DES TUMEURS ANÉVRYSMALES DE L'AORTE THORACIQUE (ANÉVRYSMES FAUX
On comprend sous le nom û'anévrysme des dilatations des artères qui occupent, soit une partie du contour du vaisseau, soit sa totalité. Quand elles n'occupent qu'une partie du contour et qu'elles communiquent par toute leur largeur avec le vaisseau, elles portent le nom de bosselure, que leur a donné Cruveilhier. Quand elles occupent toute la circonférence, elles portent le nom de dilatai/œi fusiforme, ctanévrysme vrai. C'est la variété que j'ai décrite plus haut, sous le nom de maladie de Hodgson. D'autres fois, il y a une rupture du vaisseau avec tumeur plus ou moins grosse et une ouverture en général rétrécie, portant le nom de collet. C'est Y anévrysme sacciforrne ou tumeur anévrysmale, Vancien anévrysme faux. L'ancienne classification en anévrysme vrai ou sans rupture et l'anévrysme vrai avec rupture des tuniques a été abandonnée, comme la division en anévrysme mixte interne ou mixte externe, parce que, dans tous les cas, les membranes sont altérées. Bamberger est un de ceux qui ont le plus insisté pour montrer la difficulté de retrouver les membranes, et d'autre part pour faire remarquer qu'on avait souvent forcé les résultats de l'autopsie pour faire rentrer la pièce qu'on avait sous les yeux -dans la catégorie, soit des anévrysmes mixtes internes, soit des i mixtes externes.
On n'admet donc plus aujourd'hui que trois catégories : l'anévrysme fusiforme, qui a été décrit au chapitre : Maladie de Hodgson, avec l'athérome ; l'anévrysme sacciforrne, qui va être décrit dans ce chapitre, et l'anévrysme disséquant, qui en est une variété.
Ces divisions ne sont que des moyens de se reconnaître en
fiSG DES TUMEURS ANKVRYSMALES.
clinique cl n'ont rien d'absolu, car un anévrysme sacciforme peut se trouver greffé sur un anévrysme fusiforme. Les bosselures accompagnent souvent l'une el l'autre forme.
Le volume des anévrysmes est très variable et va du volume de la lôte d'une épingle à celui de la tête d'un adulte.
Les parois d'un anévrysme sont Tormées par les parois vasculaires altérées. Presque toujours ces altérations sont la suite d'une inflammation chronique de la membrane interne.
Ce processus inflammatoire consiste dans l'épaississement des parois par la prolifération du tissu conjonctif, l'atrophie, la; dégénérescence graisseuse, l'ulcération ou la calcification des membranes. En général, le processus n'est pas simple, et oiu trouve presque toujours réunies sur un même sac plusieurs de e ces altérations laissant encore des traces de la membrane;' moyenne ou l'ayant détruite tout à fait. Quand le sac anévrysmal 1 est considérable, on ne retrouve plus guère les trois membranes-: que dans quelques points ; d'autres fois, on n'en trouve plus quei; deux, et enfin, dans les parties où l'anévrysme s'est le plus déve- J loppé, on ne voit plus aucune trace des membranes. Les parois sont alors constituées par les tissus des organes voisins, tissu i conjonctif, muscles, etc., ou même seulement par la peau.
En général, l'altération qui se fait dans les tissus voisins durcit I les tissus mous et corrode les tissus durs comme les os.
Dans un cas où l'anévrysme n'était plus 'recouvert que par la i peau, Burkhardt (1) a trouvé l'état histologique suivant: le tissu cellulo-graisseux sous-cutané avait disparu presque complète- -' ment; il existait à peine dans les points où la peau n'avait plus que i centimètre d'épaisseur ; H n'y avait plus de vaisseaux i sanguins dans la couche sous-cutanée, tandis que les parties • superficielles du derme étaient parcourues par des vaisseaux i pleins de sang. L'épiderme était, dans la partie la plus saillante, transformé en une escharo teinte de sang; dans les autres i points, il était remplacé par un tissu de mailles semblable au I tissu conjonctif, avec des lacunes à dépôts fibrincux. Les glandes • sudoripares étaient atrophiées, mais les glandes sébacées étaient intactes.
(I) Burkliarilt, Archiv (ter tteilkUflâe, t. XVIII, 11° 2.