I. — ENCÉPHALITES AIGUES
Elles sont encore très mal connues et on peut dire qu’elles ne sont à peu près jamais diagnostiquées.
Chez l’enfant elles se traduisent par des convulsions, un état fébrile dont on ne découvre pas la cause, puis ou bien l’enfant semble guérir et fera plus tard une encéphalopathie chronique, ou bien tombe dans le coma et meurt.
Chez l’adulte l’encéphalopathie aiguë apparaît à peu près toujours dans le cours d’une maladie infectieuse et se confond avec les symptômes de celle-ci : délire diffus, convulsions, coma, mort.
Traitement. Le même que pour les méningites.
IL — ENCÉPHALITES CHRONIQUES
Nous rangeons sous cette rubrique toutes les cérébropa- Ihies organiques de l 'enfance, non pas qu’elles soient toutes dues a de I encéphalite et à la sclérose consécutive, mais parce qu il est le plus souvent impossible de faire un diagnostic précis. Qu’il soit dû à un arrêt de développement, à des lésions vasculaires, à des lésions des méninges épeiulymaires ou à de l’encéphalite, le tableau symptomatique peut être identique.
Chez I adulte I encéphalite chronique est représentée par la paralysie générale.
Chez le vieillard par le cerveau sénile.
•L Roux. — Maladies nerveuses 26.
— Cérébropathies organiques de
l’enfance.
Anatomiquement : Arrêts de développement : porencéphalie vraie, développement incomplet du FPy ; lésions vasculaires, hémorrhagies méningées, porencéphalie fausse; inflammation et sclérose d’origine infectieuse ou toxique : sclérose cérébrale, hydrocéphalie.
Cliniquement : Types cliniques divers, mais avec des formes de transition si nombreuses que l’on ne peut que mettre les cas en série.
a) Rigidité spasmodique généralisée (Maladie de Lit lie).
b) Rigidité avec paralysie des membres inférieurs.
c) Diplégie spasmodique.
d) Hémiplégie spasmodique.
e ) Chorée spasmodique.
f) Athétose.
g) Idiotie.
Caractères communs : 1° Troubles moteurs caractérisés surtout par de l’hypertonus, de l’exagération des réflexes dans tous les cas — par des phénomènes parétiques dans les cas (b c d) — par des mouvements anormaux dans les cas ( e f) — par des accès convulsifs pouvant exister ou manquer dans tous les cas (1).
2° Absence totale de troubles de la sensibilité.
3° Troubles intellectuels existant presque toujours, mais variables suivant les cas.
4° Début dès la naissance ou dans les premiers mois.
(1) Ges accès épileptiformes n’existent pas en général ilans la première forme, dans la maladie do Little. Dans les autres cas, ils peuvent exister : d’après liournevillo et Wuillamicr, ils se distingueraient do l'épilepsio vulgaire : a) l’existence d’une aura est la règle ; b) cri initial très rare; c) convulsions souvent partielles; d) pas do perle do connaissance, pas d’écume sanglante, pas d’évacuations involontaires ; e) terminaison brusque sans slcrtor ni coma.
LES ENCÉPHALITES
Maladies de la mère, accouchement laborieux, forceps, circulaire du cordon (t), naissance avant terme, maladie infectieuse de la première enfance, etc.
5° Développement physique et intellectuel lent et incomplet. — Arrêt de développement des membres paralysés.
Remarque. — Les lésions sont très variées, la syinplomologie aussi. Mais étant donné un type clinique, il est impossible de dire quelle est la lésion. Inversement étant donné la lésion, il est impossible de reconstituer le type clinique.
Traitement des cérébropathies infantiles.
Nous ne pouvous rien sur l’évolution des lésions, sauf dans le cas où elles sont d’origine syphilitique (Voy. plus loin).
Il faut apprendre à l’enfant à se servir le mieux possible de ce qui lui reste de substance cérébrale et pour cela l'éducation est tout. 11 faut éduquer les fonctions organiques de 1 enfant, I ui apprendre à manger, à se tenir propre. Il fau t une longue patience pour lui apprendre à coordonner quelques mouvements volontaires; à se tenir debout, à marcher. La parole, les fonctions psychiques pourront aussi s’éveiller lentement. Le meilleur éducateur c’est la mère, lorsque celle-ci en est capable et est soutenue par suffisamment d’amour maternel ; le fait est rare.
Le traitement chirurgical pourra souvent être appelé au secours de l’éducation pour enlever les barrières qui s’opposent â celles-ci (contractures, rétractions fi bro-lendineuses).
IL — Paralysie générale.
Il existe deux types de paralysie générale : celui q voit dans les hôpitaux, celui qu’on voit dans les asiles liénés.
u'on
(I) Voy. P. Tissior, Thèse Paris, 1899.
1° La paralysie générale qu’on voit dans les hôpitaux est d’un diagnostic relativement facile : le plus souvent le malade ne se plaint d’aucun trouble psychique, son entourage u’a rien signalé à ce point de vue; l’attenlion est surtout attirée vers les troubles moteurs, sensitifs, trophiques. L'examen révèle quelques-uns des signes suivants :
A. Examen de la motilité. Affaiblissement général sans paralvsie localisée ; tremblement fin et rapide des membres inférieurs, surtout des membres supérieurs ; écriture tremblée caractéristique; tremblement spasmodique des muscles de la face, tremblement de la langue, embarras de la parole ; quelquefois mouvements pseudo-choréïques.
B. Examen de la sensibilité. Troubles subjectifs, paresthésies, fourmillements; signe de Biernacki; douleurs fulgurantes ; paralysies oculaires, inyosis ; signe d’Arygll ; immobilité complète de la pupille, inégalité pupillaire, atrophie de la pupille. Troubles subjectifs ou objectifs des autres organes des sens.
C. Fonctions de relation. Souvent un ou plusieurs ictus suivis ou non d’hémiplégie ; quelquefois troubles tabétiques de la marche et de la station debout; dysarthrie très prononcée, quelquefois paragraphie; quelquefois aphasie.
1). Fonctions organiques. Très grande importance de Yinégalitè des réflexes rotuliens en l’absence d’hémiplégie ou d’ictus antérieurs ; le plus souvent exagération des réflexes, trépidation épileptoïde, exagération des réflexes du membre supérieur, du réflexe massétérin (I). État variable des réflexes cutanés. Dénutrition souvent énorme. Quelquefois troubles trophiques divers.
E. Examen psychique. Ne révèle souvent que la diminution de la mémoire et l’affaiblissement intellectuel.
B. — La paralysie générale des hôpitaux évolue iapidement, ne dure guère plus de 3 ans en moyenne.
(1) C’est la fréquence de ces symptômes spasmodiques qui a fail dire que la paralysie générale était un (abcs moteur (Pierrot).
LES ENCEPHALITES
2° Je ne connais pas de diagnostic plus difficile que celui de la paralysie générale des asiles.
[.à, les troubles mentaux dominent la scène au début et se présentent soit comme de l’excitation maniaque, soit comme de la dépression mélancolique, soit comme délire de persécution, beaucoup plus rarement au début comme délire des grandeurs.
Cependant déjà l’atypie de ces tableaux symptomatiques, le mélange de symptômes appartenant à des psychoses diverses, l’absence d’étiologie nette, l’existence de causes de paralysie générale, de la syphilis surtout, éveille l’attention.
C’est alors qu’on doit procéder à un examen absolument complet, à une recherche minutieuse des signes somatiques énumérés plus haut. Bien heureux si on peut en réunir deux ou trois.
L'évolution elle-même ne peut toujours préciser le diagnostic. La paralysie générale la plus légitime peut en effet présenter des rémissions absolument complètes de très longue durée. Si la mort survient dans l’intervalle, dira-ton qu’il ne s’agissait pas de paralysie générale ?
La paralysie générale des asiles peut durer 15 et 20 ans.
Traitement de la paralysie générale
Bans tous les cas au début, sans exception, instituer le traitement spécifique et cela pour les mêmes raisons que dans le tabes.
La paralysie générale s’associant souvent au tabes, eu tout cas présentantavec lui une parentéétiologique certaine, tout ce que nous avons dit du traitement hygiénique et médicamenteux du tabes, s’applique ici.
Ce n’est pas seulement en instituant un traitement souvent inefficace que le médecin sera le plus utile, c’est en sachant porter un diagnostic et un pronostic exact et en no
i,;,i DIAGNOSTIC DES LÉSIONS DIFFUSES
cachant rien à la famille ; c’est sur ses indications que les proches prendront des mesures de sauvegarde sociale. Mais il faut être très sûr de son diagnostic et ne pas perdre de vue la possibilité de très longues rémissions.
La découverte d’une paralysie générale dans une famille impose au praticien une lourde responsabilité.
Il va sans dire que si la paralysie générale paraît s’être développée sous l’influence d’une intoxication (plomb, alcool) il faut tout d’abord supprimer celle-ci.
G. — Cerveau sénile.
Se caractérise par la démence pure et simple, l’abolition progressive et plus ou moins complètede toutes les facultés supérieures, pour aboutir à la vie végétative simple et au gâtisme.
Celte évolution progressive est souvent troublée par des poussées délirantes : un peu d’excitation maniaque, quelquesidéesde persécution basées sur l’égoïsme le plusféroce, des idées de grandeur enfantines.
Souvent il vient s’y ajouter des symptômes de lésions en foyer dus à des ramollissements multiples.
Traitement. Recueillir le malade, le laisser jouir, dans les meilleures conditions possibles, de l’étincelle de vie qui lui reste.