C. — Hémorrhagies intracrâniennes non traumatiques
Parmi les hémorrhagies intracrâniennes non traumatiques, deux variétés ont donné lieu à des interventions chirurgicales ; ce sont la pacbyméningite interne hémorragique et l’hémorrhagie cérébrale.
On peut dire dès à présent que le traitement de la pacbyméningite est exclusivement chirurgical et que dans les
cas encore rares où il a été appliqué, ce traitement a donné les meilleurs résultats.
En ce qui concerne l’hémorrhagie cérébrale, les résultats chirurgicaux, quoique moins brillants, sont encourageants. Nous reproduisons les conclusions de Chipault à ce sujet.
« 1" On liera la carotide aux individus qui ont eu déjà « de légères hémorrhagies cérébrales, pour en éviter de « graves.
« 2° On ouvrira, évacuera et tamponnera, sans attendre, « les foyers hémorragiques, chez les individus qui, sans « avoir eu d’ictus ou après un ictus léger, présentent une « hémiplégie dont l’intensité s’accroît lentement ou par « saccades ; dans ce but, on interviendra, au niveau de la « zone motrice, en allant jusqu’à la capsule externe : si l’in- « lervention trouve le foyer, elle pourra fort bien limiter « les lésions aux lésions immédiates et supprimer les lésions « secondaires, compressives ou destructives ; si elle ne « trouve rien, elle aura appris, sans rien aggraver, qu’il « s’agit d’une hémorrhagie des noyaux gris ou du bulbe, « contre laquelle on ne peut décidément rien. »
D. — Tumeurs intracrâniennes
Contre les tumeurs intracrâniennes le chirurgien peut et doit intervenir. Les chances de succès opératoire et de guérison sont naturellement d’autant plus grandes que la tumeur est plus petite et mieux limitée ; c’est dire que les malades atteints de tumeurs doivent être adressés au chirurgien dès que le diagnostic est fait. Il n’y a guère que contre le syphilome que le traitement médical soit de mise et encore faut-il, pour être autorisé à le prolonger, qu'il ait déjà produit une amélioration très nette au bout de six semaines.
La conduite du chirurgien doit d’ailleurs varier selon les cas.
TRAITEMENT CHIRURGICAL
S’il résulte de l’examen du malade, que l’on se trouve en présence d’un néoplasme secondaire, de tumeurs multiples ou d’une tumeur siégeant en un point inaccessible, il faudra se borner à une intervention décompressive, trépanation crânienne. Dans les cas de tumeur cérébrale, la ponction lombaire s’est montrée particulièrement dangereuse.
S’agit-il au contraire d’une tumeur unique, localisée en un point accessible, il faut aller à sa recherche. Si la trépanation exploratrice pratiquée en bon lieu ne fait rien découvrir, on aura néanmoins réalisé de la décompression. Si la tumeur est découverte, s’il s’agit d’une tumeur des enveloppes, d’un néoplasme circonscrit et peu pénétrant du cortex, on l’extirpera ; si au contraire le néoplasme se montre diffus, volumineux, incomplètement enlevable, on ne fera aucune tentative d’extirpation ; tout au plus ponctionnerat-on un kyste, curettera-t-on un gliome ramolli.
L’intervention se fait en deux temps pour éviter le shock: dans une première séance on pratique la brèche osseuse ; dans une seconde on recherche la tumeur et on la traite.