‹ Diagnostic et traitement des maladies du cœurChapitre 318 sur 413 · PREMIÈRE ÉCOLE MÉTHODISTE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE ÉCOLE MÉTHODISTE

Themison.

(63 ans avant J.-C.)

L'aphorisme créé par Themison : Contraria contrarïis curantur, ■ a composé presque toute la thérapeutique pendant quatorze siècles. Themison rejeta la méthode d'observation d'Hippocrate ; pour ne plus faire que de la théorie, il n'était pas besoin de distinguer les maladies par leurs symptômes. Tout se réduisait à savoir si le corps était dans un état de strictum ou de laxum, j mais comme il arrivait souvent que la nature se pliait mal à ce dichotomisme, il admit, pour répondre aux objections, un troit sième état, le mixtum.

Il admettait donc que le corps était en état de strictum quand il n'y avait pas d'excrétion.

Quum in adstricto tolum corpus densatum esset, omnisque evidens excretio prohibita.

11 admettait au contraire le laxum, quand les excrétions étaient faciles et abondantes.

In laxo, quum corporis superficies relaxata et excretiunes quœ in sensum cadant intensiores existant.

(Ackermann, InstHuliones historiée medicinœ . Nuremberg, 17i)"2, p. 136.)

La thérapeutique était ainsi bien facile : si le corps était res- 1 serré, il fallait le relâcher, et réciproquement. Il n'y avait pas d'autre indication, c'était de l'antagonisme mathématique et réduit à sa plus simple expression. Bine duplicem, hac générales corporis affecliones indicare ; laxationem, si in adstriclione ; adslrictionem, si in laxalione affeclio consistât.

Ainsi, la pathologie ne comprenait que deux classes de maladies antagonistes. La matière médicale renfermait des moyens

de produire des effets semblables aux maladies, mais qu'on appli- 1 quait en les opposant. Telle est l'origine de cet aphorisme : contraria contrariis curantur.

Puisque la thérapeutique se réduisait à deux indications, la matière médicale n'avait pas besoin d'être bien variée, aussi se*| composait-elle de peu de chose.

Pour combattre le strielum, il employait les émissions sanguines et les fomentations faites avec l'eau chaude, l'huile et les cataplasmes.

Nous devons cependant rendre justice à Themison, c'est lui qui eut l'idée le premier d'employer les sangsues, concurremment . avec la saignée, qui était bien plus ancienne.

Contre le laxum, il employait le froid et surtout le plantain, dont il était très Ger d'avoir découvert les propriétés astrin- 1gentes, le myrte, les roses, le suc de joubarbe et le vin rouge, i

Si ces astringents ne suffisaient pas, il en prenait de plus puissants : l'alun et le plomb brûlé.

Quand on ne pouvait déterminer, si le corps était dans le ï/re'ftum ou le laxum, alors on faisait comme on pouvait.

In mixto vitio, ei occurrendum quod urget.

Cependant, l'esprit ne suggérait pas toujours à propos ce qu'on devait faire, et ce troisième cas, le mixtum, se présentait si sou- • vent avec des conditions variées, qu'il fallut bien chercher autre chose que les médicaments resserrants. On retourna peu à peu à l'hippocratisme, et l'on fit de l'hygiène.

Dans tous les cas, Themison et ses disciples craignaient les remèdes énergiques et surtout les poisons. On reconnaît déjà les ancêtres de l'homéopathie.

Ils rejetaient tous les évacuants et surtout les purgatifs, les diurétiques, les somnifères (I), et ne voulaient pas qu'où fil la paracentèse dans l'ascile.

On voit que les homéopathes, dont je parlerai plus loin, ont conservé toutes ces traditions, bien qu'ils aient travesti l'enseigoe de l'école.

(1) Themison ne voulut môme pas qu'on employât le diacode, dont il 6W l'inventeur.

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