‹ Diagnostic et traitement des maladies du cœurChapitre 344 sur 413 · RÉSUMÉ DE LA MÉTHODE THÉRAPEUTIQUE · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ DE LA MÉTHODE THÉRAPEUTIQUE

l°Les méthodes naturelles (quo natura vergit, eo ducendum). Méthode d'Hippocrate, comprenant l'hygiène et l'imitation de la nature dans les procédés qu'elle prend pour conduire à la guérison ;

2° Puis, soutenir les forces du malade (Paracelse) ;

3° Méthode empirique (Van Helmont), consistant dans l'emploi des médications que l'expérience a sanctionnées sans que nous en ayons encore d'explication scientifique réelle et démontrée ;

4° Méthode analytique, décomposition de la maladie dans ses éléments, et traitement de ceux de ces éléments qu'on peut faire l disparaître, comme clans une équation algébrique on dégage successivement les inconnues :

5° Méthode de Pasteur par l'inoculation des virus atténués et l progressifs.

Tout ceci bien décidé, il reste encore certains problèmes à ! résoudre pour appliquer la médication décidée. Ce sont: \°Vop- ■portunilé ;2° la voie d'introduction ; 3° la forme du remède; 4° la dose ou la mesure.

1° L'opportunité. Il faut décider à quel moment la médication \ devra être appliquée (exemple : l'heure la plus favorable pour - donner la quinine dans une fièvre intermittente), en un mot, quel est le moment le plus favorable de la maladie ou de la \ journée pour appliquer la médication.

En outre, préparer le malade à être dans les meilleures con- ! di lions pour appliquer la médication (exemple : faire diète avant d'administrer un purgatif ou un vermifuge).

Enfin, faire cesser un état qui gênerait la médication (exemple : faire cesser un état saburral hépatique avant de donner le sulfate de quinine, calmer ou guérir les plaies avant d'administrer le traitement de la gale, etc.) ;

2° La voie d'introduction. Il ne faut pas oublier que, suivant les voies d'introduction, le médicament passe ou ne passe pas par tel organe (exemple : les médicaments introduits par l'injection sous-cutanée ne sont pas altérés par les organes digestifs; ils ne subissent guère l'action du foie ; ils peuvent être éliminés par les poumons ou par les reins avant de pénétrer dans la circulation générale, etc.) ;

3° La forme du médicament, soluble ou insoluble, etc. ;

4° La dose ou la mesure. Cette dernière condition varie avec l'âge et la résistance du sujet. On ne connaît ce dernier facteur que quand on a l'habitude de traiter son malade, les uns obéissant à des doses faibles, d'autres à des doses massives, etc.

Telle est la méthode et par conséquent la classification thérapeutique que je propose. C'est bien là une classification thérapeutique, et non plus une classification chimique ou toxicologique. Ce n'est qu'une ébauche comme je l'ai indiqué. Cette méthode pourra se développer et se perfectionner. Elle laisse la porte ouverte à tous les progrès, et ne demande qu'à profiter des découvertes nouvelles.

Elle s'impose à tous les praticiens, et dans chaque cas. La tradition l'a créée peu à peu dans un ordre logique.

Comme tous les arts, elle demande, pour être exercée d'une manière supérieure, trois qualités chez le praticien : des aptitudes, de l'étude et de l'expérience.

Natura facit facilom, ars habilem, usus potenlem.

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