Types frustes d’insuffisance thyroïdienne
1° Infiltration myxœdémateuse sans troubles intellectuels — ou au contraire troubles intellectuels sans infiltration myxœdémateuse.
Brissaud a essayé de rattacher la première de ces formes à l’insuffisance thyroïdienne, la seconde à l’insuffisance parathyroïdienne.
2° L’infantilisme, quelle qu’en soit la forme, serait toujours dû, d’après llertoghe, à l’insuffisance thyroïdienne.
3° L’athyroïdie chirurgicale peut se traduire par des phénomènes convulsifs : tétanie strumiprive.
4U Certaines formes de lipomatose, en particulier l’adiposis dolorosa do Dercum, paraissent dues à l’insuffisance thyroïdienne.
MYXŒDÈME
TV. — Traitement de l’insuffisance thyroïdienne
Un seul, restituer à l'économie les principes qui lui manquent. Soit :
a) Ingestion de corps thyroïde frais : choisir le mouton, commencer par 1/2 ou 1 lobe par jour, puis deux lobes; ingestion en nature coupée en petits morceaux, roulés dans du sucre, haché menu ou râpé et mélangé à du bouillon, de la confiture, une purée de légumes, etc., etc... ; légèrement frit à la poêle.
b) Ingestion de tablettes de corps thyroïde : il existe actuellement un très grand nombre de préparations ; les plus sûres paraissent être celles préparées suivant la formule donnée par Baumann = thyroïdine de Baumann, commencer par une tablette, puis élever progressivement jusqu’à 6 ou 7 et plus.
c) Injection sous-cutanée d’extrait thyroïdien : c’est le procédé le plus sûr, mais d’une application difficile en dehors de l’hôpital.
N- B- — Pendant toute la durée du traitement, surveiller étroitement le malade, surtout aux points de vue suivants :
a) rapidité du cœur au repos et après un léger exercice;
b) élimination de I azote urinaire (désassimilation des albuminoïdes).
S il se produit de la tachycardie avec ou sans autres symptômes basedowiens (tremblement, exophtalmie, I roubles vaso-moteurs, etc., etc.); s’il y a une désassimilation exagérée des albuminoïdes, cesser le traitement.
2o DIAGNOSTIC ET TRAITEMENT DU GOITRE
EXOPHTALMIQUE. PERVERSION THYROÏDIENNE (1).
1° Syndrome basedowien
A. Augmentation de volume du corps thyroïde, qui est mou, très vasculaire, animé de battements, en partie réductible.
B. Exophtalmie le plus souvent bilatérale, en partie réductible. Signe de De Grafe : asynergie des mouvements du releveur de la paupière et du droit supérieur. Signe de Joiïroy : asynergie des deux muscles précédents avec le muscle frontal, dans Pacte de regarder au plafond. Signe de Mœbius : insuffisance de convergence. Signe de Ballet : ophlalmoplégie.
G. Tachycardie souvent considérable; P = 120, 140 et plus. Quelquefois dilatation du cœur. Exceptionnellement asystolie.
D. Tremblement en masse des bras étendus, rapide, menu, fin.
2° Types cliniques.
A. — Syndrome basedowien symptomatique
a) d'une lésion thyroïdienne locale : basedowisme secondaire au cours d’un goîlre, et même avec myxœdème ;
b) d’unelésion locale à dislance : syndrome de basedow guéri par une intervention sur le nez (Hack), ou sur les voies lacrymales (Berger), par la guérison de lésion utérine (l’icqué), ou annexielle (Bouilly), survenue au cours d’une aortite (Potain) ;
(1) Nous disons perversion thyroïdienne ol non hyperthyroïdisme, car l'excès de sécrétion n’est pas démontré.
GOITRE EXOPHTALMIQUE 519
c) d'une lésion nerveuse : syndrome de basedow dans le tabes, dans la sclérose en plaques (voy. p. 340);
d) d'une maladie générale : syndrome de basedow dans la chlorose.
B. — Goitre exophtalmique névrose
En dehors des symptômes cardinaux énumérés plus haut, il y a un grand nombre d’autres symptômes.
Ces symptômes paraissent dus à une substance toxique spécifique d’origine inconnue portant successivement son action :
1° Sur le système nerveux de la vie organique (dénutrition), les vaso-moteurs (vaso-dilatations, hypotension artérielle, dilatation des vaisseaux du cou et du corps thyroïde) , les nerfs splanchniques (tachycardie, troubles des sécrétions digestives, rénales, hépatiques).
2° Sur les centres médullaires : hyperesthésies, névralgies, effondrement des jambes, paraplégie basedowienne.
3° Sur le bulbe : tachycardie, glycosurie, albuminurie, ophtalmoplégie, etc.
4° Sur l’encéphale : hémiplégie, troubles psychiques.
3» Traitement du goitre exophtalmique
1° S’il s’agit d’un syndrome basedowien symptomatique, supprimer la cause.
2° Contre la maladie de Basedow, névrose, le traitement médical est assez restreint.
L’hydrothérapie froide prudemment maniée a donné de bon s résultats et c’est par elle qu’il faut commencer.
L’iodure est donné à très fai blés doses par Potain (0,10 à 0,20 cg.) ; à doses plus élevées par S. I. Tchiriev de Kiev (0,75 à 1,50) qui prescrit en même temps tous les jours ou tous les deux jours : badigeonner à la teinture d’iode la
face antérieure et les faces latérales du cou, puis appliquer une large compresse humide recouverte d’une toile imperméable.
Dieulafoy conseille l’ipécacuanha (0,12-0,18 cgr. de poudre) associé à la digitale.
G. Sée donne le veratrum viride (10 gouttes de teinture).
Les bromures, l’arsenic (Renaut), les toniques généraux associés au repos peuvent avoir leurs indications.
Malgré quelques succès (Voisin, Bruns, Reinhold,Reclère, Bogroff, Devay, Eulenburg, Odilon Martin, Weiller), la médication thyroïdienne n’est pas à essayer.
L’intervention chirurgicale est justifiée dans un grand nombre de cas, lorsque le traitement médical a échoué ou qu’il existe des symptômes immédiatement menaçants.
Les opérations sur le corps thyroïde (thyroïdectomie partielle, énucléation des kystes, exothyropexie...) ne sont plus conservées que pour les cas où il s’agit de syndrome basedowien secondaire, de goitres basedowifîés.
Les opérations sur le sympathique cervical (section ou résection) ont donné un grand nombre de succès. Leur action sur l’exophtalmie est inconteslable et constante; leur indication est urgente dans les cas ou l’exophtalmie est considérable, et le globe oculaire menacé detroubles trophiques, et de fonte purulente. Leuraction sur les autres symptômes, quoique moins constante, est cependant assez nette pour justifier leur indication : a) lorsque le traitement médical s’est montré impuissant ; b) lorsqu’il s’agit d’uneforme grave immédiatement menaçante ; c) lorsque le malade réclame lui-méme l’intervention.