‹ Diagnostic et traitement des maladies nerveusesChapitre 149 sur 322 · II. Symptômes variables avec la · texte numérisé non relu

II. Symptômes variables avec la

localisation

Se subdivisent en deux groupes :

A. Ceux qui sont appréciables à 1 examen direct.

B. Ceux qui découlent de la connaissance de la physiologie du système nerveux.

A. Symptômes appréciables a l’examen direct

I ’ Inspection. — Donne assez rarement des renseignements.

aj Signes de fractures du crâne : écoulement de sang par le nez et les oreilles ; ecchymoses du cuir chevelu, de l’orbite (I) ; douleur le long d’une fissure.

b) Signes de lésion du squelette : gomme ostéopériostique ; suppuration de l’oreille, de la mastoïde, du sinus.

c) Dans certains cas (Frankel) (2) on observerait la chute ou le grisonnement des cheveux du côté de la tumeur cérébrale.

2° Percussion du crâne. — Nous avons déjà vu commen t l'utiliser dans le but de déterminer le siège de la douleur.

On a voulu lui demander plus :

a) Un bruit de pot fêlé a été constaté dans certains cas de tumeur du cerveau (Macewen, Suckling, Robertson, Bruns et Durante). Carson (3) l’a trouvé dans quatre cas de tumeur du cervelet; il le croit sous la dépendance

(1) Il faut distinguer le cas où le sang vient de la région sous tégumentairo, alors les paupières sont envahies les premières ; et le cas où il vient do l’orbite, alors la conjonctive bulbaire est infiltrée d’abord.

(2) Frankel, AU;/. Zeitschrift fûr Psijch., t. LX1I, f. 0, 181)6.

(3) Carson, Ann. of Surgery, sept. 1898.

DIAGNOSTIC DES LÉSIONS EN FOYER

(1 un diastasis, d’une désunion des os du crâne, par exa-érat.on de la pression intracrânienne; il ]’a retrouvé aussi dans un cas d’hydrocéphalie acquise, et dans les fractures linéaires étendues du crâne. Le pot fêlé serait donc un signe d hydrocéphalie et indirectement de tumeur, lorsque celle-ci produit l’hydrocéphalie. Ce signe n’aurait de valeur q u 'après trois ans (occlusion des fontanelles) et n’apparaitrait que chez les sujets dont les sutures ne sont pas ossilîées. Dans un cas, Carson a pu constatera l’autopsie la réalité de ce diastasis des sutures •

h) De I aoli et A. Mori (1) ont appliqué d’une façon systématique la percussion du crâne, au diagnostic des lésions célébrâtes. Ils ont étudié le son obtenu par la percussion digitale, dans les différentes régions du crâne : 1<> d’un sujet normal ; 2° d’un cadavre dans l’encéphale duquel ils injectaient diverses substances ; 3° chez des malades. Ils arrivent à cette conclusion que les productions pathologiques intracrâniennes (hémorrhagie, méningite tuberculeuse, abcès du cerveau) peuvent produire des modifications nettes, de la sonorité, surtout par comparaison des deux côtés.

<-) Gilles de la Tourette et Chipault se sont contentés de rechercher par cette méthode les modifications de la paroi crânienne.

d) Lnfîn d autres auteurs ont étudié la conduction du son à travers l’encéphale (2).

Okanew pour les lésions de l'apophyse mastoi'de = un diapason vibre sur le crâne, le médecin ausculte les apophyses rnastoïdes = son moins net sur l’apophyse malade.

Gabritchewski = entonnoir appliqué sur la bouche ouverte du patient, réuni par un tube en caoutchouc à l’oreille du médecin, pendant que le doigt percute le crâne, ou bien que I on fait vibrer un diapason en différents points.

(1) De Paoli et A. Mori. Policlinico, 13 fév. 1898 et 12« Congrès do la Soc. Uni. de chirurgie, Rome, 28-30 oct. 1897.

(2) V. Ucclilerew, iVeur. Ccntr., juillet 1894.

L’ENCEPHALE

D’ap rès Murawieff (1), cette méthode qu’il appelle crâniolonoscopie 11e donne aucun résultat dans les lésions sousjacentes à la boîte crânienne (observation d’une tumeur du cervelet, d’un kyste cérébral, de huit cas de tumeurs cérébrales, expérimentation sur le cadavre); mais donnerait des renseignements utiles sur les modifications de la boîte osseuse.

3° Examen radiographique et radioscopique. — Ne

rend pas pour le crâne les mêmes services que pour les autres organes. Cependant il a été employé avec succès surtout dans la recherche des projectiles métalliques (2).

B. — Symptômes physiologiques

Ce sont de beaucoup les plus précieux et nous devons les examiner en détail. Nous examinerons successivement les lésions en foyer des régions suivantes :

1° Bulbe et protubérance.

2° Pédoncules cérébraux.

3° Cervelet.

4° Base du crâne.

3° Cerveau.

Sui

1 Lésion en foyer du bulbe et de la protubérance.

!• Classification des symptômes

vaut que la lésion atteint : a) les nerfs crâniens oui

(1) Murawieff, Neur. Cenlr., août ot sept. 18!» 4 i V°y;à ce «ujet Tuffier. Recherche des projectiles dans le crâne

atrnl08rÆ,,rt lapparoil ,lc Contremoulins, Presse mèd ' K. J, t. Il, p. 353. Voy. aussi M. A. Cliurchi. Un cas de tumeur céré’

1 "T0" railioscopic<ue avec autopsie. Amevic. •muni, o/ Med. Science, février 1890.

DIAGNOSTIC DES LÉSIONS EN FOYER

parlenl du bulbe et de la protubérance, ou y arrivent; b) les conducteurs centripètes ou centrifuges qui relient la moelle à l’encéphale; c) les formations propres de la prolubérance ou du bulbe, on a trois ordres de symptômes.

A. — Symptômes dus a la lésion des neufs ckaniens,

DEPUIS LA Ve PAIUE .IUSQu’a LA XIIe PAIRE.

Nous avons vu plus haut (p. 2oi-273) quels étaient ces symptômes et n’avons pas à y revenir.

B. — Symptômes dus a la lésion des conducteurs

RELIANT LA MOELLE A l’enCÉPHALE.

1° Conducteurs centripètes.

Sont de deux ordres suivant qu’ils relient la moelle au cerveau ou au cervelet.

a) Lésion des conducteurs médullo-cérébraux.

Dans le bulbe et la protubérance, ces conducteurs sont représentés pour la plus grande partie par le ruban de Rcil (1).

Quoique le ruban de Reil représente certainement la plu s grande partie de la voie sensitive centrale, on n’est pas bien fixé sur les troubles que provoquent ses lésions :

oc) A ses origines : la destruction des noyaux des cordons

(1) Voici sommairement indiquée l'anatomie du ruban de Roil au niveau de la protubérance et du bulbe :

Le ruban de Reil, ou lemniscus, à sa naissance reçoit : n) libres venant des noyaux des cordons de Goll, de la partie interne des noyaux des cordons de Burdach ; b) libres venant des cordons antérolatéraux; c) fibres prenant naissance dans la formation réticulée «lu

bulbe. ,

Il passo entre les olives bulbaires, aplati dans le sens latéral; puis il s’élève en s’aplatissant dans le sens antéro-postérieur; passe dans la région do la calotte, va se terminer dans le thalamus.

de- Goll et de Burdach ne provoque pas de troubles de la sensibilité (Becbterevv, Ferrier et Turner, Molt).

S) L’hémisection de la calotte produit bien de l’hémianesthésie croisée; niais celle-ci s’améliore rapidement, et cependant à l’autopsie on trouve le ruban de Reil dégénéré (Ferrier et Turner, Mott).

y) Les cas humains sont très complexes. Mœli et Marinesco admettent qu’il y a des troubles de la sensibilité lorsque la lésion protubérantielle ou pédonculaire atteint le ruban de Reil médian et la formation réticulée de la calotte.

Pour Van Oordt, le ruban de Reil conduit le sens musculaire et sert à la coordination (comme les cordons postérieurs); la formation réticulée conduit les sensations cutanées (comme l’axe gris). Flechsig et Bechterew adoptent une opinion analogue.

En tout cas, les observations nombreuses où avec un ruban de Reil complètement dégénéré il n’y avait pas de troubles de la sensibilité, ne permettent pas d'en faire l’aboutissant de toutes les voies spinales de la sensibilité.

Une lésion atteignant une moitié du bulbe, ou de la protubérance (ruban de Reil et substance réticulée) peut déterminer de l’hémianesthésie. Suivant la hauteur de la lésion, le territoire des nerfs crâniens pourra être respecté, en particulier celui du trijumeau dont les fibres passent alors au-dessus de la lésion.

L)e la constatation d’une hémianesthésie respectant la face, il ne faut cependant pas tirer immédiatement comme conclusion l’existence d’une lésion bulbaire. Car chaque moitié du corps a une représentation corticale bilatérale. Celle représentation est variable suivant le point considéré. Pour la face, il est probable qu’elle est bilatérale plus qu'aux membres, aussi dans les lésions centrales, la sensibilité peut-elle réapparaître à la face avant de réapparaître aux membres.

b) Lésions des conducteurs médullo et bulbo-cérébelleux.

DIAGNOSTIC DES LESIONS EN FOYER

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