‹ Diagnostic et traitement des maladies du cœurChapitre 155 sur 413 · DILATATION ANÉVKYSMATIQUE OU ANÉVRYSME VRAI. MALADIE DE HODGSON · texte numérisé non relu

DILATATION ANÉVKYSMATIQUE OU ANÉVRYSME VRAI. MALADIE DE HODGSON

L'aorte est le tronc commun des artères à sang rouge. Son nom vient de àcpw (je suspens), d'après Littré. Ce nom, déjà employé par Hippocrate, s'appliquait autrefois à la trachée et aux bronches, auxquelles les viscères thoraciques étaient supposés suspendus. Aristole employa ce mot pour désigner notre aorte, qui, par les veines pulmonaires et le cœur, lui semblait continuer les vaisseaux aériens.

Points de repère anatomiques. — L'aorte commence à la base du ventricule gauche. Son origine est placée, comme on sait, derrière le sternum, au niveau des cartilages des troisièmes côtes, un peu à gauche de la ligne médiane. Elle se termine au niveau de la quatrième vertèbre lombaire.

Elle a la forme d'un point d'interrogation, d'une crosse de pèlerin ou d'évêque. Elle donne le sang à tous les viscères supérieurs par des artères qui se détachent d'elle perpendiculairement et normalement à sa courbe et continue ainsi pour une parLie des viscères abdominaux. Ce n'est que près de sa bifurcation que les artères se détachent obliquement.

L'aorte est protégée d'une manière remarquable par la colonne vertébrale, le sternum et les côtes. Son calibre, dont j'ai donné la circonférence à tous les âges, à son origine, est le suivant :

A la naissance A 21 ans.. .

23 millimètres.

A 50 ans A 80 ans

70 millimètres.

Ce calibre va en diminuant progressivement de l'origine à sa terminaison. (Voyez, du reste, le tableau page 269.)

On y distingue, à l'origine, un peu de dilatation, qui tend à lui donner un peu la forme d'un trèfle ; ce sont les trois sinus de Valsalva, bridés par l'attache des valvules sigmoïdes.

La structure de l'aorte se compose, d'après M. Ranvier, de trois tuniques : 1° une tunique interne grise; 2° une tunique moyenne jaune ; 3° une tunique externe rouge.

1° Tunique interne. — La tunique interne comprend d'abord une couche épithéliale qui s'altère très vite par la pulréfaclion. Aussi ne la trouve-t-on jamais dans les autopsies. Pour la voir, il faut l'observer sur des animaux tués expérimentalement. On voit alors qu'elle se compose de cellules épithéliales, dont les contours sont déterminés par l'imprégnation au nitrate d'argent. Ce sont des cellules polygonales, limitées par une ligne noire à la lumière transmise ; elles sont très aplaties ; leur noyau est également aplati, circulaire ou allongé. Il s'imprègne et se colore par le picrocarminate d'ammoniaque.

La tunique interne ou grise comprend, en outre, une couche sous-épithéliale, formée par des cellules étoilées et par une substance fibrillaire à direction longitudinale. Ces éléments se révèlent également par l'imprégnation au nitrate d'argent. Cette couche paraît striée longitudinalement, mais cette apparence est produite par le resserrement de la couche élastique. Cette couche ne renferme pas de vaisseaux.

2° Tunique moyenne ou jaune. — Cette couche est beaucoup plus épaisse que la précédente ; elle est composée de lames et de fibres élastiques, qui forment, par leurs anastomoses, un réseau continu. Les loges qu'elles forment contiennent des fibres musculaires lisses à direction transversale.

(1) Les mesures données par M. Noël Guéneau de Mussy, d'après Çhevers et Gairdner, s'accordent avec celles de Beneke. — N. Guéneau de Mussy, Recherches sur la dilatatioii cylindrique de L'aorte ascendante et sur le caractère tympaniqiee du second bruit cardiaque dans cette affection {France médicale, 8 novembre 1876).

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