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SUCRE

et

soc.

extractif.

Si l'on compare ces chiffres à la ration quotidienne pour rechercher combien il faut de lait pour équivaloir cette ration, on trouve que l'homme adulte doit consommer par jour :

DIÈTE LACTÉE

Eau

Albumine sèche. . ,

Graisse

Hydi'ale de carbone

2G35 grammes.

Trois litres de lait, qui, par l'expérience, se montrent suffi sants pour un malade au repos, donnent :

On voit que c'est là une ration équivalente : si le malade marche ou travaille, il faut ajouter 1 litre pour le travail déposé.

La dose ainsi fixée, il reste à établir le mode d'administration. Si le malade est à la diète lactée exclusive, il faut absolument régler ses prises, sans quoi il en boira trop par moments, pas assez clans d'autres et finalement ne tardera pas à s'en dégoûter.

J'ai l'habitude de faire boire le lait par fractions de 100 à 200 grammes toutes les deux heures ou toutes les heures suivant les malades, mais toujours par quantité égale, à intervalles égaux.

Pour ne pas dégoûter le malade, il faut, si l'on peut, se procurer du lait bourru, c'est-à-dire du lait qui n'a pas encore perdu sa chaleur première, le donner tel quel. Si le lait est trait depuis un certain temps, on le fait bouillir, puis refroidir. Le lait est en général plus agréable frais, c'est-à-dire à la température de M à 12 degrés.

Pour éviter la saveur fade et un peu pâteuse \du lait, on peut y ajouter des eaux faiblement alcalines et un peu gazeuses, comme de l'eau de Soulzmatt ou encore de l'eau de Vais, ou même de l'eau de Seltz naturelle. Enfin, on peut môme y mettre de l'eau de^Sellz artificielle.

Certains malades demandent à y mettre du sucre, d'autres du lait, d'autres du café, du cognac ou du kirsch. Serre (I) (d' A lais) y joignait de l'oignon cru. Toutes ces additions sont possibles à la condition que les substances ajoutées ne le soient qu'en petites quantités.

Eau

Albumine et caséine

Beurre

Sucre

(I) Serre (d'Alais), Bulletin de thérapeutique, 1833.

Quand on diminue le régime exclusif pour aller au régime mitigé, on donne, à midi, un repas composé d'œufs, de poisson et de viande blanche. Puis on permet un léger repas le soir en diminuant la ration de lait du jour, mais en conservant le plus longtemps possible la ration de nuit.

Toutes ces pratiques se rapportent au lait de vache, le plus ordinairement employé dans les maladies du cœur; elles s'appliqueraient de même au lait des autres animaux domestiques.

Le lait de vache arrivé dans l'estomac y est presque aussitôt coagulé, soit par le suc gastrique acide, soit parla pepsine.

Tout n'est pas cependant coagulé : l'albumine dissoute et la caséine soluble ne sont pas coagulées, mais subissent néanmoins la transformation en peptones. La lactose se transforme pour une petite partie en acide lactique. Il ne faut, du reste, qu'une faible quantité de suc gastrique pour déterminer la fermentation lactique (Ch. Richet).

Une fois dans l'estomac, le lait n'y séjourne pas plus d'une à deux heures [Gosse (I), de Reaumont (2), Ch. Richet (3)], tandis que les autres aliments et en particulier les graines y restent au moins deux heures et quelquefois jusqu'à cinq heures. Dans les cas d'indigestion, le vomissement ne vient quelquefois que huit heures après.

La digestion, commencée dans l'estomac, se termine dans l'intestin, probablement sous l'influence du suc pancréatique.

On a constaté également (4) que les gaz renfermés dans l'intestin varient, tandis que dans l'alimentation azotée, c'est l'azote qui domine; dans l'alimentation végétale, c'est l'hydrogène protocarboné, et clans le régime lacté, l'hydrogène.

La partie qui forme les matières fécales semble constituée surtout par du caséum, de la graisse et des cellules épithéliales. Je ne sais pourquoi M. Debove dit qu'il ne reste pas de résidu.

(1) Gosse, in Spallanzani, Opuscules de physiologie animale et végétale (Ir.id. Sembler), t. II, p. 379, cité par Debove, Du régime lacté (thèse d'agrégation, 4878).

(2) Beaumont, Expevimcnts and Obs., 1833.

(3) Ch. Richet, thèse do doctorat et Acad. sciences, 1878.

('i) Hugo, Kenntniss des Durmgasc, Acad. des sciences de Vienne, 1862.

DIÈTE LACTÉE. 927

Les matières fécales dans l'alimentation lactée sont neutres ou faiblement alcalines; chez les enfants qui rendent des selles vertes, les matières sont acides et l'acidité est due en partie à l'acide lactique.

Lorsque j'étais chargé du service des nourrices (1873), je me suis occupé de rechercher ce que c'était que les selles vertes et j'ai pu m'assurer que la garde-robe normalement jaune devenait verte par la présence d'une matière bleue, sorte d'indigo qui, mélangé à la couleur jaune delà garde-robe, donnait du vert.

Quand cet indigo n'existe qu'en petite quantité, il ne se montre pas au moment de la défécation; mais si on conserve la garde-robe à l'air, l'indigo se montre à la surface et d'une couleur tout à fait bleue ; on arrive, dans le sens de la profondeur, à du jaune pur en passant par tous les degrés du vert que donnent les différentes proportions de bleu et de jaune. La matière colorante est bleue et non pas verte, comme on le dit partout.

Un autre caractère des selles dans le régime lacté est celuici : les garde-robes sont formées par une masse blanche faiblement colorée en jaune par la bile. De sorte que le régime lacté a la propriété de ne faire sécréter au foie qu'une bien minime quantité de bile, tandis que l'alimentation animale ou mixte fait sécréter une quantité énorme de bile, qui colore la garde-robe en brun ; et cette matière colorante est bien duc tout entière à la bile, car, dans le cas d'obstruction du canal cholédoque, les fèces n'ont plus qu'une couleur grise. De là l'utilité de la diète lactée dans les maladies à ictère.

Je viens de décrire, autant que possible, ce que devient le lait dans l'organisme; mais il faut se demander maintenant ce que devient le sujet soumis à la diète lactée.

Remarquons d'abord les avantages du lait. Pas besoin de mastication, pas besoin d'insalivation. Une très faible quantité de suc gastrique et de pepsine suffit pour le faire digérer. L"émulsion toute faite ne demande pas la formation de bile et i'. s'en fait peu. Toutes les matières principales, sucre, sels, albumine, beurre, eau, sont toutes prêtes à entrer dans les chylifères. La caséine seule demande plus de travail, aussi formet-elle la majeure partie du résidu. Cela est surtout facile à voir

quand la garde-robe, un peu liquide, montre que les grumeaux sont blancs et n'ont pas été pénétrés par la bile.

Sous l'influence du lait, en général le pouls diminue de fréquence et reprend de l'ampleur, les urines augmentent, les épanchements séreux diminuent. Voilà pourquoi la diète lactée est supérieure chez les malades atteints d'hydropisie cardiaque et surtout chez ceux qui ont des lésions rénales ou hépatiques.

La diète lactée a été prescrite depuis les temps les plus reculés, c'est-à-dire depuis Hippocrate, dans les maladies hectiques avec hydropisie (Raymond Restaurant (1), un savant du dix-septième siècle, a rassemblé avec une pieuse persévérance toutes les indications de la diète lactée qu'Hippocrate avait posées). Je ne m'occuperai ici que de celles qui concernent les maladies du cœur.

M. Potain en a parfaitement résumé les indications dans une communication faite, à Reims, au congrès de l'Association pour l'avancement des sciences en 1880.

La diète lactée ne convient pas aux affections nerveuses du cœur, aux palpitations nerveuses ou hyponchondriaques, ni même à la maladie de Basedow.

Dans les maladies aiguës du cœur, endocardites et péricardites, le lait peut faire partie de la boisson, mais ne peut suffire comme agent curatif.

Dans les cas d'hypertrophie avec lésions valvulaires, dégénérescence graisseuse du myocarde et asystolie, il n'y a plus grand'chose à attendre d'une médication quelconque, mais le lait peut servir d'adjuvant. Les cas les meilleurs pour l'administration du lait sont d'abord ceux où l'hypertrophie cardiaque est consécutive à la néphrite interstitielle (maladie de Bright et de Traube). Dans ces cas, le lait diminue les hydropisies et soulage par le fait les fonctions cardiaques, et bien qu'il n'ait pas le pouvoir de diminuer beaucoup la quantité d'albumine qui passe dans l'urine, il soulage les malades d'une manière des plus remarquables.

11 en est de môme dans le cas d'hypertrophie cardiaque con-

(1) Raymond Restaurant, llippocratis de natwa lactis et de usu in cwatio- Uibus mOrborum, Arausioni, 1G67.

DIÈTE UCTÉE.

sécutivc aux affections gastro-hépatiques. Ici la cause de l'affection cardiaque se trouvant modifiée, l'affection elle-même se trouve soulagée.

M. Pécholier (1) a signalé les bons effets de la diète lactée dans l'hypertrophie simple. Mais il n'y a pas d'hypertrophie simple, ce mot veut dire seulement sans lésion valvulaire; ajoutons même que cela veut dire : sans albumine dans l'urine et sans grosse affection hépatique. Que peut-on penser de cette hypertrophie? C'est qu'il s'agit d'une hypertrophie goutteuse ou simplement nerveuse ; or, dans ces cas, le lait peut rendre des services.

D'autre part, le lait redevient un moyen de premier ordre pour combattre les hydropisies secondaires des maladies du cœur, que ce soit simplement l'œdème des membres inférieurs, l'anasarque ou l'ascite. Le lait diminue ces affections secondaires et enlève des obstacles à l'action du cœur ; par là, il peut le rendre propre à sa tâche pour quelque temps.

DES AUTRES DIURÉTIQUES.

Les diurétiques sont de deux ordres : les uns sont des dissolvants qui entraînent au passage des matériaux de déchet et les emportent par les urines. Les liquides qui agissent dans ce sens sont des eaux minérales fraîches (I I degrés), à peine chargées de matières solides, et contenant un peu de silice, par exemple les eaux d'Evian, Contrexéville, Vittel, mais surtout les eaux de Repertweiler ou eau mirée d'Alsace (source César), qui contient une petite quantité, 15 centigrammes, de nitrate de potasse; elles sont réellement diurétiques et sont les meilleures qui puissent rendre des services dans les maladies du cœur.

Les autres diurétiques, qui sont les diurétiques hydragogues, sont ceux qui font évacuer une quantité de liquide, et par conséquent sont des éliminateurs d'eau.

(1) Pécholier (de Monlpellicr|), Des indications de la diète lactée, Assclin,

Le meilleur de tous les diurétiques est assurément la digitale, mais toutes les préparations de digitale n'ont pas cette propriété au môme degré.

Bouillaud regardait la macération de digitale comme le meilleur diurétique ; il pensait que la macération à froid dissolvait un principe diurétique et l'alcool un principe sédatif du cœur, et en cela il ne se trompait pas de beaucoup, car la digitaline est surtout soluble dans l'alcool et très peu soluble dans l'eau, tandis que la digitonine ou digitine de Nativelle est soluble dans l'eau froide et dans l'eau bouillante, mais n'est pour ainsi dire pas soluble clans l'alcool.

Bouillaud faisait macérer 0,30 de poudre de feuilles de digitale pendant douze heures dans 1 litre d'eau, et faisait boire ce liquide comme tisane.

M. Bucquoy fait faire une macération de 0,50 à 0,75 de feuilles dans 200 grammes d'eau.

Cette formule était celle qu'employait autrefois M. Hérard. Aujourd'hui, M. Hérard a constaté qu'il obtient le môme effet avec 0,25 de feuilles dans 200 grammes d'eau. M. Moutard- Martin et beaucoup de praticiens ont adopté cette dernière formule.

A quel moment faut-il l'administrer? M. Moutard-Martin fait prendre cette potion par gorgée toutes les heures, sauf le moment du repas. Cependant, cette préparation, prise dix minutes avant les repas en trois fois (trois repas), est bien tolérée (I) (Blondeau et E. Labbô).

Pour mon compte, j'ai fait pendant très longtemps usage de la formule de Bouillaud et à l'hôpital je la trouve excellente. Cette énorme dilution de la poudre la fait bien tolérer par l'estomac. En ville, quand les malades peuvent sortir, je préfère la formule de M. Hérard, c'est-à-dire que je donne 0,30 dans 200 grammes d'eau à prendre avant le repas.

Quant à la teinture de digitale, elle est bien moins diurétique

(1) Société de thérapeutique, 1877, 26 novembre, 12 et 2C décembre.

qne la macération, quoi qu'en ait dit Gubler; il en est de même des différentes sortes de digitaline.

Une fois qu'on a donné de la macération de digitale, il faut savoir que l'action diurétique est lente à se produire, qu'elle n'apparaît que le quatrième jour de l'administration du médicament ; mais, en revanche, par ce fait de la lente élimination de la digitale, l'action diurétique continue encoi'e pendant quatre ou cinq jours.

Pendant combien de temps faut-il administrer la digitale comme diurétique? Il est une remarque importante à faire. Quand l'action diurétique se prononce chez un malade atteint d'hydropisie et surtout d'anasarque, si les reins ne sont pas très altérés, la diurèse monte facilement à 4 et 5 litres par jour, et l'hydropisie diminue à vue d'œil; les jours suivants, l'action hydragogue continue, mais en diminuant, à mesure que l'hydropisie diminue. On serait tenté de continuer l'administration de la digitale à la même dose, jusqu'à la disparition complète de l'hydropisie. Ce serait une faute grave, car, en pareil cas, le malade reste digitalisé et a grand'peine à se relever, souvent même il ne se relève pas.

Il faut donc cesser plus tôt l'administration du médicament, mais sur quel caractère se régler? J'avais songé à me régler sur le pouls, et tant que le pouls ne descend pas au-dessous de 60 par minute, je continue. M. Hérard continue même au delà, si la digitale est bien tolérée, et en effet c'est là la pratique pour les cas ordinaires.

Cependant beaucoup de médecins ont une frayeur telle de l'accumulation des doses, qu'ils cessent la digitale dès que la diurèse est établie (Moutard-Martin, Bucquoy, Gubler) ou diminuent progressivement la dose (Dujardin-Beaumetz).

Quand la digitale donnée par la bouche cesse d'agir, on peut essayer de la donner en injection sous-cutanée, selon la formule de Gubler :

Eau, 10 grammes; digitaline d'Homolle et Quévennc, 0,02. Un millimètre cube de cette solution renfermerait, selon Gubler, \ milligramme de digitaline. Mais les preuves de l'efficacité

de cette méthode sont restées bien douteuses.

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