LES HOMÉOPATHES ET LE SIMILIA SIMILIBUS
S. Hahnemann.
La loi thérapeutique Contraria contrariis et la polypharmacie : n'avaient pas satisfait tous les médecins, et quelques protesta- tions s'étaient fait entendre au seizième siècle. Thomas Erastus (1) soutenait que la méthode de guérir, selon la règle similia simi- • libus, était la seule préférable.
Detharting, Bertholon, Thoury (2) l'avaient suivie. De Stoerk . et surtout Stahl furent plus explicites. Voici le passage relevé par Hahnemann :
Que la règle adoptée dans la médecine, qu'il fallait guérir par des remèdes opposés aux effets de la maladie (contra?'ia contrariis) était tout à fait fausse et absurde. Qu'il était convaincu, au contraire, que par un remède, qui produit une souffrance semblable à celle de la maladie (similia similibus), celle-ci doit être réprimée et guérie. Que c'était ainsi qu'on guérissait des brûlures par rapprochement du feu de la partie brûlée, des membres gelés par l'application de la neige ou de l'eau la plus froide, des inflammations et des meurtrissures par des esprits distillés, et que c'est ainsi qu'on guérissait la disposition aux aigreurs de l'estomac par une très petite dose d'acide vitriolique, tandis que d'autres employaient dans de tels cas, d'une manière inutile, une quantité de poudres absorbantes.
(1) Thomas Erastus, Disputât ionum et epistolarium medicinalium volume» doctis$imum,T\g\in, 1595, in-'i°. Thomas Erastus avait pour nom Liebert; mais, dès qu'il .se vit en état de figurer parmi les savants, il suivit la coutume de ceux de son temps en changeant de nom ; le sien était Liebert, il lu' donna une tournure grecque en prenant celui d'Erastus (Bibliographie médicale, par Bayle et Thillayu). Nous avons vu reprendre cet usage par certain savant contemporain.
(9) Hahnemann, Organon, trad. de O. de Brunnow, p. 60. Dresde, 1824.