‹ Diagnostic et traitement des maladies du cœurChapitre 80 sur 413 · PÉRICARDE ET PÉR1CARDITE · texte numérisé non relu

PÉRICARDE ET PÉR1CARDITE

Points de repère anatomiques. — Suivant l'ordre que j'ai adopté dans ce livre, je commencerai tout d'abord par insister sur quelques points de l'anatomie du péricarde. Ces détails nous permettront de fixer avec plus de précision les rapports exacts que nous allons établir entre l'anatomie du péricarde et les signes de la péricardite.

Pratiquons dans la paroi thoracique d'un sujet une ouverture qui enlève la région sternale, et regardons, sans déplacer les organes, les rapports des viscères, que voyons-nous ?

Le péricarde constitue un cône creux, immobile dans la cage thoracique. C'est peut-être, comme nous allons le voir, la partie la plus fixe du corps humain. Sa base répond au centre phrénique, son sommet correspond au bas de la première pièce du

U8 PÉRICARDE ET PÉRICARDITE.

sternum, au milieu de la région, sur la ligne médiane du corps, comme on peut le voir aisément en enfonçant le doigt jusqu'au cul-de-sac péricardique : c'est donc une pyramide triangulaire qui enveloppe le cœur (1).

Sa face antérieure ne s'accole au sternum que dans une petite étendue, sur la ligne médiane, car de chaque côté le cul-de-sac antérieur de la plèvre vient la recouvrir. Il en résulte que la paracentèse du péricarde se fait toujours au travers de la plèvre gauche, et qu'il faudra toujours se défier de ne pas traverser le poumon. Le bord inférieur de cette face triangulaire commence à droite au niveau de l'insertion du cinquième cartilage costal, puis se porte un peu obliquement à gauche dans le cinquième espace intercostal.

Les deux bords latéraux ne nous occuperont pas. Il nous suffit de savoir que le bord gauche s'incline du sommet du péricarde vers la pointe du cœur et rencontre en route les deux points où l'aorte et l'artère pulmonaire s'échappent hors de la séreuse péricardiaque.

Le bord droit descend à 1 centimètre et demi environ en dehors du sternum ; il coupe au niveau de la première côte la veine cave supérieure qui sort du péricarde à ce niveau. L'oreillette droite déborde un peu cette ligne et la veine cave inférieure pénètre verticalement dans l'oreillette, mais plus en arrière.

Deux mots sur la structure du péricarde. Rappelons que le feuillet pariétal est épais, et le feuillet viscéral mince, séparé du myocarde par un tissu conjonctif sous-séreux qui se charge souvent de graisse. On reconnaît à ces feuillets deux couches, l'une interne formée d'un épithélium pavimenteux à une seule couche; l'autre extérieure formée par des faisceaux de tissu conjonctif entre-croisés avec des réseaux de fibres élastiques fixes. Les vais • seaux du péricarde n'offrent rien de spécial, non plus que les nerfs qui, selon Luschka, lui viennent du pneumogastrique droit, du récurrent et du phrénique.

La cavité séreuse contient toujours une certaine quantité de liquide ; ce liquide, examiné par Gorup-Besanez, est alcalin, un peu coloré; voici sa composition :

(1) Voir, pour la situation et les moyens de fixité, pages 3 et 5.

Page 1