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LES RÉVULSIFS

faisant des applications moins prolongées ou bien en élevant progressivement la température du mélange. Gendrin n'a jamais eu besoin de recourir à ce moyen pendant plus de deux jours.

Il n'y a de contre-indicalion à cette médication que s'il y a complication de pneumonie ; la présence d'une pleurésie n'a pas arrêté Gendrin.

Ce moyen a réussi en Allemagne, et Friedreich le recommande comme très efficace (1). Mais, dans la pratique, il diffère de Gendrin, en ce sens qu'il laisse le sac beaucoup plus longtemps. La pratique de Gendrin nous paraît préférable, parce qu'avec le procédé deFriedreicb on peut dépasser la mesure et déprimer beaucoup trop le malade.

B. Digitale (2). La grande fréquence du pouls, qu'on rencontre souvent dans la péricardite, indique que les douleurs et la sensibilité de la membrane déterminent une action réflexe, qui monte par les pneumogastriques et se réfléchit sur les nerfs accélérateurs du grand sympathique. Cette sensibilité peut être modérée par la digitale. En général, de petites doses suffisent (Gendrin), par exemple, de S à 8 centigrammes de poudre de feuilles en infusion dans une petite quantité d'eau. Gela est si vrai, quejstokes ne regarde pas l'emploi de la digitale comme nécessaire, et préfère donner du vin à ses malades (3). Au contraire, en Allemagne, on donne la digitale à haute dose. Friedreich (4) prescrit de 1 à 5 grammes de poudre de feuilles de digitale en infusion dans 120 grammes d'eau, et il y ajoute encore du nitrate de potasse ou de soude, de l'acide phosphorique ou de l'élixir ou liqueur acide de Haller (5).

Je reconnais que de petites doses de digitale peuvent être utiles, mais qu'il vaut mieux employer la vessie de glace ou, à l'intérieur, le vin ou l'opium, et je ne saurais accepter les hautes

(1) Friedreich, Traité des maladies du cœur, p. 212.

(2) Je me contenterai d'indiquer ici la pratique ordinaire h propos de la digitale; mais je consacrerai plus loin un chapitre spécial a ce médicament si important.

(3) Stokes, op. cit., p. 87.

(4) Friedreich, loc. cit., p. 211.

(5) L'élixir ou liqueur acide de llallerest composé de parties égales d'acide sulfurique et d'alcool ; on en donne 1 gramme dans une potion.

doses de digitale de Friedreich. Bauef dit bien également que la digitale à haute dose est un remède souverain, mais qu'il faut cesser aussitôt que le pouls est abaissé ou devient irrégulier (1).

C. La vératrme a été proposée par Friedreich pour remplacer la digitale. La vératrine jouit, en effet, de la double propriété de calmer les douleurs et de faire baisser le pouls et la température (2). Mais elle ne peut être administrée en solution, parce qu'elle brûle la gorge; il faut la donner en pilules ou granules de 5 milligrammes. Si elle est bien tolérée par le tube digestif, on peut aller progressivement jusqu'à 30 milligrammes (Piédagnel), et môme 50 milligrammes (Bitot) (3).

D. L'acide cyanhydrique a été proposé encore par Stokes (4), mais timidement, car c'est un remède dangereux. Quoi qu'il en soit, on peut sans crainte prescrire 5 à 10 gouttes d'acide cyanhydrique médicinal dans une potion de 125 grammes.

A ces moyens, Gendrin ajoute au bout de quelques jours les bains sulfureux quand l'oppression a diminué.

En dehors de ces indications, on fera de la thérapeutique analytique.

La douleur sera combattue par la poudre de Dower (5) ; mais cette poudre a l'inconvénient d'être nauséeuse et diaphorétique. Or, dans la péricardite rhumatismale, par exemple, les sueurs sont déjà abondantes et no produisent aucun soulagement.

On donnera également l'extrait thébaïque à l'intérieur en pilules à la dose de 5 centigrammes, ou le chlorhydrate de morphine en injection sous-cutanée, à la dose de 1 centigramme. L'insomnie sera combattue par l'hydrate de chloral à la dose de l à 4 grammes en potion, ou mieux en lavement.

(1) Bauer, loc. cit., p. 687.

(2) Fnivre el Leblanc, Acatl. des sciences, décembre ISo*.

(3) Ditot, Congrès de l'Association française à Bordeaux, 9 septembre i S7f .

(4) Stokes, loc. cit., p. 87.

(5) La poudre de Dower est ainsi composée : extrait d'opium sec, 1 , sulfate de potasse, 4; nilralo de potasse, 4', ipéca, 1; réglisse, 1. Un gramme de ectto poudre renferme 08,09 (neuf centigrammes) d'extrait d'opium. Dosc( Ob,io à 1 gramme.

PARACENTÈSE.

L'abattement des forces et la tendance au refroidissement seront combattus par les cordiaux, le vin (Stokes) (1), les alcooliques, le vin d'Espagne ou de Porto, le vin cbaud additionné de cannelle, le puncb, le Champagne, enfin, par le sulfate de quinine, le musc; et, si la tendance au refroidissement est trop marquée, par les injections sous-cutanées d'éther ou môme de camphre (2).

Lorsque le malade sera revenu à la santé, on lui prescrira le plus grand repos physique et moral, le séjour à la campagne et l'usage très modéré de l'alcool et du tabac.

Lorsqu'on a pu arriver au diagnostic d'une péricardite avec épanchement, il n'y a plus grand'chose à espérer des antiphlogistiques ou des révulsifs. Il faut arriver aux spoliateurs de toute nature.

A. Les vésicatoires permanents sont employés au début, mais ils sont en général insuffisants.

B. Les diurétiques étaient déjà recommandés par Sénac, qui prescrivait l'oxymel scillitique (3), le vin scillitique (4), le nitrate de potasse. Gendrin donnait également la scille, puis l'aunée, le trèfle d'eau et l'absintbe. En Allemagne, on prescrit les baies de genièvre, l'acétate de potasse, le tartrate de potasse et le boraLe de soude. On y pourra peut-être joindre bientôt l'extrait aqueux de muguet et la convallaramine.

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