‹ Diagnostic et traitement des maladies du cœurChapitre 326 sur 413 · LÀ THÉRAPEUTIQUE A PRIORI. HAHNEMANN · texte numérisé non relu

LÀ THÉRAPEUTIQUE A PRIORI. HAHNEMANN

Hahnemann indique par là qu'il n'est pas l'auteur de la formule Similia similibus, mais qu'elle est la seule rationnelle.

Mais quelle que soit la thérapeutique qu'on essaye, il n'y a jamais à établir qu'une thérapeutique de symptômes. Hahnemann est là-dessus très explicite. «

« On peut bien concevoir que chaque maladie suppose un changement dans l'intérieur de l'organisme humain. Cependant ce changement ne peut être que soupçonné d'une manière obscure et trompeuse par les symptômes de la maladie, mais jamais il ne saurait être reconnu dans toute sa réalité d'une manière infaillible. Les changements invisibles opérés par la maladie dans l'intérieur de l'organisme, et les changements perceptibles à nos sens, c'est-à-dire la somme des symptômes, forment ensemble une image complète de la maladie ; mais cette image n'est visible dans son entier qu'à l'oeil du Créateur. Ce n'est que la totalité des symptômes qui forme la partie accessible au médecin, mais c'est aussi dans cette somme des symptômes qu'il trouve tout ce qu'il doit connaître de la maladie pour la guérir. »

Le second point examiné par Hahnemann est celui-ci : Pour bien étudier l'action d'un remède, il ne faut pas l'observer sur un malade, parce qu'il est trop difficile de faire la part des symptômes de la maladie et de ceux du remède. Il faut étudier d'abord l'action des remèdes sur des organismes sains, c'est là ce qu'il appelle V expérience pure, qu'il a décrite dans son traité qu'il a appelé matière médicale pure (1).

Ceci établi, Hahnemann ne conçoit que trois manières de faire la thérapeutique :

1° La méthode antipathique, ou celle qui emploie des médicaments produisant des effets spéciliques opposés aux symptômes de la maladie naturelle (contraria conlrariis) ;

2° La méthode homéopathique, ou celle qui se sert de remèdes excitant des effets spéciliques semblables à ceux de la maladie en question {similia similibus) ;

3° La méthode allopathique, ou celle qui use de médicaments produisant des elfets spéciliques étrangers aux symptômes

(I) Reine Arzneimiltellehre, Dresde, 1817.

de la maladie naturelle, c'est-à-dire ni semblables, ni opposés.

C'est bien simple, et comme, lorsqu'on bâtit un système a priori, on r\e rencontre pas d'obstacle, il affirme que le médicament.' qui excite dans des bommes sains des symptômes semblables à la plupart de ceux de la maladie en question, anéantit aussi la totalité des symptômes de cette maladie, c'est-à-dire toute la maladie présente d'une manière rapide, radicale et durable, et que cela réussit clans toutes les maladies sans exception (I).

Up système a priori est toujours absolu, l'expérience est plus modeste.

Habiiemann, on le voit, ne connaissait que les symptômes et niait l'unité de la maladie et son évolution, il ne tenait aucun compte du sujet. Les symptômes produits par le médicament indiquaient ceux que le remède devait guérir.

D'autre part, son simi(in similibus diffèro-t-il beaucoup du contraria conlrariis ? Non, puisqu'il ne donnait que de petites doses qui déterminent non pas l'action directe du médicament, mais bien la réaction de l'organisme.

Quoi qu'il eu soit, il faut reconnaître que le système delà médecine homéopathique recommandait au médecin d'étudier préalablement l'action d'un remède sur un organisme sain, et créait par là ce qu'on appelle aujourd'hui l'action physiologique, et qu'il convient d'appeler aclion patbogénélique, en môme temps qu'il luttait contre la polypbarmacie. « Il ne faut donner au malade qu'un seul et simple médicament à la fois (2). »

Du reste, ajoute Dabneinann, si l'on se trompe de médicament, il p'y a, pas grand mal- « Quand même, par une erreur pardonnable à la faiblesse humaine, un véritable médecin aurait choisi un remède inconvenant, le dommage qui en résultera sera si insignifiant qu'il pourra ôtre bientôt réparé par la forci vitale et par un second médicament plus homéopalliiquo que le médecin fera prendre au malado d^qs une dose également petite. » (Organon, p. 254.)

(I) Ort/anon, p. 04.

(-2) Organon, p. 2'i5.

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Jusque-là, l'homéopathie n'est qu'un système aussi absurde que les précédents, mais qui va devenir tout à fait chimérique p;ir sa méthode des doses infinitésimales.

Hahnemann prétend d'abord qu'en diminuant Ja dose d'un médicament on ne diminue pas proportionnellement son action, Ainsi, d'après lui, une goutte d'une teinture fait la moitié de l'effet de dix gouttes, et, la diminution d'action ne progressant pas comme la dose, « de façon qu'une goutte de la dernière éilu* tion (Verdunnuncj) fait encore toujours un effet considérable (1), » le médicament voit son action grandir si l'on augmente le véhicule. « Par la même raison, l'effet d'une dose homéopathique augmente si l'on grandit le volume de la liqueur dans laquelle on la résout pour la faire prendre au malade, quoique le contenu médicinal reste le môme (2). »

Enfin, Hahnemann n'admet que la forme liquide. «L'effet des médicaments liquides sur notre corps se fait d'une manière si pénétrante, la rapidité et la généralité avec laquelle ils se propagent du point de la fibre sensible et douée de nerfs qui en est touchée la première, par contre les autres parties du corps, est si inconcevable, qu'on est presque tenté de le nommer un effet mpituel (dynamique, virtuel). »

11 n'y a qu'en Allemagne qu'un tel système pût ôtrG inventé, et il n'a été surpassé que par les mystiques catholiques qui sont allés jusqu'à l'eau de Lourdes,

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