SAC ET CAILLOTS. C
A l'intérieur du sac, on trouve des caillots stratifiés, dont la densité est d'autant plus grande qu'on se rapproche de plus en plus de la périphérie. Les caillots extérieurs sont les plus anciens et sont en même temps les plus organisés.
Autrefois on distinguait les caillots en fîbrineux ou passifs et en organisés ou actifs. Cette division est aujourd'hui abandonnée.
Ajoutons que les sacs peuvent s'enflammer, et disons de suite que cette inflammation peut être provoquée utilement pour donner plus de résistance aux parois ; il en sera question à propos du traitement. En général, cette inflammation est adhésive et développe la formation d'exsudats fîbrineux (Broca) ; mais quelquefois ce travail inflammatoire peut aller jusqu'à la suppuration. Lebert a trouvé deux fois du pus dans l'épaisseur des parois.
Quelles sont les causes de cette coagulation du sang dans les anévrysmes?
On sait que le sang se compose de corps solides, globules, et d'un fluide, le plasma. La coagulation consiste dans le dédoublement du plasma en sérum et en une substance nommée par Fourcroy la fibrine, qui se dépose sous forme de fibrilles. Ce qui fait coaguler le sang en pareil cas, ce n'est pas le contact de l'air, comme le prétendent Hewson (1), Eichwald, Urbain et Mathieu, puisque le sang y est soustrait; ce n'est pas le refroidissement, puisqu'au contraire le refroidissement a pour conséquence de retarder le phénomène de la coagulation. Ce n'est pas non plus l'élimination de l'ammoniaque, comme le prétendait Itichardson, ou le départ de l'acide carbonique, comme le croyait Scudamore.
Une des premières causes de cette coagulation tient, comme l'a montré Brûcke, à ce que le sang n'est plus en contact avec ses parois naturelles. Tout corps étranger solide mis en contact avec le sang y détermine la coagulation, les dépôts athéromateux et surtout calcaires des parois agissent dans ce sens et font comme la baguette qui sert à défibriner le sang.
L'élément contenu dans le plasma, et qui produit la coagula-
(l) Hewson, Expérimental Inquiry info ihe properties 0/ the hlood, 1770.
C88 DES TUMEURS ANÉVRYSMALES.
tion, a été extrait par Denis (1) (de Commercy), et nommé par i lui la plasmine. Mais cette substance est, elle-même, composée de deux autres : l'une, grise, qui se transforme en fibrine, et a J reçu depuis le nom de fibrinogène, et l'autre, qui reste séparée après la coagulation, la paraglobuline (désignée tour à tour par les noms de fibrine dissoute, albuminate alcalin, globuline du sérum, substance fibrino-plastique). Ces deux substances sont :i insolubles dans l'eau, mais sont maintenues dissoutes dans le A plasma à la faveur du cblorure de sodium; mais un excès de sel les précipite successivement; c'est par suite de cette précipita- tion successive que Hammarsten a pu les séparer (2).
Quant à la transformation du fibrinogène en fibrine, elle est ; due, d'après Alexandre Scbmidt (3) (de Dorpat), à une sorte dee fermentation dont le ferment dérive des globules blancs au contact des corps étrangers. Le ferment de la coagulation see retrouve après que cette opération est effectuée. Il peut être i extrait du caillot par les procédés qui servent à retirer les ferments digestifs : précipitation par l'alcool, et dissolution du i précipité dans une petite quantité d'eau.
Le ferment se développant aux dépens des globules blancs, si • l'on recueille une certaine quantité de leucocytes par filtralion, . on peut en préparer des solutions de ferment très actives.- Comme pour tous les ferments, son maximum d'action est à une température un peu supérieure à la température normale du corps. A 55 degrés, le ferment est précipité ; à basse tempéra- 1 ture, il agit moins ; à 0 degré, il n'agit plus. Pour que ce ferment agisse'activement, il faut que la solution ne soit ni trop riche, ni trop pauvre en sels de soude et de magnésie. Enfin, la coagulation, comme toutes les fermentations, s'accompagne d'un
(1) Denis (do Commercy), Études chimiques, 1842; Mémoire sur le sang,
(2) Hammarsten, Nova acta Rog. Soc, Upsel, série III, ti (Archiv per die ges. phys., XXII, p. 431, 1880).
(3) Alexandre Sclimidt (do Dorpat), Archiv fur anatomie und physiologie, 1861, p. 545 et G7G ; 1862, p. 428 et 533; Archiv fur die ges. physiologie, VI, p. 413; IX, p. 353; XI, p. 291 et 515 ; XIII, p. 93 et 146; Die Lehre v. d. fermé Gerinnungs erschcinung, Dorpat, 1876.