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VARIATIONS DU POULS

allongée, redescendant par les deux premières paires dorsales pour rejoindre le grand sympathique et aboutir aux viscères abdominaux.

Filets centripètes de F. Franck, partant de l'endocarde, allant rejoindre la moelle allongée et se réfléchissant sur l'appareil moteur de la respiration.

Filets de Paglioni, partant du péricarde cl se rendant aux ganglions inlracardiaques (?).

Mais si l'organisme est muni de deux appareils, l'un modérateur et l'autre accélérateur, ces deux appareils n'ont pas un développement simultané. MM. Dastre et MoraL présentent de celle manière leur développement successif :

1° Au début, pendant la vie fœtale et dans les premiers moments après la naissance, l'appareil modérateur extracardiaque ne fonctionne pas encore. A la même époque, l'appareil accélérateur l'emporterait, tant dans le cœur qu'au dehors ; l'antagonisme, en un mot, tourne au profit de l'appareil accélérateur.

"20 Quelque temps après la naissance, du deuxième au seplième jour, chez le chat (Anrep), le pneumogastrique commence à acquérir la faculté de modérer le cœur. On peut saisir un moment où cette facullé est, pour ainsi dire, virtuelle, c'est-à-dire où elle île s'exerce que pour des excitations tellement fortes que le bulbe n'en transmet pas normalement de pareilles au cœur. A telle époque, une excitation électrique du vague arrête le cœur, mais la section des deux nerfs ne l'accélère pas (Ewald, Sollmann).

;i" Un peu plus tard (troisième semaine chez le chat, Anrep), le modérateur pneumogastrique exerce son action. L'irritation artificielle arrête le cœur; la section des vagues l'accélère. Mais dans ce jeune âge l'avantage est encore au système accélérateur; de là, la fréquence des battements plus grande que dans l'âge adulte.

4" Chez l'adulte, le système modérateur, après avoir suivi une marche continuellement progressive, prend enfin la prédominance, sur l'accélérateur.

Ces données récentes de la physiologie expérimentale sont tout à fait en rapport avec ce que nous donne la clinique sur la fréquence du pouls suivant les âges.

FnÉQUENtifc nu POULS. n

A la fin de la vie fœtale, le cœur bât 198 à 140 pulsations pat mimile (P. Dubois, Jacquemier, NWple, Gbuivhill, Depaul).

Au moment de la naissance, 120 à 1 80 (Elsaisser, Gorbam, Lediberder, Trousseau, Mignot, Seux, Sleflen, Depaul).

De dix à quinze ans, 76 à 91 (Quetelet, Guy, Vierordt, Steffen).

De vingt à vingt-cinq ans, 69 à 78.

De vingt-cinq à soixante ans, 69 à 73.

Au-dessus de soixante ans, le pouls baisse de fréquence (Hannemann et Dechambre, Rochoux); il n'est pas rare de le voir de 56 chez des vieillards de quatre-vingts ans; Richerand l'a vu descendre à 29 chez un vieillard de quatre-vingt-huit ans.

En dehors de ces moyennes, il y a des variations individuelles ; on cite, par exemple, le pouls de Napoléon I", qui ne donnait que 40 pulsations par minute et était faible.

Le sexe aurait aussi une certaine inQuenco. Suivant Quételet, le pouls est plus fréquent chez la femme de l à 4 pulsations par minute. Suivant Guy, cet excédent serait de 7 a 8 par minute.

La taille a, dit-on, une influence, et chez deux individus du : môme sexe et du même âge, le pouls serait moins fréquent chez

les grands que chez les petits (Dryan Robinson, Volkmann). iUne explication théorique a été donnée par Rameaux, Vierordt

et Landois.

La station influe également sur la fréquence. Le nombre est plus élevé chez le sujet debout ; il diminue chez le sujet assis et diminue encore chez le sujet couché (Nick, Guy). Guy a donné les moyennes suivantes :

Chez le sujet couché Gfi pulsations.

— assis 71 —

— debout. 81 —

Les exercices changent le nombre des pulsations du pouls. Si l'exercice n'est pas prolongé, le pouls s'élève ; si l'exercice va jusqu'à la fatigue, le pouls devient plus rare et plus lent (Lichlenfels, Frolich).

Le pouls varie encore dans la journée dans ses rapports avec les repas. Lichlenfels et Frolich ont montré que le pouls s'élève

rapidement après le café du malin, puis s'abaisse jusqu'au repas de midi; puis, après ce repas, il se fait une nouvelle élévation du pouls, qui dure une heure et demie à deux heures et demie. A partir de ce moment, le chiffre du pouls descend jusqu'au repas du soir, après lequel se fait encore une troisième élévation.

L'alimentation azotée élève le pouls plus que ne le fait l'alimentation amylacée.

Si le sujet est à la diète, le pouls baisse depuis le matin jusque vers midi ; il s'élève dans l'après-midi et 'monte encore vers le soir ; en pareil cas, la température suit assez parallèlement la marche du pouls.

Enfin, la fréquence du pouls varie avec la fréquence de la respiration.

On distingue encore au pouls les qualités suivantes :

Il est grand ou petit, fort ou faible, vite ou lent, dur ou mou.

Au point de vue du rythme, on le divise en fréquent ou rare, régulier ou irrégulier, égal ou inégal, confus ou insensible (\).

A ces caractères du pouls, il nous faut joindre aujourd'hui ceux que nous donnent les appareils enregistreurs, et tout particulièrement le sphygmographe de M. Marey.

Le tracé du pouls normal se compose d'une ligne d'ascension se rapprochant plus ou moins de la verticale ou mieux de la courbe que décrit l'oscillation de l'aiguille pendant le repos de l'appareil, puis d'une ligne oblique interrompue par un crochet, c'est-à-dire que le pouls est normalement dicrote. Quelle est la cause de ce dicrotisme? M. Marey pense qu'il est produit par le claquement des valvules sigmoïdes. Cette petite ascension divise donc le pouls en deux parties, celle qui est à gauche correspond à la systole cardiaque et celle qui est à droite à la diastole cardiaque.

Nous examinerons ensuite, à propos de chaque maladie du cœur, la forme que prend le pouls dans chacune de ces maladies.

(I) Je préfère garder ces mois simples et clairs a ces mots peu clairs de taxycardie, sychnosphyxie^ fréquence: bradysphyxie, rareté, lenteur; sthénocardie, force, asth<inocardie,\ faiblesse; atactocardie, arythmie; acrotisme, absence du pouls, etc.

On entend par palpitations des battements du cœur fréquents, rapides, brusques, dont le malade a plus ou moins conscience et qui s'accompagnent d'anxiété, quelquefois même de dyspnée. M. le professeur G. Sée, qui a fait dans son livre (1) une très bonne étude des palpitations, leur assigne les caractères suivants :

1° Les battements sont plus fréquents; c'est là le fait dominant, celui qui caractérise le plus nettement les palpitations ;

2° Souvent aussi les pulsations cardiaques sont plus rapides, c'est-à-dire que la durée de chaque battement est moindre qu'à l'état normal ;

3° Les contractions cardiaques paraissent plus intenses, et, le plus souvent, elles sont plus facilement perçues; mais il n'est pas démontré pour cela qu'elles soient en réalité plus énergiques ;

4° Ces battements, plus accélérés, plus rapides, plus intenses en apparence, sont ordinairement accompagnés d'une modification dans le timbre des bruits perceptibles à l'auscultation ;

5° La plupart des palpitations donnent lieu à des sensations spéciales perçues par les malades ; mais, d'autres fois, ces sensations subjectives font défaut ;

6° Enfin, les palpitations peuvent coïncider avec les troubles dans le rythme, ou bien avec des intermittences dans le cœur ; mais ce dernier fait est le plus rare.

M. le professeur G. Sée ajoute qu'il y a toujours augmentation de l'activité et non pas de l'action du cœur, à moins qu'il n'y ait en môme temps hypertrophie.

Les palpitations sont ordinairement perçues par les malades, qui en rendent compte d'une foule de manières. Malheureusement, leurs sensations et leurs récits ne correspondent pas à 1 énergie de ces palpitations. Les palpitations s'accompagnent rarement de douleurs.

(1) G. Sc';e, Du diagnostic et du traitement des maladies du cœur et en particulier de leurs formes anormales, p. 128, 1879.

Les palpitations peuvent être continues ou intermittentes ; mais, ce qui est certain, c'est qu'elles varient constamment d'intensité à chaque instant.

Revenons sur quelques-uns des caractères. Les palpitations peuvent être tout à fait passagères et ne se montrer que pendant quelques secondes, plusieurs minutes ou plusieurs heures. Elles peuvent se montrer même pendant le sommeil ; d'autres fois, elles sont continues ; tout cela dépend des causes qui les amènent.

Elles peuvent ne donner lieu qu'à des sensations insignifiantes; mais, d'autres fois-, elles" sont ressenties comme des chocs ou des coups de marteau, tantôt dans la région cardiaque, tantôt dans la région du cou ; elles s'accompagnent souvent d'anxiété ou même de dyspnée.

Aussi arrive-t-il souvent que les malades alteinls de palpitations ne puissent pas se coucher sur le côté gauche sans éprouver de la dyspnée et qu'ils n'ont souvent de ressource qu'en se mettant assis ou debout.

La percussion n'indique rien ; l'auscultation seule fait reconnaître de temps en temps des bruits frappés plus brusquement ; cette brusquerie est souvent plus accusée par le second bruit et particulièrement dans la clôture des valvules sigmoïdes de l'artère pulmonaire, quand il y a, par exemple, anémie avec souffle pulmonaire anémo-spasmodique. La fréquence du pouls peut être considérable. J. Payne Cotton (i) a compté jusqu'à 240 pulsations inscrites par le sphygmographe chez un homme de quarante-deux ans, qui était atteint du ver solitaire. Le fait cessa après l'expulsion d'une quantité énorme du parasile.

La force du pouls peut être conservée, mais elle est souvent diminuée; le pouls est faible; il peut même devenir insensible.

Le diagnostic des palpitations est facile; mais ce qu'il est difficile souvent d'établir, c'est de savoir si les palpitations indiquent un état pathologique du cœur et des' vaisseaux, ou bien si les palpitations sont symptomatiques d'une autre affection.

En effet, les palpitations peuvent être idiopathiquos, c'est-

(I) J. Pnync Colton, B>'it. Mcd. Jounu, 1867, j mie.

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