NERFS MODÉRATEURS
citation par le nerf opposé. On est réduit à supposer que le réflexe reviendrait par le même nerf avant que la ligature ait eu le temps de détruire la continuité des fibres ; cela est bien subtil. Tout ce qu'on peut dire, c'est que le chloroforme, le curare et l'atropine empêchent ce ralentissement de se produire.
Enfin, si l'on fait une ligature au-dessus de la précédente, on n'obtient plus rien, comme c'était facile à prévoir.
Après ce ralentissement passager, produit, dit-on, par l'excitation passagère du nerf, apparaissent les phénomènes réels de la section, c'est-à-direl'accélération etla régularisation des battements du cœur. L'accélération avait été notée par Meyer dès 1825. La régularisation ne s'est vue que plus tard, et cela chez le chien, qui a habituellement le pouls irrégulier. L'explication de ce fait a été donnée par von Bezold, c'est la suppression de l'action modératrice produite par les pneumogastriques. En effet, si l'action modératrice de ce nerf a été probablement détruite par l'atropine ou le curare à haute dose, la section du pneumogastrique n'amène plus d'accélération.
MM. Dastre et Morat ont montré, en outre, que, dans l'asphyxie, la syncope n'est pas un phénomène d'atonie du cœur, mais le résultat de la suractivité nerveuse du pneumogastrique (1).
L'effet consécutif de cette accélération des mouvemenLs du cœur, sans modération, amène bientôt la mort des animaux par inanition, les aliments s'accumulant dans le jabot sans pouvoir progresser. V. Aurey attribue à cette inanition, bien plus qu'au surmenage du cœur, la dégénérescence graisseuse du cœur qu'on trouve à l'autopsie.
L'excitation du bout central du nerf vague coupé, alors que l'autre nerf est intact, varie'suivant l'intensité de cette excitation. Budge, qui avait produit une excitation ^énergique, disait, en 4856, que l'excitation du bout central laisse continuer
(1) Nous trouverons encore une autre preuve de cette interprétation dans ce ait que dans l'emphysème avec dilatation cardiaque et tendance à l'asphyxie,
In systole se prolonge et, les deux silences du cœur légalisant, le rythme à auscultation se rapproche de celui d'un pendule. M. Pidoux avait constaté
le premier ce bruit en lui donnant le nom de bruit de pendule.
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les battements cardiaques et arrête les mouvements respiratoires; puis la pression artérielle s'élève et il se produit une systole brusque et violente, suivie de ralentissement. Dans ce cas, le pneumogastrique se comporte comme un nerl' sensilif ordinaire; son excitation produit l'anxiété et la souffrance.
Mais, si l'excitation est modérée et si la sensibilité de l'animal est éteinte par un narcotique ou un anesthésique, on observe un arrêt ou tout au moins un ralentissement, avec abaissement de la pression. Il y a donc une action réflexe modératrice qui suit le trajet suivant: elle remonte le bout central jusqu'au noyau bulbaire d'origine, passe de là au noyau opposé et descend par le pneumogastrique opposé qu'on a laissé intact. L'action est la même que si l'on excitait directement le nerf opposé. Aussi, cette action modératrice, produite par i'excitation du bout central, n'existe-t-elle plus si l'autre nerf pneumogastrique est coupé.
L'excitation du bout périphérique du nerf pneumogastrique coupé faite par des courants électriques produit un effet de ralentissement, et cet effet est plus marqué sur un nerf coupé que sur un nerf intact; aussi augmente-t-il quelque temps après que la section a été faite. Mais il faut observer que ce ralentissement ne se produit pas immédiatement; il faut attendre une ou deux secondes chez les animaux à sang chaud et vingt-cinq ou frenle secondes chez les animaux à sang froid (Legros et Onimus). Tarchanof donne comme raison de la variation de ce retard le moment de la révolution cardiaque où l'on opère. L'effet est plus rapide si l'excitation se produit à la fin de la diastole ou au commencement de la systole; il est plus tardif si l'excitation se fait dans une autre période. Le retard minimum est d'une révolution cardiaque et le retard maximum de deux révolutions. Celte action modératrice est donc en retard, mais, en revanche, elle dure plus longtemps que ne dure l'irritation modératrice; puis les contractions reparaissent peu à peu, lentes d'abord, puis plus rapides.
Mais un phénomène singulier, c'est que si l'on prolonge cette excitation qui produit l'arrêt, cet arrêt ne se maintient pas cl le cœur recommence à battre. Cet arrêt est donc un phénomène
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transitoire; il no dure pas plus do quinze à trente secondes chez, un animal à snng chaud. Après l'arrêt du cœur, les pulsations ont une amplitude extraordinaire; pourtant l'énergie de la con- Iraelion ventriculaire n'a pas augmenté (Arloing et Tripier); cela tient à ce que la résistance a diminué par ce fait que le syslôma artériel s'est relativement vidé pendant l'arrêt du cœur.
Un dernier mot sur le pneumogastrique. Ce nerf renferme plusieurs sortes de fibres et celles qui portent le nom de fibres modératrices lui viennent du spinal par la branche anaslomoliquc interne ou accessoire de Willis. Cette proposition a été démontrée par A. Waller en 1856. L'expérience a consisté en ceci : il suffit d'arracher les racines du spinal pour supprimer l'action modératrice du nerf vague.. Cette expérience a été répétée bien des fois depuis, et toujours avec le même succès.
Rôle du système nerveux extracardiaque. Nerf grand sympathique. Nerfs accélérateurs. — Le premier qui ait placé dans le système du grand sympathique la cause de l'activité du cœur est Prochaska. En effet, l'excitation du grand sympathique rend les battements du cœur plus fréquents en même temps que les systoles sont plus courtes (Donders, Baxt), de sorte que, malgré le plus grand nombre des contractions cardiaques, la Lension artérielle n'augmente pas ou très peu. Dans ces cas, les diastoles sont moins amples qu'à l'état normal et, par suite, la réplélion du cœur ne peut se faire complètement. Il en résulte que la quantité de sang reoue par les ventricules étant moindre, l>'s débits du cœur par le ventricule seront moins considérables (Marey).
L'excitation portée sur le grand sympathique peut accélérer considérablement le pouls et le porter jusqu'à S00 par minute sur le lapin (Wundt), mais elle ne peut produire le tétanos, comme cela aurait lieu si l'on excitait le nerf moteur d'un autre muscle strié.
Il résulte de ces expériences qu'il est probable que le grand sympathique n'agit pas directement sur le muscle cardiaque, mais bien sur les ganglions intracardiaques.
Cette hypothèse se trouve de plus en plus s'approcher de la vérité à mesure que les expériences se multiplient.
M. F. Franck a montré, en outre, certains caractères des nerfs accélérateurs. Si l'on vient à exciter isolément l'un des nerfs accélérateurs, par exemple le nerf cardiaque, qui part du ganglion cervical inférieur (nerf cardiaque supérieur de Schmiedberg), on voit que l'excitation subit un retard qui n'est pas proportionné au court trajet du nerf; le retard est de plus d'une seconde. Puis, l'excitation ayant cessé, l'accélération du cœur se prolonge. Il faut, en outre, pour obtenir un effet,} agir avec une excitation plus forte sur les nerfs accélérateurs que sur les nerfs modérateurs. En outre, l'action des accélérateurs peut, comme celle des modérateurs, être gênée parle fait d'un réflexe produit par la souffrance éprouvée par l'animal.
Nous avons vu plus baut que l'excitation d'un pneumogastrique ayant déterminé l'arrêt du cœur, l'excitation portée sur l'autre pneumogastrique ne prolonge pas cet arrêt. De même, pour les nerfs accélérateurs, l'excitation du sympathique d'un côté ayant produit une accélération, l'excitation portée sur le sympathique de l'autre côté ne vient rien ajouter (F. Franck).
Mais tandis que le pneumogastrique droit paraît avoir souvent une action modératrice plus grande que le pneumogastrique gauche, le grand sympathique d'un côté ne paraît pas avoir une action accélératrice plus grande que celle du côté opposé.
Les effets de la section du grand sympathique sont loin d'être aussi nets que ceux de la section du pneumogastrique, et cela se comprend bien facilement. Le grand sympathique, au lieu de former un seul faisceau, comme le pneumogastrique, forme, par ses nombreuses anastomoses, une sorte de filet dont les mailles sont assez serrées, de sorte que, quel que soit le point où l'on fasse une section sur le cordon principal, il y a au-dessus et au-dessous des anastomoses qui en rétablissent la circulation avec une bien faible dérivation. Aussi la section ne déterminet-elle pas de ralentissement.