I. — SYMPTOMES INDÉPENDANTS DE LA LOCALISATION
1 ' Céphalalgie. L est un symptôme très fréquent, habituel même dans tous les cas où il y a augmentation de la tension intra-crânienne (alors la douleur est diffuse); ou bien lorsque la lésion de nature irritative (tumeur, abcès, tuberculome, syphilome, etc...) est superficielle (la céphalalgie est alors circonscrite).
Gomme symptôme des lésions en foyer en général, ce symptôme acquiert surtout de l’importance, lorsque la céphalalgie dure depuis très longtemps, sans modifications, résistant à toutes les médications et sans autre cause (migraine, intoxication, névrose) pour l’expliquer.
Sa valeur localisatrice est nulle lorsque la douleur est diffuse, sans localisation précise.
Lorsqu’elle se fait sentir en un pôint limité, toujours le même, il y a faible présomption pour une lésion sous-jacente, surtout si la localisation de cette douleur est unilatérale.
La présomption devient plus sérieuse si la douleur est réveillée ou augmentée par la percussion en un point limité; elle devient forte si la seule pression du doigt suffit pour cela.
2" Les ictus : a) apoplectiforme, la chute avec perle de
(I) Malgré cette indépendance nous verrons cependant que do l’analyse do ces symptômes on peut souvent tirer certaines probabililés en faveur de telle ou telle localisation.
connaissance pendant un temps plus ou moins long est fréquente soit au début (hémorrhagie, ramollissement), soit au cours de la lésion (tumeurs de nature diverse). Conservation de la respiration et des battements cardiaques.
b) Épileptiforme : voir plus loin sa valeur localisatrice.
c) Vertigineuse. Le vertige peut se montrer sous forme d’ictus, avec ou sans chute, ou bien exister d’une façon presque permanente. Dans ce dernier cas il y a présomption pour unelésion soit des nerfs vestibulaires, soit du mésocéphale, soit du cervelet.
d) Syncopal (1). Chute plus ou moins brusque,- sans mouvements convulsifs, sans vertiges, mais avec arrêt momentané de la respiration et du cœur.
3° Les vomissements. Sont très fréquents surtout lorsqu'il y a augmentation de la tension intracrânienne. Se produisent facilement, sans effort, sont indépendants de l’alimentation, coïncident souvent avec une exacerbation de la céphalée, surviennent souvent à 1 occasion d un changement de position (Raymond). Sont particulièrement intenses dans les lésions de la fosse cérébrale postérieure.
Dans deux cas Schmidt aurait pu localiser exactement une tumeur dans l’un des hémisphères cérébelleux, en se basant sur le signe suivant : les deux malades, qui d’ailleurs présentaient un syndrome cérébelleux net, étaient prises de vomissements dès qu’elles se couchaient sur le côté (droit dans un cas, gauche dans l’autre) Schmidt en conclut que la lésion était asymétrique, et dans la position latérale, comprimait soit la veine de Galien, soit le sinus latéral ; l’au-
(1) Dans diverses affections cérébrales Dycc Duckworlh a observé un syndrome particulier, caractérisé par l'arrêt complet de la respiration plusieurs heures avant celui du cœur. La vie peut être maintenue plusieurs heures par la respiration artificielle. Maoewen, Iforsley, Leyden, Jaboulay ont observé des cas semblables (voy. Congrès île Moscou, 1 807, lt) -20 août.
DIAGNOSTIC DES LÉSIONS EN FOYER
topsie lui donna raison : il y avait une tumeur du côté oppose (Wiener Klin. Woch., 22 décembre 1898).
4" Examen ophtalmoscopique. — a) La valeur de la papille étranglée, n’est plus à démontrer. Sansdoute elle peut exister en dehors de toute tumeur (brightisme, chlorose, infections) ; sans doute aussi il peut y avoir tumeur sans lésion de la papille. Malgré ces exceptions la papille étranglée est un symptôme de premier ordre pour le diagnostic des tumeurs cérébrales.
b) La névrite optique peut se rencontrer surtout lorsque les nerfs optiques ou le chiasma sont englobés dans un processus inflammatoire.
c) L 'atrophie est moins fréquente ; elle peut se montrer d emblée ou succéder à 1 œdème et à la névrite optique.
L examen ophtalmoscopique peut encore révéler l'hématome du nerf optique (1) et conduire au diagnostic d’hémorihagie cérébrale, ayant fusé dans les gaines du nerf optique.
5° Symptômes de compression cérébrale.— Ralentissement du pouls el de la respiration, faiblesse musculaire, torpeur, somnolence, puis coma.
Chez les enfants l’exploration delà fontanelle peut apporter des renseignements précieux: élastique et animée de battements circulatoires et respiratoires à l’état normal, elle peut être tendue, sans élasticité (hydrocéphalie), proéminente avec dos battements exagérés (hyperhémie cérébrale ; très proéminente et très tendue (épanchement sanguin ou inflammatoire, méningite...).
(1) Voy. L. fîouveret, Hématome du nerf optique dans l’hémorrhagie cérébrale ( Revue de mèd., juillet).
L’ENCEPHALE