INDIVIDUS NON PRÉDISPOSÉS
A. — Troubles fonctionnels d’origine chimique
Peuvent atteindre toutes les fonctions, motilité (paralysies, contractures, crises convulsives...) sensibilité (anesthésies, douleurs, hallucinations...) fonctions de relations (ictus, troubles de la marche, de la station debout, du langage, délire...)
Leur caractéristique, c’est surtout leur mobilité, leur disparition avec la cause.
Il suffira de rechercher les différentes causes d’intoxication :
a) Microbiennes : toutes les maladies infectieuses.
b ) Exogènes : intoxication alimentaire, alcoolique, accidentelle, médicamenteuse, criminelle.
c) Endogènes : auto-intoxications rénale, hépatique, digestive, diabétique, goutteuse...
B. — Troubles fonctionnels d’origine dynamique
Sont rares chez les individus non prédisposés, ou plutôt ne deviennent pas permanents, cessent avec la cause.
Là où un prédisposé fait de la neurasthénie par surmenage, un sujet sain fait de la fatigue simple ; là où un prédisposé fait de la mélancolie ou de la neurasthénie par chagrins violents, un sujet sain fait de la tristesse simple ; un sujet sain se ressent peu d’un schock traumatique, un prédisposé fera de la névrose traumatique...
Les troubles fonctionnels chez les individus non prédisposés sont d’un diagnostic facile, car : 1° il faut une cause intense, et celle-ci passe difficilement inaperçue ; 2° ils disparaissent avec la cause.
Lorsque la cause persiste très longtemps, aux troubles fonctionnels font suite des lésions organiques, et le diagnostic de celles-ci rentre dans le chapitre précédent. Ces lésions
persistent et peuvent même s’accentuer alors que la cause a disparu.
II- — Troubles fonctionnels chez des individus prédisposés. Névroses.
(Suivant la part du terrain = système nerveux anormal dans un milieu normal — système nerveux anormal dans un milieu anormal ).
La prédisposition, les modifications du terrain impriment ici une allure particulière aux troubles nerveux, ce qui a permis de les grouper en syndromes répondant probablement. chacun à des modifications particulières du système nerveux. Ce sont ces syndromes qui(constituent les névroses. Nous'étudierons successivement :
1° L’hystérie.
2° La neurasthénie.
3° L’épilepsie.
4° La chorée.
5° La dégénérescence mentale.
Le diagnostic comprend trois parties distinctes : 1° La malade est-elle une hystérique ? 2° Quelle est la cause de la maladie ? 3° Quelle est la cause des accidents ?
lu La malade est-elle une hystérique?
Pour répondre à celte question on se basera sur :
A. I .'analyse des symptômes. L’hystérie peut donner ou simuler la presque totalité des symptômes étudiés dans la 1ro partie. Nous avons indiqué les caractères qui permettent
HYSTERIE
quelquefois de dire qu’un symptôme appartient à l’hystérie (Voy. lre partie).
B. La discordance des symptômes. Dans les lésions organiques, les symptômes concourent lous vers un même diagnostic. Dans l’hystérie il est fréquent d’observer des symptômes discordants, l’un supposant une lésion d’un système ou d’une région, l’autre supposant l’intégrité de ce svstème ou de cette région.
G. L 'atypie des syndromes : l’hystérie peut simuler la plupart des maladies organiques, mais le plus souvent la simulation est incomplète ou grossière ;il manque des symptômes importants ou bien il s’en surajoute qui ne devraient pas exister.
Il y a simulation grossière par exemple lorsqu’un hémispasme facial fait croire à une paralysie faciale du côté opposé.
Il y a simulation incomplète quand, par exemple, avec une amaurose unilatérale complète, la vision binoculaire subsiste (Voy. p. 130).
D. L 'évolution des accidents : la brusquerie d’apparition ou de disparition ; l’évolution capricieuse, l’absence de tenue des accidents ; la substitution d'un accident à un autre.
E. L’existence des symptômes caractéristiques qu’on appelle stigmates.
Nous ne pouvons que les énumérer (1) dans l’ordre où les fait découvrir l’examen.
1° Motilité. Paralysies hystériques avec les caractères que nous leur avons assignés (p. 304). Contractures. Tremblement hystérique (p. 69). Ilémichorée hystérique. Crises convulsives (p. 73).
2° Sensibilité, a) Générale, llypéresthésies, zones hystérogènes. Anesthésies (p. 371), sensations viscérales: houle (spasme du pharynx ou de l’œsophage), fausse angine de poitrine ; gastralgie, ovarie.
(1) La plupart ont déjà été décrits dans la première partie.
b) Vision. Tremblement vibratoire des paupières les yeux fermés, spasmes de l'accommodation (macropsie, micropsie, polyopie) ; rétrécissement du champ visuel sans diminution de l’acuité, dyschromatopsie, amblyopie et amaurose.
c) Surdité hystérique.
d) Hémianesthésie sensitivo-sensorielle.
315 Fonctions de relation. Ictus, narcolepsie, aslasieabasie, mutisme hystérique, agraphie pure, rêve hystérique continuateur de la crise.
4° Fonctions de la vie organique. Réflexes rotuliens exagérés avec absence des réflexes plantaires ; pseudo-trépidation épileptoïde (voy. p. 215) ; anesthésie conjonctivale et pharyngée ; troubles trophiques.