MÉDICATIONS LOCALES D'HIPPOCRATE
Fomentations (I). — La plus puissante est l'eau chaude renfermée dans une outre, ou dans une vessie, ou dans un vase d'airain, ou dans un vase de terre cuite. 11 faut interposer quelque corps mou pour que le contact n'en soit pas douloureux.
Il est bon aussi d'appliquer une grosse éponge molle que l'on trempe dans l'eau chaude et que l'on exprime, on^ recouvrira d'un linge la fomentation. De cette façon la chaleur s'en conservera plus longtemps et la vapeur n'ira pas dans la respiration du malade, à moins que cette inspiration de vapeur chaude n'ait quelque utilité, car il est des cas où elle en a.
On peut encore prendre de l'orge, de l'ers pilée, Yorobe, ervum ervilia, de la famille des légumineuses, qu'on délayera dans une eau vinaigrée un peu plus acide qu'il ne faudrait pour qu'on la boive. On fera bouillir ce mélange, on le coudra dans un sac et on l'appliquera sur le côté; on se servirait du son de la. même manière.
Êmbrocations. — Quant aux embrocations sèches, ce qui convient le mieux, c'est du sel ou du sorgho lorréfié que l'on met dans des sachets de laine.
Il faut y joindre certaines graines mucilagineuses. Le nymphéa nelumbo (nelambo speciosum, ou lis rose du Nil, la fève d'Egypte, le tamara des livres saints), espèce de racine mucilagincuse qui se rapproche de la pomme de terre.
Enfin les astringents comprenaient le cuivre brûlé (les scories de cuivre et le colcothar).
Si j'ai donné quelques détails sur la malière médicale d'Hippocrate, c'est qu'elle est peu connue. La thérapeutique peut donc se résumer par cette phrase : Quo natura vcrgit, eo ducendum.
^ C'est, en effet, par là qu'il faut commencer toute thérapeutique.
Si la maladie a une tendance spontanée vers la guérison, il (1) Hippocrate, Régime dans les maladies aiguës, Littré, II, 269.
faut favoriser celte tendance en imitant les moyens que prend la nature. C'est la première indication.
L'hygiène y lient la première place, puis les évacuants, et enfin quelques topiques.
DEUXIÈME ÉCOLE EMPIRIQUE OU EXPÉRIMENTALE. Paracelse.
Hippocrate était un véritable artiste ; il avait été frappé par le côté pittoresque des maladies, il fit beaucoup de descriptions, acquit le juste sentiment de la marche et de la durée delà maladie, mais il ne fit pas de système.
Or, ce que le public rêve, c'est un système, c'est une formule, et cela aujourd'hui comme au temps d'Hippocrale. Une formule, et surtout une formule absolue, est si commode. Au lieu de passer des années à observer, en un instant on est passé maître. On adople la formule et tout est dit; si on ne l'adopte pas, on se met dans le camp opposé et l'on combat en affirmant la formulo inverse. La paresse des hommes les a de tous temps livrés aux formules absolues et, quoique toutes fausses,elles onleu et auront toujours du succès. Voilà pourquoi le système de Galien, fondé sur des erreurs, a dominé l'école d'Hippocrale, et cela seulement parce qu'elle était un système et un système facile. Cela a duré ainsi du premier au quinzième siècle.
Survint Paracelse, qui remit tout en question et démolit le système artificiel de Galien. Paracelse s'élève contre la doctrine des quatre éléments de Galien (sang, bile, alrabile, phlegme). U so demande comment de ces quatre éléments, que personno ne. comprend, on a pu tirer l'origine des maladies. Paracelse demanda qu'on retourne à l'observation de la nature. Il voudrait voir revivre l'idée d'Hippocrale sur la nature de l'air, des eaux et des lieux.
Paracelse reprend la lutte d'Ilippocrate contre le Contran* conlrariis de Galien par des arguments excellents. Paracelse ne croit pas non plus qu'on fera cesser la maladie en donnant un médicament dont l'effet sera lo même que celui de la maladie,