CONGESTION VEINEUSE GASTRO-INTESTINALE
claies se gonflent aussi de temps en temps. Il y a ordinairement de la constipation et rarement de la diarrhée.
La stase dans la veine cave amène le gonflement des veines des membres inférieurs, puis l'œdème, qui commence par les malléoles et grandit peu à peu, souvent augmenté par une autre cause : l'albuminurie.
Monneret a montré que le foie pèse en moyenne 1 600 grammes et 1250 quand il a été privé de son sang par un lavage prolongé. Il contient donc environ 350 grammes de sang; mais on peut l'injecter de manière à le faire contenir plus du double, c'est-à-dire 900 grammes de sang (1).
Le foie, quand il est congestionné, peut de même se charger d'une quantité énorme de sang, il peut se dilater presque comme un tissu érectile et ressemble alors au foie des animaux plongeurs qui doivent rester longtemps sous l'eau, tels que les oiseaux plongeurs, la tortue, le marsouin, etc. Chez ces animaux, les veines du foie sont dilatées de manière à former de vastes réservoirs où le sang s'accumule lorsqu'il y a obstacle à la liberté de la respiration, pendant la suspension de l'acte respiratoire (3).
On voit en effet, chez les cardiaques, de temps en temps survenir des accès de dyspnée qui s'accompagnent d'une dilatation énorme et passagère du foie, augmentation qui se renouvelle à chaque accès de dyspnée. D'autres fois, on voit le foie, distendu par la congestion qui accompagne l'insuffisance tricuspide, transformé en une sorte de tissu érectile dans lequel les pulsations du cœur se transmettent et donnent de véritables battements. Ce phénomène, signalé par M. Mahot, a été décrit avec observations à l'appui dans le chapitre relatif à l'insuffisance tricuspide. Dans ces cas, il y a, à la fois, pouls veineux cervical et pouls veineux hépatique.
Ces altérations du foie et du tube digestif, empôchant la digestion et l'absorption, contribuent à hâter la marche de la cachexie quand le traitement ne peut les atténuer.
(1) Julea Cyr, Traduction des Leçons oliniques sur les maladies du foie, par Murchison, 1878, p. 134.
(2) Houston, in Traité des maladies du cœur et de l'aorte, de W. Stokes, traduction Sénac, 1804, p. 261.
C PAUL. MAL. DU CŒUR. il)