DU BRUIT DIT PRÉSYSTOLIQUE
Car il est bon de le répéter ici : la révolution cardiaque physiologique commence par la contraction des oreillettes et se termine par la fin de la diastole; tandis qu'en clinique le commencement de la révolution cardiaque est silencieux et le commencement apparent, c'est-à-dire le premier bruit, ne commence qu'avec la systole venlriculaire.
Une révolution cardiaque examinée cliniquement par l'auscultation commence donc par la systole ventriculaire et finit par la systole auriculaire.
Le premier bruit et le petit silence correspondent à la systole, le deuxième bruit au claquement des sigmoïdes, commencement de la diastole, et le grand silence comprend la diastole, plus la systole auriculaire.
Fig. 70.
La systole ventriculaire perçue par l'oreille est donc précédée par une systole muette, la systole auriculaire.
La figure ci- dessus montre bien cette différence, la systole physiologique va de a en a', la systole clinique ou d'auscultation de b en V. Le grand silence, qui va de c en b', comprend la diastole ventriculaire, plus la systole auriculaire. La révolution cardiaque perçue par l'oreille est donc en retard sur la systole vraie de toute la durée de la systole auriculaire.
Arrivons maintenant au bruit dit présysloh'que. M. Fauvel et tous ceux qui l'ont suivi ont dit : Ce bruit précède le choc de la pointe du cœur et le premier bruit du cœur, donc il est présystolique par rapport à la systole ventriculaire ; il correspond donc au passage du sang de l'oreillette dans le ventricule au travers de l'orifice rétréci. C'est donc tout simple.
Remarquons d'abord ce qu'il y a d'exact dans l'observation :
1° le bruit pathologique en question précède le choc de la pointe du cœur, c'est parfaitement exact ; 2° quand il est détaché, il précède le bruit systolique, c'est encore vrai ; 3° à l'autopsie, on trouve en rapport avec ce bruit une lésion mitrale, où domine le rétrécissement. Tout cela est parfait. Mais remarquons d'autre part : 1° que ce bruit qui précède le bruit systolique n'est jamais un souffle plus ou moins râpeux variable comme la lésion qu'il est censé représenter. C'est toujours un claquement sec; 2° qu'il ne précède pas toujours le bruit systolique, qu'il est souvent confondu avec lui, ne s'en distinguant que par une rudesse de timbre, quand le bruit systolique est doux ; 3° que le tracé fourni par le cardiographe signale un fait important, c'est que le choc du cœur ne correspond plus au début de la
i-ig. "i-
systole, mais bien au milieu de sa durée, si bien que ce qui précède immédiatement le choc de la pointe n'est pas la systole auriculaire, mais bien la systole ventriculaire, de sorte que le bruit qui précède immédiatement le choc de la pointe n'est pas un bruit présystolique par rapport à la systole ventriculaire, mais bien un bruit systolique.
Dans la figure ci-dessus qui représente la différence du tracé de la lésion mitrale avec le tracé normal de la systole ventriculaire marqué par des points, on voit le retard du choc de la pointe indiqué par les lettres a', a.
Or, que se passe-t-il pendant ce temps ? Le claquement de la tricuspide et le bruit qu'elle produit, le bruit de souffle systolique mitral vient ensuite avec le choc de la pointe et dure jusqu'au claquement des sigmoïdes.