EXPLORATION PAR LES ENREGISTREURS
pour l'interprétation des différents actes qui s'accomplissent pendant une révolution cardiaque. Bornons-nous pour le moment à calculer la durée de chacun d'eux. On savait déjà que, le pouls battant environ soixante fois par minute, une révolution cardiaque durait environ une seconde. Ici l'emploi de l'appareil enregistreur permet de décomposer avec une précision mathématique les différentes parties de cette seconde.
Le tracé en question, divisé en dixièmes de seconde, comprend, comme on voit, onze dixièmes de seconde; il a donc été pris sur un cheval ayant de 54 à 55 pulsations par minute. Dans ce tracé on peut assigner à chaque acte la durée suivante :
Contraction des oreillettes 2 dixièmes de seconde.
Systole ventriculaire 4 —
Clôture des sigmoïdes 1 —
Diastole 4 —
La diastole dure donc un peu moins que la systole. La période d'auscultation des deux bruits peut donc se décomposer ainsi :
Le premier bruit dure 3 dixièmes de seconde.
Le petit silence 2 —
Le claquement sigmoïde 1 —
Le grand silence 5 —
La totalité d'une révolution cardiaque étant de onze dizièmes de seconde, le premier bruit commence avec le début de la systole ventriculaire, dure pendant une partie de la systole, et le second bruit a lieu au moment de la fermeture des sigmoïdes et du ressaut donné par l'entrée du sang dans le ventricule, qui cesse de se contracter.
Il suit de là que le tracé schématique et l'auscultation ne font pas commencer la révolution cardiaque au même moment. La contraction des oreillettes ne produisant pas de bruit appréciable à l'oreille, le premier bruit ne commence qu'avec la systole ventriculaire, qui comprend le premier bruit et le petit silence, puis vient le second bruit et enfin le grand silence, qui comprend non seulement la diastole, mais encore le temps de contraction des oreillettes, pour se terminer au moment où commencera la contraction ventriculaire suivante.