RÉVULSIFS
A. Vésicatoires. C'est Corvisart qui a, le premier, insiste sur l'usage des vésicatoires larges eL répétés (5), dont il recommande l'usage de toutes ses forces. Gendrin fait de même et recommande surtout de les mettre très larges ; il ne craint pas d'en couvrir la surface antérieure du thorax (G).
(1) Gendrin, Leçons SUr les maladies du cœur, p. 830.
(2) Slokes, loc. cit., p. 83.
(3) Stokes, loc. cit., p. 86.
(4) Gendrin, loc. cit., p. 350.
(ï) Corvisart, loc. cit., p. 27.
(r>) Gendrin, loc. cit., p. 547.
Je ne saurais trop appuyer dans ce sens. Il n'est peut-être pas de cas dans la thérapeutique où l'on observe une action aussi prompte et aussi efficace des vésicatoires, si l'on prend soin, comme Gorvisart et Gendrin, de les mettre très larges. A la suite d'un large vésicatoire, le stéthoscope flexible, qui peut s'appuyer sans pression sur la plaie, permet de constater l'action rapide et efficace de ces révulsifs. Aussi, je suis étonné de voir que Bauer, qui a fait un si bon article sur le traitement de la péricardite, en regarde l'action comme inutile et peut-être nuisible (Vesicantien sind nicht zu empfehlen) (1).
B. Quant aux autres révulsifs, conseillés lorsque la maladie se prolonge, leur effet est douteux.
Bouillaud cite les cautères, les moxas, la pommade stibiée et l'huile de croton ; Gendrin les sétons. Peut-être vaudrait-il mieux leur préférer les pointes de feu, qui ont une action si franche sur les phlegmasies du poumon et de la plèvre.
A côté de ces moyens locaux, il faut placer les sédatifs de la circulation.
A. Le premier à employer, si l'affection est douloureuse, est la vessie à glace, proposée par Gendrin (1). « L'effet direct de ce topique est de diminuer immédiatement les douleurs locales, de calmer les battements tumultueux du cœur et l'anxiété extrême du malade ; le plus souvent, l'effet topique réfrigérant a môme pour résultat de déprimer en peu de temps la violence de l'étal fébrile et d'abaisser la fréquence du pouls au-dessous de son rythme normal. »
La vessie ne doit pas être laissée en place trop longtemps, pour ne pas déprimer le malade ; il faut donc surveiller le pouls et la température et retirer la vessie aussitôt que le pouls et la température reviennent à la normale. Chez certains sujets, l'effet est obtenu en moins d'une heure ; chez d'autres, il faut deux ou trois heures. Après cela, si la réaction est modérée et ne se produit que lentement, il n'est plus nécessaire de faire une nouvelle application, ou, si l'on doit y revenir, on en gradue les effets, en
(1) Bauer, Kvankheiten der Itcrzbeutels, p. CS7.
(2) Gendrin, loc. cil., p. B48.