II. — Lésions en foyer des pédoncules
I • — Classification des symptômes
Au point de vue anatomique, physiologique et pathologique, il faut distinguer dans les pédoncules deux étages : a) l’étage inférieur, ou pied du pédoncule; b) l’étage supérieur ou calotte.
Aux pédoncules se rattachent deux nerfs crâniens, la IIIe et la IVe paire.
Le pied des pédoncules est embrassé par les bandelettes optiques.
Les symptômes, donnés par les lésions en foyer des pédoncules, se divisent en quatre groupes :
A. — Symptômes dus à la lésion de l'étage inférieur, ou pied du pédoncule (1).
Si la lésion siège à la partie la plus interne, au niveau ou au voisinage de l’espace inlerpédonculaire = paralysie faciale du type central, c’est-à-dire avec intégrité relative du facial orbitaire.
A mesure que la lésion s’étend plus en dehors, elle détermine d’abord de la paralysie des bras, puis du membre inférieur.
Si le pied du pédoncule est simplement irrité, au lieu d’hémiplégie, on pourrait (?) avoir de l’hémi-tremblement
(1) On distingue dans le pied du pédoncule différents faisceaux; les plus internes .sont destinés aux muscles do la face ; plus en dehors se trouvent les fibres venant de la partie moyenne des circonvolutions centrales et destinées aux membres supérieurs ; plus en dehors encore les fibres venant de la partie supérieure des circonvolutions centrales et du lobulo para-central et destinées aux membros inférieurs: tout à fait à la partie oxlerno, là où autrefois on plaçait le faisceau sensitif, fibres venant du lobe temporal et dont le rôle est inconnu.
L’ENCEPIIALE
ordinairement intentionnel, se rapprochant de celui de la sclérose en plaques (1).
B. — Symptômes dus à la lésion de l'étage supérieur ou calotte.
Les symptômes sont ici variés, suivant le siège exact de la lésion. On peut avoir :
1° De l’hémianesthésie par lésion du ruban de Reil.
2° Des troubles de la coordination et de la station debout, par lésion des pédoncules cérébelleux supérieurs.
3° De la déviation conjuguée de la tête et des yeux par lésion du faisceau longitudinal postérieur.
4° Des paralysies oculaires, par lésion soit des noyaux, soit des racines des IIIe et IVe paires.
5" Peut-être des bémitremblements.
C. — Symptômes dus ceux lésions des 111 0 et IV* paires = paralysie de ces nerfs en totalité ou en partie.
1° La IIIe paire peut être lésée :
a) En dehors des pédoncules, dans l’espace interpédonculaire. Là les racines convergent en éventail pour former le tronc: ces racines forment deuxgroupes, l’un antérieur destiné à la musculature interne (iris, accommodation); l’autre postérieur destiné à la musculature extrinsèque (droit interne, droit supérieur, releveur de la paupière, droit inférieur, petit oblique). Une lésion peut atteindre seulement le groupe antérieur (paralysie de l’iris et de l’accommodation); seulement le groupe postérieur (ophtalmoplégie externe) ou même seulement quelques-uns de ses muscles (paralysie dissociée). La paralysie peut être unilatérale ou bilatérale suivant l’étendue de la lésion, dans l’espace inlerpédonculaire.
b) Sur les racines, dans i épaisseur des pédoncules. —
(1) Cot hémi-tremblement, associé àla paralysie île la 1 1 |o paire, constitue le syndrome de Bencdikt. Il n’ost pas prouvé qu’il soit dii à la lésion du pied; il nous semblerait plus rationnel d’admettre une lésion de la calotte. Il faut attendre do nouvelles observations.
DIAGNOSTIC DES LESIONS EN FOYER
Là encore les racines sont dissociées el la paralysie peut atteindre seulement quelques-unes d’entre elles.
La paralysie est unilatérale.
c) Sur les noyaux : ceux-ci forment le long de l’aqueduc de Sylvius, une rangée assez longue : la lésion peut n’atteindre que quelques-uns des noyaux; la paralysie est totale ou dissociée.
Elle est toujours bilatérale.
2° La IVe paire peut être atteinte dans son long trajet pendant qu’elle contourne la protubérance, ou bien dans son noyau.
Dans le premier cas, la paralysie peut être unilatérale; dans le second, elle est toujours bilatérale.
D. — Symptômes dus aux lésions des bandelettes — hémianopsie latérale homonyme du côté opposé.
E. — Symptômes dus à la lésion des tubercules quadrijumeaux.
1° L’amaurose a été souvent attribué à la lésion des tubercules quadrijumeaux antérieurs (1).
2° Bechterew(2) a attribué aux tubercules quadrijumeaux postérieurs une symptomatologie complexe : a) des troubles de l’ouïe et même la surdité complète;. b) des troubles de la phonation ; c) des troubles de la marche et de la station debout.
F. — Une lésion siégeant autour de l’aqueduc de Sylvius provoquerait de l’apathie, de la somnolence et meme
(1) Ceux-ci reçoivent bien en effet, dos fibres visuelles, mais des-
tinées surtout aux actions réflexes. Avant d attribuer 1 amaurose a la lésion des tubercules quadrijumeaux, il faudrait voir si les autres noyaux visuels (corps gcnouillé externe, pulvinar) sont sains. H est possible aussi que les tumeurs dos tubercules quatrijumeaux déterminent de l'amaurose par le processus suivant : compression de la veine do Galion, hydrocéphalie et dilatation du 111° ventricule, compression du chiasma. ^ o
(2) Bechterew, iVfvrot 0(j iteheski Vcslruck, 18!)G, vol. 111, n -, p. 145. '
un sommeil invincible (observation du nommé Peyrot, de Gayet) (1).