de médecine, sur le bruit présystolique qui accompagne le rétrécissement mitral. M. Fauvel l'appelle présystolique parce qu'il précède immédia-

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