RÉTRÉCISSEMENT ET INSUFFISANCE SIGMOÏDES DE L'AORTE
Après les détails que j'ai donnés sur l'insuffisance et sur le rétrécissement aortiques en particulier, le diagnostic devient facile, puisque le soufQe est double en nombre, double en direction, double comme succession et que chacun d'eux garde ses caractères propres.
Les deux souffles partent de l'origine de l'aorte au troisième cartilage droit ou un peu plus bas ; le premier remonte vers les vaisseaux du cou, le second descend vers le sternum, avec cette différence pour le second qu'il est d'abord vertical, puis oblique vers la gauche quand la maladie se prolonge et qu'elle a amené l'hypertrophie du cœur gauche.
On s'en rendra compte par les deux schémas ci-après (fig. 95, 9G).
Le maximum des deux bruits de souffle n'est pas situé au même endroit. Tandis que le premier bruit a son maximum au niveau du deuxième espace intercostal droit, le deuxième a son maximum vers le quatrième espace intercostal, d'abord à droite et plus tard à gauche. On peut donc placer sur chacun de ces foyers le pavillon d'un stéthoscope adhérent et les observateurs
peuvent écouler successivement ces deux bruits pour comparer leur mouvement et leur timbre (auscultation différentielle).
D'autre part, comme ces deux bruits se succèdent, il est possible, en réunissant les tubes des deux stéthoscopes par un y et un tube, d'amener dans une môme oreille les deux bruits qu'on entend alors successivement (auscultation additionnelle) et qu'on peut comparer encore mieux. Enfin on peut ajouter à cet y des bifurcations plus ou moins nombreuses et l'aire, pour cette auscultation additionnelle, de l'auscultation monoauriculaire à quatre observateurs et de l'auscultation biauriculaire à deux observateurs.
Fig. 95. Fig. 9G.
L'évolution de la maladie entraîne bientôt l'hypertrophie du cœur gauche.
Voici quelques mesures prises dans ces conditions.