NEUFS SENSIBLES
le centre de l'action modératrice ; tandis que, le nerf grand sympathique recevant tout le long de son chemin les nerfs spinaux, le centre de l'action accélératrice a dû être recherché de préférence dans la moelle. En effet, dès 1841 , Budge avait constaté qu'en excitant la face inférieure du bulbe, ou en faisant passer un courant interrompu à travers son épaisseur, il provoquait l'arrêt du cœur. Les frères Weber et Cl. Bernard ont répété la même expérience avec le même succès. Ici, comme pour l'excitation du pneumogastrique, l'arrêt du cœur se fait en diastole et ne persiste pas, bien qu'on continue l'excitation.
D'autre part, si, pendant que l'action d'arrêt se produit, l'on vient à couper ces nerfs pneumogastriques, l'arrêt cesse d'exister et les mouvements du cœur reparaissent.
On peut, au lieu d'excitation électrique, produire de même l'arrêt du cœur par un coup porté sur le bulbe (Vulpian). D'autre part, la destruction du bulbe supprime l'action modératrice, et, les accélérateurs n'ayant plus d'antagonistes, les battements deviennent plus fréquents. Ce centre d'arrêt n'est pas encore bien délimité. Tout ce qu'on sait, c'est qu'il paraît moins limité que le centre respiratoire et correspond à la région que Budge a nommée cilio-spinale .
Notons que, pour produire cet arrêt du cœur par électrisation du bulbe, il faut employer des courants forts ; les courants faibles produiraient, au contraire, des battements plus fréquents, mais irréguliers (Schiff et Moleschott).