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CAFÉ, CAFÉINE, THÉ

A côté de ces substances, il convient de citer le thé et le café, puis tous les aromatiques.

Je n'ai pas à m'étendre sur ces deux premiers moyens, qui sont entrés dans les usages domestiques.

La caféine a été employée par plusieurs médecins pour combattre l'asystolie. Lépine l'emploie fréquemment à Lyon à la dose de i à 2 grammes et quelquefois au delà. Mais c'est surtout Franz Riegel (5) qui l'a doué de propriétés remarquables. Selon cet auteur, il augmente la force du cœur, ralentit ses battements, augmente la tension vasculaire; il augmente la

(1) Formulaire pratique des hôpitaux civils de Paris, 1832, par Ratier.

(2) Formulaire pharmaceutique « l'usage des hôpitaux militaires de France, Paris, 1839.

(3) Dispensaire des bureaux de charité de Paris, 1S 19.

(4) Cadet de Gassicourt, Formidaire inagistral.

(5) Franz Riegel, Congres do Wiesbaden, 18S4.

ADONIS VERNALIS, ADONIDINE. 883

diurèse à la dose de 1 gramme à i«,50. Il a sur la digitale cet avantage qu'il agit vite et ne s'accumule pas dans l'organisme. Associé aux salicylates, il devient soluble et peut être employé en injection sous-cutanée.

M. Ëuchard (1) s'est fait en France l'écho de tous ces avantages.

M. Becker (2) l'emploie de préférence sous la forme de bromhydrate de caféine.

J'ai bien souvent essayé de mon côté la caféine dans ces conditions et je l'ai trouvée peu active et par contre très souvent mal supportée, donnant de la gastralgie, de l'anxiété et de l'insomnie, agitant les malades au lieu de les calmer en faisant cesser leur oppression.

ADONIS VERNALIS, ÀDONIDINE.

Dès 1860, le docteur Hoss (de Moscou) écrivait, dans la Gazette médicale de Moscou, qu'il avait soigné une cardiaque en lui faisant prendre trois fois par jour une tasse de tisane faite avec une décoction de 3 à A grammes de racines d'Adonis. Plusieurs jours après, la diurèse s'établit et, au bout de plusieurs semaines} la malade était guérie de son hydropisie.

Plus tard, en 1880, le docteur Bubnow entreprit des études semblables à Saint-Pétersbourg, sous la direction de Botkin. Il constata que, chez les malades atteints de palpitations nerveuses, l'effet était nul; mais que, chez les cardiaques atteints de complications séreuses, l'adonis relevait la force du cœur, diminuait la fréquence des battements, en les régularisant. Le cœur diminuait de volume, les bruits cardiaques devenaient plus nets, le foie diminuaitde volume, l'urine augmentait et arrivait à la quantité de 2 à 3 litres par jour, l'albumine et les cylindres disparaissaient.

Il fit alors des expériences sur les animaux et les résuma ainsi :

Chez les grenouilles, l'adonis agit comme excitant sur les nerfs d'arrêt du cœur.

(1) Huchard, Progrès médical, 1 884, n» 40, p. 9a2. (4) C. Becker, Wiener mecl. Blalt, 1884, n°24, p. G39.

Elle augmente l'élasticité et la contractilité du cœur. Elle augmente le travail du cœur dans la proportion de 1 à 3. Les petits vaisseaux sont contracturés, et cette action est indépendante du centre vaso-moteur.

Les expériences pour les animaux à sang chaud ont porté sur le lapin et sur le chien. Bubnow trouva l'action identique à celle de la digitale, avec cette différence que l'adonis s'accumule moins que la digitale, mais qu'elle est moins bien supportée que la digitale et qu'elle provoque plus facilement le vomissement et la diarrhée. Un peu plus tard, en 1880, le docteur Gervello (de Turin) retira de Y adonis vernalis un alcaloïde actif: Yadonidine.

Cet alcaloïde est amorphe, incolore, inodore, mais a une saveur très amère. 11 est soluble dans l'alcool, moins dans l'éther et moins encore dans l'eau. Bouillie avec l'eau, l'adonidine se décompose en sucre et en corps soluble dans l'éther. C'est, en somme, une substance analogue à la digitaline et à la scillaïne.

Il suffit de 0,15 de milligramme de cette substance pour arrêter le cœur en systole.

Essayée sur des chats, des lapins et des chiens, elle a ralenti les battements en leur donnant plus de force.

Depuis ce temps, un certain nombre de médecins en ont vanté les avantages. Gluzinski l'a prescrite à Cracovie. Altmann (i) l'a employée en décoction de 4 grammes de la plante entière pour 180 grammes et en a donné une cuillerée à soupe toutes les deux heures. Il lui trouve sur la digitale deux avantages. Elle agirait plus vite et ne s'accumulerait pas. Dans le même journal, on trouve des affirmations semblables de Michaelis, Lublinski, Leukartz, Seiler, Leyden. Lublinski insiste sur ce fait, déjà constaté par Bubnow et Botkin, que la quantité d'urine augmente, ainsi que celle des urates et des chlorures.

Leukartz confirme l'action diurétique, mais n'a pas constaté le ralentissement du cœur.

En France, l'adonidine a été l'objet d'un travail étendu de la

(1) Altmann, Sur l'adonis vernalis. Deutsch med.Wochenschrift, 1884, n°2S, p. 445.

HELLÉBORÉINE. 883

part de M. Eugène-Armand Durand (1), élève du professeur Desplats, à la Faculté libre de Lille. Cette thèse rapporte les faits ci-dessus mentionnés et y ajoute quelques observations personnelles. L'auteur, dans son enthousiasme, arrive à ne plus voir que des inconvénients à la digitale.

Pour moi, je ne conteste aucun des résultats ci-dessus mentionnés, mais je n'ai pu les obtenir. Peut-être cela tient-il à la nature des produits qui m'ont été fournis. Dans tous les cas, je ferai de nouveaux essais.

HELLÉBORÉINE.

L'helléboréine, C26HU01S, est un glycoside qui se trouve en abondance dans les rhizomes et les feuilles radicales de Vhelleborus viridis, et en moindre quantité dans Yhelleborus niger et le fœtidus. Ces trois plantes contiennent encore une autre substance : Vhelléborine, mais celle-ci ne paraît pas avoir d'action sur le cœur.

L'helléboréine, découverte en 1864 par Husemann et Marmé, se présente sous la forme de fines aiguilles incolores, d'une saveur amère douceâtre. Elle est facilement soluble dans l'eau, moins dans l'alcool et pas dans l'éther. Bouillie avec des acides faibles, elle donne du sucre et de Yhelléborétine. D'après Manné, il suffit d'un centigramme d'helléboréine pour tuer une grenouille avec le cœur en systole. Chez les mammifères, l'helléboréine produit un ralentissement des battements du cœur avec augmentation de la force du pouls.

Gurtz (2) a étudié à nouveau l'helléboréine de Marmé et est arrivé à obtenir de très beaux cristaux. Cette nouvelle substance est beaucoup plus active que l'helléboréine amorphe, et il suffit d'un milligramme pour tuer une grenouille en quelques minutes. Un chat auquel on en injecta sous la peau un demi-centigramme mourut en une demi-heure.

Leyden pensait qu'il était dangereux d'employer celte sub-

(1) Armand Durand, thèse do Paris, 1885.

(2) Gurlz, Dissertation inaugurale, Strasbourg, 1882.

stance chez l'homme. Falkenheim (1) l'a tenté sur sept malades et a donné l'helléboréine de Merck à la dose de -4 à 10 centigrammes. On reconnaît là le peu d'activité des alcaloïdes de Merck. Il y aurait danger à essayer sur la foi de ces expériences.

OLÉANDRINE ET NÉRÉINE.

Pelikan avait découvert en 1866 que l'oléander contenait une substance qui pouvait être considérée comme un poison du cœur. Le fait avait été confirmé par Landerer (1840), Latour (1857), Lacornski (1858), Lukomski (1861), Pelikan (1866), Girard (1869), Beletti (1875). Mais cette substance était mal définie. Schmiedberg vient de faire de nouvelles recherches à ce sujet. Il a trouvé deux substances : l'oléandrine et la nérianthine-

y oléçindrine est une substance soluble dans l'eau et le chloroforme. Elle cristallise en tables irrégulières. Un quart de milligramme de cette substance suffit pour tuer une grenouille, avec arrêt du cœur en systole.

La nériine, que Schmiedberg propose de nommer la nérianthine, à cause de son analogie avec la digitaléine, est une substance qui se colore en rouge par l'apide sulfurique et le brome.

Les autres stimulants diffusibles appartiennent pour la plupart à la famille des labiées et à la famille des ombellifères. Les premières comprennent la lavande, la menthe, le thym, le romarin, la mélisse, la sauge. Toutes ces plantes renferment une huile essentielle qu'on retire par distillation et qui est composée d'un hydrocarbure et d'une sorte de camphre.

La famille des ombellifères comprend le fenouil, Pammi, le carvi, l'anis, l'aneth,la coriandre, le cumin, dont les fruits fournissent une huile essentielle aromatique; et, d'autre pari, le galbanum, la gomme ammoniaque, le sagapenum et l'opoponax, qui renferment une gomme-résine comprenant une huile volatile, une résine et de la gomme.

(I) Fiilkenlicim, Uebcr Ersatzmittcl (1er Digitalis {Deutsches Archiv. fur klinische Mcdicin, Bd. XXXVI, 18S4).

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