‹ Diagnostic et traitement des maladies du cœurChapitre 337 sur 413 · CINQUIÈME ÉCOLE EXPÉRIMENTALE · texte numérisé non relu

CINQUIÈME ÉCOLE EXPÉRIMENTALE

Pasteur.

L'atténuation des virus. — Les vaccinations préventives et curatives.

Pasteur, en cherchant à établir la constitution moléculaire des corps, était arrivé à celte première découverte fondamentale, que tous les produits formés artificiellement ne donnent que des cristaux semblables à eux-mêmes; tandis que les mêmes produits, formés par les corps vivants, donnent en cristallisant des formes dyssymétriques, non superposables à ellesmêmes, et que ces deux genres de produits, artificiels ou naturels, dévient la lumière polarisée dans un sens différent. Même arrivées à la forme de cristal, les substances qui ont vécu se distinguent encore des produits artificiels.

Puis de là, passant aux fermentations, il reconnut que les ferments sont des êtres organisés, issus de parents semblables, et transformant par leur nutrition et leur reproduction le milieu où ils se trouvent.

11 le démontra pour la levure de bière, pour le ferment lactique, le ferment de l'acide butyrique ; c'était, comme disait Dumas, un troisième règne d'êtres vivants; la microbiologie était constituée.

Puis vint la découverte du ferment acétique. Alors fut résolue la question des générations spontanées. D'après Pasteur, il n'y a

(1) Bérard en admettait trente (Dict. des sciences médicales, t. XI, art.Éui- MENTS, p. 333, 1815).

pas de génération spontanée. Tout être, si petit qu'il soit, a des parents.

Puis vinrent les études sur le vin, la découverte du mycoderma vint complétant celle du mycoderrna aceti.

A partir de ce moment, Pasteur aborda la pathologie ; d'abord celle des vers à soie ; il caractérisa nettement la pébrine et la flacherie, puis le charbon et la septicémie.

Ces recherches ne tardèrent pas à amener à leur suite la découverte de Y atténuation des virus. «Si toutes les maladies virulentes ne récidivent pas, disait Pasteur, pourquoi ne trouverait-on pas des maladies différentes ou analogues qui, agissant sur elles ainsi que le vaccin sur la variole, auraient la vertu d'une prophylaxie?» Ce n'est donc pas dans une maladie voisine ou analogue que Pasteur a trouvé le remède, c'est dans le virus luimême.

D'abord, en faisant des cultures pures, Pasteur prouvait d'une manière évidente que les microbes infectieux sont les seuls auteurs des maladies qui leur correspondent. Puis, en modifiant les conditions de la culture, soit en rapprochant ou éloignant les semailles, soit en changeant la température, on peut rendre les virus plus ou moins actifs.

Or, l'inoculation d'un virus faible ou atténué permet l'inoculation inoffensive d'un virus plus actif ou moins atténué. On peut ainsi graduellement inoculer sans danger des virus de plus en plus actifs, jusqu'à ceux dont la virulence dépasse l'activité du virus pathogène habituel; [ranimai est mis ainsi en état de résister aux chances des inoculations communes.

Pasteur a démontré ces vérités fondamentales pour le choléra des poules, pour le charbon, pour le rouget du porc et pour la rage; mais ce n'était encore que de l'hygiène, de la prophylaxie. Pasteur avait pu rendre des chiens réfractaircs à la rage; mais le chien, une fois mordu et en incubation de la rage, pouvait-on le guérir, c'est-à-dire le mettre à l'abri des accidents qui en seraient la suite presque fatale?

Cette méthode [thérapeutique •nouvelle, aussi belle dans sa découverte que merveilleuse dans ses résultats, je l'exposerai en détail.

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