‹ Diagnostic et traitement des maladies du cœurChapitre 332 sur 413 · DEUXIÈME ÉCOLE EXPÉRIMENTALE. PARACELSE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME ÉCOLE EXPÉRIMENTALE. PARACELSE

il fait entrer une autre donnée, la plus précieuse sans aucun dpute que la thérapeutique ait jamais acquise. Dans l'organisme, dit-il, c'est la santé qui est opposée à la maladie et non pas le moyen qui est opposé au mal, parce qu'il a une propriété contraire.

« Que le chaud chasse le froid n'a jamais été vrai en médecine. La pluie ne féconde pas le champ, parce que l'humidité est opposée au sec, mais parce que l'humidité vivifie le germe et nourrit les racines. De même le médicament n'agit pas parce qu'il aune propriété extérieure opposée au mal. Si le germe de la santé n'y est pas, la prescription n'est Donne à rien (I). »

Cette affirmation étant fondamentale, je donnerai le texte même de Paracelse :

« Contraria contrariis curantur, clas ist Heiss vertreibt Kaltes , das ist falsc/i, in der Arzney nie var gevesen. Sonder also, Arcanum und Krankheit sind contraria. Arcanum ist die Gesundheit, und die Krankhe.it ist der Gesundheit viderivertig, dièse ziuei vertreiben einander (2). »

Puis Paracelse reprend le vieil adage hippocratique : Quœ faciunt in corpore sano actiones sanas, eadem in œgro morbosas. « Indeme da wir krank werden, in dem selbigen werden wir auch gesund (3). »

On le voit, Paracelse n'a pas fondé le simiiia similibus, comme des homéopathes l'ont prétendu pour se couvrir de son autorité. Bien plus, au lieu d'affirmer comment le médicament agit sur les organes, Paracelse déclare franchement qu'il n'en sait rien, et que le médecin ne sait pas ce qui se passe dans cette lutte, que son rôle se borne à celui du héraut qui, dans les tournois, vient apporter les armes aux combattants. « Die Art und die Weise, voie die Arzney gesund mâche, sey unbekannt; sie sey eine Fechlmeisterin (4). »

L'action du mal et du remède n'étant plus considérée comme

(1) Paracelse, De l'origine du mal français, liv. III, oh. Il (chirurgie), p. 207. In Marx, p. 1 13.

(2) Marx, Zur Wiirdigung des Thvophraslus von llohenheim, GœLtingcn , 18/.2, p. 110.

(3) Paracelse, Paragranum, 1er Iraité, 2<> parlio, p. 39.

Ci) Paracelse, Pammirum, liv. IV, De origine marùorum, Ve partie, p. 234.

directement antagoniste, il n'est plus nécessaire, comme dans le contraria contrariis de Galien, d'opposer le médicament au mal en quantité correspondante. Ce n'est donc pas tant la quantité du médicament qu'il faut considérer, mais son mode d'action. Paracelse compare le médicament au feu dont une étincelle suffit pour dévorer son opposé. La maladie et le médicament ne sont donc plus des choses matérielles que l'on oppose l'une à l'autre. Enfin, suivant Paracelse, chaque maladie a son médicament propre ; c'est le speeificitm.

Voici donc ce qu'il nous faut retenir de cette seconde école : c'est qu'indépendamment des efforts que l'on fait pour diriger la maladie vers la guérison, selon la première indication ou l'indication hippocratique, il faut soutenir le malade, relever ses forces, faire en sorte qu'il survive à l'évolution de la maladie. Quant à l'idée du remède, dit spécifique, elle n'a été que présentée par Paracelse, Van Helmont nous la donnera avec netteté.

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