SUITE DES AFFECTIONS DU PÉRICARDE
11YDROPÉRICARDE.
Cette lésion a perdu beaucoup de son importance depuis que l'anatomie pathologique a séparé les collections séreuses des produits inflammatoires.
Il est rare que, dans une autopsie, on ne trouve pas, dans le péricarde, une quantité de liquide de 20 à 30 grammes. Cette quantité est beaucoup plus grande dans certains cas, par exemple lorsque le sujet est atteint d'emphysème pulmonaire, de phthisie, d'affection organique du cœur, de déformations thoraciques, etc., en un mot, dans tous les cas qui ont amené une stase de sang dans les veines coronaires ou l'anasarque. Mais, dans cette quantité de liquide, combien s'en est-il produit pendant la vie ? combien pendant l'agonie ? combien après la mort ?
On peut dire, d'une manière générale, que cette quantité est d'autant plus grande que l'agonie a été plus longue et que l'autopsie a été faite plus tardivement.
On ne peut dire, en réalité, qu'il y a eu hydropéricarde pendant la vie, que si on a pu en diagnostiquer l'existence (Bamberger). D'autres fois, on admet que l'hydropéricarde a existé pendant la vie, quand la quantité en est considérable et qu'elle dépasse, par exemple, un litre. A plus forte raison quand cette quantité atteint le chiffre de huit livres, c'est-à-dire près de quatre litres, comme l'a constaté Gorvisart.
Le liquide consiste, en général, en une sérosité claire, jaunâtre ou verdàtre, rarement troublée par des cellules épithôliales détachées. On y voit quelquefois une petite quantité de la matière colorante du sang donner une coloration rougeàtre ou
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brunâtre. Du reste, le passage de quelques globules rouges dans le liquide peut se faire après la mort.
La réaction du liquide est toujours alcaline. 11 n'est qu'un produit du sérum du sang, et, par conséquent, il ne contient aucune substance qui ne se trouve dans le sérum. On y rencontre peu d'albumine, comme dans le sérum sanguin.
On en possède les analyses suivantes :
Wachsmuth. K. Wagner. Goi-un-Besc-inez.
Eau 93,27 à 97,34 96,51 93,51
Albumine 1,43 à 3,01 2,01 2,40
Fibrine » » » 0,0s
Matières extractives. ...» » » 1,27
Sels inorganiques » » » 0.95
A côté du liquide, on ne trouve pas sur les membranes de traces d'inflammation. La surface interne a l'air macéré, et la membrane externe paraît épaissie. La cavité est distendue.
Si l'bydropisie a duré longtemps, la graisse placée sous la membrane séreuse diminue ou disparaît; le tissu cellulaire sousséreux est œdémateux. Les cellules de l'endotbélium sont altérées. Au-dessous, la substance musculaire du cœur paraît terne et flétrie.
L'hydropéricarde reconnaît pour cause des affections locales de voisinage ou des affections générales.
Les affections locales qui y donnent lieu sont celles qui entraînent une stase dans les veines ou les lymphatiques du cœur et de ses enveloppes ou des régions voisines.
Dans d'autres cas, la cause générale consiste en une hydropisie générale, la néphrite parencbymateuse, la tuberculose, le cancer et les autres cachexies.
L'hydropéricarde est toujours une affection latente ; quand elle est peu abondante, elle échappe à l'examen. Elle n'est inconnaissable que quand on rencontre un péricarde distendu par du liquide. On soupçonne alors l'hydropéricarde à ce qu'à aucun moment de son évolution on n'observe de frottement péricardique. Les battements de la pointe du cœur sont, comme dans la péricardile, cachés à la vue et tellement affaiblis à l'oreille, qu'on ne peut les entendre.
HÉMOPÉRICARDE, PNEUMOPÉH1CAKDE. 173
La plupart du temps, l'hydropéricarde arrive comme phénomène ultime au milieu des maladies les plus graves soit locales, soit générales, et il est difficile de faire la part des symptômes qui lui reviennent. Le plus difficile diagnostic, en pareil cas, consiste à rechercher si les phénomènes qu'on observe appartiennent à l'asystolie par dégénérescence ou épuisement musculaire, ou bien à l'hydropéricarde.
En effet, les symptômes observés en pareil cas sont les suivants : le pouls est petit ; il y a une stase veineuse accusée, de la cyanose, de la diminution de sécrétion de l'urine, de la compression des poumons et l'abaissement du diaphragme. La dyspnée va jusqu'à l'orthopnée, et les malades, pris d'anxiété, sont dans la détresse respiratoire.
La ponction du péricarde pourrait, dans quelques cas, amener une survie précieuse, bien que de courte durée.
HÉMOPÉRICARDE.
L'hémopéricarde est la conséquence d'une rupture soit du cœur, soit d'un anévrysme de la première partie de la crosse de l'aorte, soit môme d'un anévrysme des artères coronaires. En général, la rapidité de la mort est en rapport avec la masse du sang rendue en un moment; si bien que, si le péricarde met à se remplir une demi-heure ou une heure, la mort est retardée en conséquence. La mort, en pareil cas, est donc plus souvent soudaine que subite.
PNEUMOPIÎRICARDE.
La présence de gaz dans le péricarde est extrêmement rare. Cependant plusieurs auteurs ont pu en constater, lorsque le péricarde renfermait des liquides sanieux, qui avaient subi la fermentation putride (Laennec, Skoda, Stokes, Rokitanski, Traube).
D autres fois, ces gaz viennent d'autres abcès situés dans les organes plus ou moins éloignés, à la suite desquels une perforation du péricarde a eu lieu.
Dans les cas de Ghambers, Beckers et Tiitel, il y avait une ulceralmn de l'œsophage qui était venue perforer le péricarde.
ilk iiydhopkiuoahdk.
Dans un cas de M. Dowul, l'ulcération venait d'une caverne; dans celui de Eisenlohr, d'un pyo-pneumolborax. Ôâèïing0f a trouvé une ulcération dans l'estomac; Graves, un abcès du foie. A ces faits il faut joindre les plaies pénétrantes de poitrine, où l'air pouvait passer à travers la blessure.
Enfin Forstor remarque que, dans certains cas, les gaz du péricarde peuvent être le fait d'une décomposition cadavérique.
Les symptômes généraux de pncumopéricarde sont ceux de l'hydropéricarde, en y joignant de là fièvre et du délire.
Les symptômes locaux présentent quelques particularités. Le péricarde, distendu par les gaz. donne lieu à des saillies apparentes, si le sujet n'est ni trop gras ni trop infiltré.
La palpation peut reconnaître une sorte de gargouillement, se reproduisant d'une manière synchrone avec les bruits du cœur.
La percussion donne un son caractéristique ; c'est Un bruit clair, tympanique, avec timbre métallique. Ce bruit clair, occupant les parties supérieures de la cavité péricardique, se déplace avec les différentes attitudes du malade. 11 s'élève quand le malade, qui était couché, vient à se dresser pour s'asseoir ou se lever. Par ce même fait, la surface occupée par la matité absolue du cœur a considérablement diminué. Feine aurait même constaté le bruit de pot fêlé, sans qu'il y eût ouverture au péricarde.
On a noté, à l'auscultation, des phénomènes curieux. Lesbruits du cœur prennent une telle intensité, qu'ils sont entendus non seulement par le malade lui-même, mais par son entourage. Chez un malade observé par Stokes, le bruit était tel, que sa femme était réveillée par ces bruits pendant son sommeil.
Les bruits du cœur prennent une tonalité exceptionnellement élevée, ils prennent quelquefois un timbre métallique clair, qui rappelle le bruit des cloches (Friedreich).
Comme il y a en même temps des exsudats dans le péricarde, il se produit des bruits de souffle qui prennent également une tonalité élevée et un timbre métallique. C'est dans ces cas qu'on a entendu également des bruits de roue hydraulique ou de moulin. On a même entendu parfois le tintement métallique.
Ces cas sont très graves, comme on pense, et amènent rapide-