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DIAGNOSTIC DU TABES

L examen méthodique, tel que nous l’avons exposé dans la première partie, fait découvrir quelques-uns des symptômes suivants :

I. Troubles de la motilité: Pas de paralysies, sauf dans la période ultime où il peut y avoir des paralysies et des atrophies. Diminution très marquée du tonus musculaire ; mouvements involontaires par ataxie du tonus (Grasset).

II. Troubles delà sensibilité : Sensibilité cutanée faiblement troublée. Sensibilités profondes très atteintes. Du coté des yeux : paralysies oculaires passagères et cura-

(1) Gazette hebdomadaire, 17 juillet 1898, n" 37, p. 073.

blés i\ la période de début, permanentes à la période ultime; myosis ; signe d' Argyll Robertson ; atrophie de la papille (une atrophie complète de la papille avec myosis est presque pathognomonique).

Diminution de l’acuité auditive, vertiges, troubles de l'olfaction et de la gustation.

III. Troubles des fonctions de relation : Assez souvent ictus apoplecti forme, plus rarement ictus vertigineux, quelquefois ictus laryngé. Signe de Romberg. Démarche tabétique. Incoordination des mouvements commandés. Assez souvent troubles psychiques.

IV. Troubles des fonctions de la vie organique. Abolition des réflexes rotuliens, d’Achille, du réflexe plantaire. Troubles trophiques : éruptions, purpura, modifications de l’épiderme, des ongles, mal perforant, arthropcithies, ostéopathies, fractures spontanées. Troubles sécrétoires divers, crises gastriques, crises intestinales, crises rectales, crises vésicales, vaginales.

Traitement du tabes (I).

i" En présence d’un tabétique, au début, toujours prescrire le traitement mixte de la syphilis. Il est bien certain que tous les tabes ne sont pas d'origine syphilitique. Il est bien certain, d’autre part, que le traitement mixte est peu efficace sinon inefficace contre les lésions para-syphilitiques. Néanmoins l’expérience démontre que certains tabétiques en retirent un avantage net. D’autre part les trois quarts au moins des tabétiques étant des syphilitiques, il y a avantage à prescrire le traitement, au moins pour prévenir les manifestations ultérieures de la diathèse, la paralysie générale, par exemple.

Le traitement mixte sera suivi au moins pendant trois

(I) Voy. Grasset . Presse médicale, 1897. 9 ort., p 217.

DU PROTONEURONE SENSITIF 439

mois. Il sera énergique (voy. traitement de la syphilis des centres).

2° Les autres traitements curateurs du labes, l’azotate d’argent, le chlorure d’or, l’ergot de seigle, le cyanure d’or et de potassium ont une valeur plus que douteuse.

L’iodure, à la dose de 1 gr. en lavement dans une infusion de valériane doit être employé « à titre de résolutif général et comme l’altérant de choix destiné à enrayer le traitement de la sclérose » (J. Teissier).

3° L’élongation des nerfs est abandonnée, et a été remplacée par l'élongation de la moelle qui paraît utile dans un grand nombre de cas. Deux procédés pour la pratiquer.

a) La suspension (Motschutkowsky) sera pratiquée de la façon suivante: un appareil de Sayre est solidement suspendu au plafond ; après avoir placé le malade, ajusté les courroies de façon que le poids du corps soit supporté en haut par la nuque et le menton, plus bas par les épaules, tirer sur la poulie jusqu’à ce que le malade ne touche plus terre que par la pointe des gros orteils. Une séance tous les jours, durée 30 secondes au début ; élever peu à peu jusqu’à 4-5 minutes à mesure que la suspension est mieux supportée, régler les courroies de façon à ce que le poids du corps soit supporté davantage par la nuque, moins par les épaules.

La suspension se fera toujours en présence du médecin.

Elle sera contre-indiquée par les troubles cardio-vasculaires, et la tendance aux ictus.

b) Le malade est assis sur une table spéciale (Gilles de la Tourettc et Ghipault) sur laquelle les jambes sont fixées étendues: le tronc est progressivement fléchi en avant, de façon à innerver fortement la colonne en avanl. Ce mouvement est favorisé par l’hypotonie.

4° Les prescriptions hygiéniques tiendront une grande place dans le traitement du tabes : elles se résument en quatre mots : vivre comme un vieux (Erb). Vie absolument rpglée, pas de surmenage d’aucune sorte, pas de veilles, pas de

préoccupations, pas d’excès, régime sobre et régulier. Fuir toutes les causes d’excitation.

5° Le traitement de l’état général doit aussi préoccuper le médecin. Le tabétique est le plus souvent un arthritique qui a fait de la sclérose un peu partout. Les alcalins, l’arsenic, la lithine, le traitement hydro-minéral auront leurs indications.

6° Enfin s’il ne peut guérir le médecin pourra toujours soulager.

La rééducation, telle que nous l'avons exposée, est presque un traitement curateur, elle procure parfois une véritable guérison clinique. Elle a fait marcher des malades confinés au lit depuis des mois.

Le traitement des douleurs fulgurantes et des crises viscéralgiques n’est pas moins précieux à connaître : opium sous toutes ses formes ; antipyrine, acétanilide, phénacétine, exalgine, laclophénine, pointes de feu, eau chaude, réfrigération locale, etc.

Contre les crises gastriques : repos, diète, bicarbonate chez les hyperpeptiques ; aconitine, hyosciamine, bromure de strontium, extrait de cannabis indica, cocaïne, perles d’éther, salicylale de soude ou de lithine.

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