NOM
AGE
ESPACE où bat la pointe.
Sa
DISTANCE à la ligne médiane.
HAUTEUR du bord
supérieur du foie.
ABAISSEMENT de
la pointe.
DISTANCE du bord vertical
droit à la ligne médiane.
Laurent.. .
Très basse.
Falière. . .
Id.
Sabouret. .
ld.
Pelitcau . .
Id.
Michault. .
On voit ici que le bord inférieur du cœur est très oblique, et dans un cas où il est mesuré, il donne 4 centimètres, bien que la pointe soit encore dans le cinquième espace intercostal, elle est ordinairement dans le sixième.
La longueur du cœur est ici de 15 à 15 centimètres et demi au lieu de 11, et chez le jeune homme de dix-sept ans elle est déjà de 13 centimètres et demi.
De même on voit que le bord vertical, qui est en général distant de 2 centimètres et demi à 3 centimètres de la ligne médiane, ne donne ici que 2 centimètres à 2 centimètres et demi.
Enfin je noterai que l'on observe très souvent, en outre, à la pointe, un bruit de souffle double. Ce bruit est remarquable en ce qu'il est double, limité à la pointe et ne se propage pas vers l'aisselle comme les bruits de la mitrale ; c'est un bruit de propagation ; je leretrouve noté dans la plupart de mes observations.
Le pouls qui accompagne la double lésion aortique a moins d'ampleur que dans l'insuffisance simple, mais il conserve son caractère de brusquerie (pouls bondissant) et surtout un caractère de défaillance.
Observation XXXIX. — Lh... (Joseph), âgé de trente-six ans, homme de peiue dans une fabrique de produits chimiques, est tombé malade au mois d'octobre 187b. Il a été pris tout d'un coup d'un rhumatisme polyarticulairepour lequel il est entré, à l'hôpital Beaujon,dans le service de Gubler. Le diagnostic porté a été le suivant : rhumatisme articulaire avec complication cardiaque.il est resté deux mois à l'hôpital ; quand il en est sorti, il est resté atteint de palpitations et d'étouffements. Depuis ce temps, il a traîné sans pouvoir reprendre son travail ; il est entré à l'hôpital Lariboisière, salle Saint-Henri, n° 28, au commencement de 1879.
L'examen donne les résultats suivants :
La pointe bat dans le sixième espace intercostal à 1 2 centimètres de la ligne médiane, le bord supérieur du foie correspond à l'insertion du sixième cartilage, l'abaissement de la pointe est de 5 centimètres et demi. Le bord vertical est à 2 centimètres et demi de la ligne médiane.
La percussion cesse de donner le son pulmonaire dans le premier et le deuxième espace intercostal droit à 3 centimètres du sternum. Il n'y a pas de déformation thoracique.
Il existe un frémissement cataire intense dans le deuxième espace intercostal droit près du sternum. L'auscultation dans cette région fait entendre un bruit rude à droite du sternum, bruit qui commence dans le troisième
espace intercostal et se continue dans le second et le premier. Il a son maxi. muni clans le deuxième espace, tout près du sternum. Ce bruit se propage dans le tronc brachio-céphalique et dans la carotide droite et même dans la carotide gauche; on peut le percevoir jusque dans les sous-clavières. Le schéma qui représente la région occupée par ce bruit a la forme (l'une bouteille qui recouvre la moitié supérieure du sternum et le déborde à droite (fig. 97).
Le bruit est systolique, commence avec la systole, couvre le petit silence et le second bruit, mais n'est pas suivi du bruit de souffle diastolique de l'insuffisance. Le timbre du bruit est très rude et très vibrant, au début surtout.
Fig. 97.
Ce bruit est si net, qu'il a servi à une foule de transmissions. Il parcourt sans rien perdre de ses qualités un tube de caoutchouc de 10 mètres de long, il se transmet très bien au moyen d'un logophore ou téléphone à ficelle de la même longueur, pourvu qu'on recueille les bruits du cornet récepteur avec un stéthoscope biauriculaire.
A la pointe, on entend un bruit lointain ;\ la fin de la systole qui est un bruit de propagation. 11 en est de même à l'appendice xiphoïde ; rien à l'artère pulmonaire. Le pouls est dur, vibrant, régulier.
Pas de stase veineuse ni d'œdème, le malade est pâle.
Quelque temps après qu'il s'est reposé il demande à sortir, mais une fois au travail il perd rapidement ses forces et rentre de nouveau le 3 mai.
Au lo juillet de la môme année, une modification s'est faite dans les phénomènes perçus à l'auscultation. Le bruit systolique persiste avec ses caractères, mais il est suivi d'un bruit de souffle descendant jusqu'audessous de la quatrième côte, bruit doux et profond. La locomotion artérielle est peu accusée, le pouls toujours régulier, légèrement bondissant.
Pas do staso sanguine ni d'œdème, de l'anémie seulement. Depuis ce temps jusqu'à aujourd'hui (16 août 1881) le malade est à peu près dans le même état. Quand il se sent bien, il quitte l'hôpital pour aller travailler de son métier de manœuvre, puis quand il s'est fatigué et que le travail n'est plus possible, il rentre de nouveau à l'hôpital. Ou le met à la diète lactée, puis quelque temps après il reprend de l'appétit et, avec du repos, des aliments réparateurs et quelques légers évacuants, il revient à un état de santé satisfaisant.
En 1882, il rentre avec l'insuffisance consécutive plus accusée.
Il est mort le 9 septembre 1882. A l'autopsie, le cœur est très gros, le bord inférieur du cœur présente une très grande obliquité (5 centimètres d'abaissement de la pointe sur l'angle hépatique) en rapport avec le diagnostic établi pendant la vie.
Il y a des adhérences péricardiques sur les trois faces du cœur et, par suite, une symphyse cardiaque presque complète.
Le poids du cœur est de 950 grammes. L'aorte est souple, quoique légèrement athéromateuse. L'orifice aortique est rétréci, dur et calcifié. Les valvules sigmoïdes sont indurées et calcifiées. Il en résulte un rétrécissement considérable avec insuffisance, les caroncules valvulaires étant immobilisées.
Le ventricule gauche est extrêmement dilaté. La valvule mi traie est devenue insuffisante par le fait de cette dilatation. Cette valvule est un peu épaissie, mais elle a conservé toute sa souplesse.
Les parois du ventricule gauche mesurées à la partie moyenne ont 20 millimètres d'épaisseur.
Du côté droit, la valvule tricuspide et l'artère pulmonaire sont saines.
Voici les tracés obtenus sur ce malade, à l'aide du cardiographe.
Fig. 98. Rétrécissement do l'aorte avec insuffisance commençante (aorte).