CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LA TOPOGRAPHIE DU CŒUR
Tout médecin qui veut faire le diagnostic d'une maladie, de manière à satisfaire aux exigences de la clinique moderne et surtout de la clinique française, doit résoudre successivement les quatre problèmes suivants :
1° Reconnaître les symptômes ;
2° Reconnaître l'affection ;
3° Reconnaître la maladie ;
4° Reconnaître l'individualité du malade.
Au temps de Galien, le diagnostic se bornait aux symptômes, il consistait à reconnaître les manifestations morbides, qu'on classait en trois catégories : les troubles fonctionnels (aclio Isesa); les altérations dans les produits des organes (excretorum vitia) ; enfin les altérations dans la forme et l'apparence des organes (qualitatum exlernarum mutationes).
L'école analomopathologiste a fait un pas de plus, elle a exigé qu'on déterminât les organes malades et le processus pathologique ; c'est le second diagnostic, celui de l'affection, mais elle s'est arrêtée là.
L'école vitaliste a été plus loin ; elle a voulu qu'on recherchât la maladie dont cette affection est la manifestation, et cette exigence a été surtout reconnue légitime pour les maladies chroniques.
2 TOPOGRAPHIE DU C0KUH.
Celte recherche est surtout nécessaire dans les maladies du cœur, qui sont ordinairement des manifestations de la scrofule, du rhumatisme, de la goutte, de la syphilis ou de l'alcoolisme.
Enfin, l'école contemporaine, ou tout simplement l'école du bon sens, exige qu'on aille plus loin encore et qu'on détermine les conditions individuelles du malade : son tempérament, sa constitution, ses idiosyncrasies, son passé pathologique, son milieu hygiénique, etc. Ce n'est qu'à partir de ce moment que le diagnostic est complet et permet de résoudre les deux problèmes définitifs : le pronostic et le traitement.
A chaque époque de la médecine, quoi qu'on en dise, les cliniciens ont demandé à l'anatomie, à la physiologie et aux sciences auxiliaires tout ce que ces sciences pouvaient leur donner. Je ne manquerai pas à ce devoir et je demanderai aux progrès contemporains des sciences médicales tout ce qu'ils peuvent nous fournir de connaissances et d'instruments ; or, toutes les méthodes qui permettent de s'éclairer dans l'élude des maladies du cœur sont des méthodes nouvelles, elles exigent donc d'être exposées avec le plus grand soin pour qu'on puisse en tirer parti dans la clinique.
Pour donner à cette élude clinique des maladies du cœur, une base solide, je dois reprendre ici l'étude des conditions anatomiques de l'organe principal et de ses dépendances, pour montrer la corrélation intime, immédiate, qui existe entre les connaissances anatomiques servant de point de repère et l'étude des symptômes des différentes maladies du cœur.
L'affection d'un organe et de ses fonctions n'étant qu'une déviation du type normal, il faut hien, pour juger ces déviations, connaître à fond le type normal non seulement à l'état parfait, mais encore avec toutes les variélés du type normal.
11 me paraît donc nécessaire, au début de chacun des chapitres de la pathologie cardiaque, de rappeler'd'une manière exacte cl précise les points de repère anatomiques et physiologiques qui doivent guider le médecin.