‹ Diagnostic et traitement des maladies du cœurChapitre 63 sur 413 · PALPITATIONS DES DYSPEPTIQUES · texte numérisé non relu

PALPITATIONS DES DYSPEPTIQUES

du cœur. Us accusent un point de côté, une douleur au niveau de la pointe du cœur. Ils se plaignent d'éprouver dans cette région des contractions, une sorte de crampe douloureuse dans la région de la pointe ; l'examen du cœur ne révèle rien que des palpitations, mais l'examen clinique fait reconnaître une dyspepsie, le plus ordinairement flalulente, avec dilatation du grand cul-de-sac de l'estomac, et l'on s'aperçoit alors que les palpitations sont surtout produites par l'estomac, qui vient se présenter au cœur comme un tambour sur lequel la pointe vient battre. Alors il y a des palpitations. Un examen attentif fait penser que la douleur est produite par une distension du diaphragme au point d'insertion aux côtes.

J'ai vu un . grand nombre de ces malades tant en ville qu'à l'hôpital, et si je n'en donne pas les observations, c'est pour ne pas augmenter indéfiniment ce livre.

L'explication de ce fait se trouve dans l'expérience de Neumann, qui a vu sur la grenouille qu'une excitation légère de la muqueuse détermine des palpitations. D'après M. Potain, il se produirait en pareil cas une dilatation du cœur.

Une expérience de MM. Arloing et Morel tendrait a faire admettre que, sous l'influence d'une excitation de l'estomac et du foie, la tension pulmonaire augmente. D'après ces messieurs, celle augmentation de tension serait produite par une action réflexe partie de l'estomac et réfléchie sur la circulation pulmonaire (1). Ce serait donc une expérience inverse de celle de de Gyon.

La marche de ces palpitations est absolument subordonnée à celle de la maladie principale. Si la maladie principale guérit, les palpilaLions disparaissent.

En résumé, l'examen des tracés ci-dessus montre bien que L'effort du cœur n'est guèro augmenté et que la tension artérielle est faible, tant dans le système à sang rouge que dans le système à sang noir, et il n'est pas exact de dire, comme on le faisait autrefois, que les palpitations produisent à la longue l'hypertrophie.

(I) Verlureaux. Dilatation du cœur droit d'origine gastrique, Thèse de Paris, IS7U.

Chez les jeunes gens et encore plus chez les jeunes filles arrivées à l'âge de l'adolescence, l'émotililé est extrême en dehors môme de tout état pathologique. Les émotions morales accélèrent considérablement les battements du cœur, leur donnent de la force et de la violence, et, en un mot, produisent des palpitations. Ces palpitations peuvent-elles à la longue amener une hypertrophie du cœur? Je ne le crois pas. Le cœur n'est en somme agité que pendant des périodes. 'plus ou moins longues, après lesquelles on retrouve le cœur absolument normal sans trouble fonctionnel et sans changement dans la mensuration du cœur.

Telle était également l'opinion de M. le professeur G. Sée, en 1883, dans la seconde édition de son livre intitulé : Du diagnostic et du traitement des maladies du cœur.

« On dit que les palpitations mènent à l'hypertrophie et on en donne comme raison que le cœur travaillant plus qu'à l'état normal doit se développer comme le biceps de l'ouvrier qui se sert constamment de ses bras; or, le fait n'est pas exact. Laennec et Grisolle l'ont mis en doute ; quant à la théorie, elle pèche par la base; en effet, dans les palpitations, .le travail effectué par le cœur n'est nullement augmenté ; il est seulement réparti d'une autre façon ; les impulsions sont plus nombreuses, mais chacune d'elles est moins énergique qu'à l'état normal.

« Le cœur a divisé son travail, mais n'a plus travaillé. Les phénomènes sont donc très différents de ceux qui s'observent chez l'individu soumettant ses muscles à un travail exagéré et excessif. En outre, l'augmentation d'intensité des bruits du cœur ne prouve nullement que la force d'impulsion soit plus grande, et il semble au contraire que c'est dans le cas où le cœur est le plus faible que les palpitations sont les plus fortes. C'est en effet dans la dilatation de cet organe que l'on entend le mieux les palpitations, et cependant les contractions en pareil cas ne sont pas plus énergiques. »

J'accepte volontiers, comme M. le professeur G. Sée, que souvent les palpitations ont plus de brusquerie que de force et qu'elles ne conduisent pas à l'hypertrophie. Cependant, dans certains cas, il faut le reconnaître, les contractions du cœur en pareil cas sont violentes, énergiques, repoussent violemment soit la main, soit la tête de l'observateur, donnent au pouls une force et une dureté qui prouvent bien qu'il y a là un travail musculaire augmenté. Mais cet état n'est que passager et ne conduit pas à l'hypertrophie.

Telle était l'opinion du professeur G. Sée en 4883. En 1885, deux ans plus tard, M. le professeur Sée, dans une leçon clinique faite à l'Hôtel-Dieu et reproduite par la Semaine médicale (n° du 7 janvier 1885), annonçait que depuis treize ans il avait constaté pendant la séconde enfance, de huit à seize ans, une hypertrophie du cœur produite par la croissance.

Dans sa seconde manière, M. le professeur Sée ajoute que cette hypertrophie cesse avec la croissance, et alors il hésite et se demande si ce n'est pas une simple dilatation du cœur. Mais sur quelles données métriques M. le professeur s'appuie-t-il pour soutenir ces affirmations? il ne l'a pas fait connaître. . Quoi qu'il en soit, le problème posé par M. le professeur G. Sée mérite qu'on l'étudié de près et nous allons donner à cet égard des documents précis.

Quel est l'accroissement du cœur?' Nous possédons à cet égard un document considérable, celui de Beneke de Marbourg, qui s'appuie sur l'examen de 600 cadavres, dont 231 sujets de 0 à 23 ans.

Voici le résumé de ces mesures.

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