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ALTÉRATION DE LA TEXTURE DU MYOCARDE

tendance à devenir cylindriques, ou môme ovoïdes. M. Letulle a constaté en outre que les noyaux intrafasciculaires étaient déformés ; au lieu d'être arrondis, ovoïdes, ils deviennent anguleux et dentelés, et en même temps augmentent de volume. Quelquefois ils sont bilobés, ce qui indique un commencement de prolifération.

Peu à peu, les fibres musculaires, par leur développement, compriment le tissu conjonctif interstitiel et les vaisseaux. Il en résulte que l'irrigation du muscle diminue à mesure que le travail augmente ainsi que l'hypertrophie. De là vient la déchéance granulo-graisseuse, qui n'attend pas pour se produire l'âge de la vieillesse et se montre de bonne heure dans les fibres les plus fatiguées.

Il ne faut pas confondre ici la surcharge graisseuse ou obésité du cœur avec sa dégénérescence graisseuse. Selon M. Letulle, la surcharge graisseuse est caractérisée par la présence de quelques rares granulations brillantes, accolées aux noyaux musculaires, tandis que, dans la dégénérescence granulo-graisseuse, les fibres ont perdu leur striation longitudinale et transversale ; la chair musculaire est pâlie, couleur feuille-morte, est devenue friable. Les granulations graisseuses sont situées au milieu delà fibre et forment des sortes de chapelets au milieu des fibres striées. A mesure que la dégénérescence marche, la graisse augmente et le faisceau n'est plus à la fin représenté que par une couronne plus ou moins mince à la périphérie du faisceau. Les noyaux résistent et ils apparaissent sur la préparation colorée par le picro-carminate et isolés, pour ainsi dire, dans le tissu graisseux.

Une autre lésion a été rencontrée par MM. Renaut et Landouzy (l) ; c'est une sorte de rupture des faisceaux au niveau des raies d'Eberth. M. Renaut suppose qu'en pareil cas le développement du tissu interstitiel comprime les vaisseaux capillaires, donne lieu à une sorte d'œdème et que l'acide sarcolactique' dissout sans doute le ciment qui forme les traits scalariformes d Eberth.

P Renaut et Landouzy, Société de biologie, 1877.

En outra, on Irouve les lésions de la myocardite soléreuse qui ' a été décrite plus haut.

Seulement, selon M. LeLulle, elle se présenterait ici sous deux formes. Tantôt l'hyperplasie du tissu conjonctif interstitiel séparerait les faisceaux musculaires un à un ; dans d'autres endroits, elle les enfermerait par groupes de trois ou quatre. Dans i le second cas, les libres réunies, peu distinctes les unes des autres, font croire, au premier abord, à une fibre hypertrophiée, tandis qu'on a devant soi un groupe de fibres atrophiées.

Dans ces îlots, les fibres ainsi tassées diminuent au point de ne plus présenter que 6 millièmes de millimètre de diamètre, puis disparaissent. L'hypertrophie est donc, en réalité, une déchéance du tissu musculaire, aboutissant à la dégénérescence • granulo-graisseuse.

Nous avons vu, en décrivant le myocarde, que les fibres musculaires du cœur sont dépourvues de sarcolemme. Elles sont I réunies par un système conjonctif lâche, qui renferme les i vaisseaux et les nerfs.

Sous le péricarde, ce tissu conjonctif est lâche ; il est plus serré sous l'endocarde, au point qu'il manque par endroits. Lestroma . du cœur est donc en rapport presque direct avec les faisceaux i primitifs, et, si l'on considère que le tissu conjonctif forme le réseau d'origine des lymphatiques, il s'ensuit que les fibres mus- • culaires sont 'entourées immédiatement par le réseau lympha- tique ; de sorte que ce muscle, qui se contracte sans relâche, trouve une voie immédiate qui emporte ses déchets. Ce tissu subit, dans l'hypertrophie, les lésions indiquées au chapitre qui traite de la myocardite scléreuse.

Plus Urd,le tissu interstitiel subit lui-môme la dégénérescence graisseuse, surtout à la surface, sous le péricarde.

M. Letulle décrit deux formes de cette cirrhose : l'une estpé" rivasculaire, l'autre périfasciculaire. La cirrhose périvasculaire se rencontre surtout autour des grosses artères. De là, la plaque de cirrhose rayonne d'une manière irrégulière, dissociant le» faisceaux secondaires du voisinage et s'infiltrant toujours entre un certain nombre de faisceaux primitifs qu'elle isole et qu'elle atrophie.

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