PUPITRE
chexie cardiaque, alors que les poumons sont œdématiés, qu'il y a de l'épanchement dans les plèvres, souvent des infarctus dans les poumons, quelquefois même de l'épanchement dans le péricarde, l'oxygène constitue une ressource précieuse pour diminuer la dyspnée des malades, et cela arrive d'autant plus à propos qu'à cette époque de leur maladie les cardiaques, dont les reins sont altérés, ont souvent de la dyspnée nrémique. L'oxygène est précieux alors parce que non seulement il soutient les actes respiratoires, mais encore parce que l'oxygène diminue la quantité d'albumine qui s'échappe par les urines.
J'ai déjà eu plusieurs occasions de dire que quand le cœur s'est hypertrophié le malade ne peut plus se coucher sur le côté gauche, parce que le cœur alourdi tire sur ses attaches et comprime le poumon gauche, tandis que dans le décubitus droit le cœur repose sur sa base et ne tire pas sur ses ligaments. Plus tard, quand sont survenues la dilatation du cœur droit et l'insuffisance tricuspide, le malade ne peut plus se coucher non plus sur le côté droit, il est obligé de rester assis ; mais bientôt, l'hydropisie gagnant les poumons et les plèvres, le malade ne peut plus se pencher en arrière et par conséquent repose sur ses oreillers. iJour dormir, le malade laisse tomber sa tête sur sa poitrine, alors il asphyxie.
Une dernière ressource consiste alors à faire faire une table de bois qui repose sur le lit, mais dont la face supérieure inclinée vers le malade s'offre à lui comme un pupitre ; on met dessus un oreiller, le malade y croise ses bras et dort penché en avant en appuyant sa tête sur ses mains. Si le malade est assis dans un fauteuil, on appuie cette sorte de pupitre sur un cadre en bois qui entoure le fauteuil et qui, muni de deux charnières, peut se replier contre le mur pendanL que le malade veille. C'est la dernière ressource qui permet au malade de prendre un peu de repos dans ses derniers jours.