PULSATION CARDIAQUE DANS L'INSUFFISANCE MITRALE
Donc le premier bruit qu'on entend, qui précède le choc de la pointe et le bruit du souffle ou de râpe de la milrale, n'est pas un bruit présystolique, c'est un bruit systolique, le bruit normal de la tricuspide, puis vient le bruit pathologique de la mitrale et enfin le claquement des sigmoïdes. On comprend très bien alors :
1° Pourquoi le bruit dit présystolique est toujours un claquement et non pas un souffle ;
-2° Pourquoi ce bruit n'est pas toujours suivi d'un petit silence, le relard plus ou moins grand du choc de la pointe faisant que le bruit pathologique couvre plus ou moins le bruit de la tricuspide ;
3" Pourquoi le reflux produit par la contraction ventriculaire produit un souffle alors que le flux produit par la contraction auriculaire n'en produit pas. Tandis que la théorie classique admet que la contraction auriculaire produit un bruit de souffle, alors que la contraction ventriculaire, quatre fois plus énergique, qui fait repasser le sang par le même orifice, n'en produit pas !
Donc il n'y a pas de bruit anormal présystolique, ce qu'on entend au début de la révolution cardiaque est le claquement de la tricuspide. L'obstacle au reflux du sang produit par le rétrécissement fait que la systole met un certain temps à triompher de cet obstacle et par suite le choc de la pointe retarde et le bruit systolique ventriculaire en même temps.
Dédoublement des bruits. J'arrive à. un autre symptôme du rétrécissement mitral : l'altération du rythme des bruits. Cette altération du rythme peut consister en deux choses différentes, soit en un redoublement, soit en un dédoublement des bruits.
11 arrive, en effet, très souvent de trouver, lorsque ces malades entrent à l'hôpital, qu'il est impossible de déterminer le rythme du cœur, tant il est confus.
Puis, à mesure que le malade se repose, la fréquence des contractions diminue et le rythme s'accuse mieux. On voit alors souvent dans le rétrécissement mitral un certain phénomène se produire. Deux révolutions cardiaques se succèdent immédiatement indiquant que la seconde révolution en a suivi une première
ihcomplèle. Or, dans le cas de rétrécissement où l'entrée du sang de l'oreillette dans le ventricule rencontre une certaine difficulté, il peut arriver que, dans la première révolution, il soit èntré si peu de sang dans le ventricule, que la systole se soit pour ainsi dire faite à vide.
Un autre phénomène se montre encore très nettement au cardiographe, c'est celui-ci : après deux ou trois révolutions complètes, la révolution qui survient est faible, insuffisante, suivie d'un silence qui indique une sorte de repos du cœur, puis surviennent une série de contractions, dont la première est la plus énergique. Celles qui suivent le sont de moins en moins, jusqu'à un nouvel arrêt du cœur. En pareil cas, on peut constater facilement que, dans la première pulsation de cette série, la systole est brusque et complète dès le début, comme à l'état normal, puis, à chaque révolution suivante, le retard du choc de la pointe s'accuse de plus en plus.
Fig. 72.
De môme que, chez un jeune sujet, si l'on prend le tracé d'une simple insuffisance mi traie, on voit, au début, le cœur se contracter précipitamment et donner un tracé anormal, puis, à mesure que l 'émotion se calme, le tracé perd alorsle caractère de l'insuffisance.
L'auscultation, dans ces cas, peut faire entendre des bruits différents. Soit d'abord une sorte de roulement, qui dure toute la systole, roulement bien décrit par Duroziez, roulement suivi d'un dédoublement. Ou bien, au lieu d'un roulement, on peut entendre une série de un à quatre bruits. Quand il n'y a qu'un bruit de surajouté, ce bruit supplémentaire peut être plus rapproché du premier bruit et donner le rythme du galop au plus