LES TICS
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d'une mauvaise habitude, de la répétition du môme acte, mais sans caractère impulsif ni obsédant ; la volonté peut les réprimer sans qu’il eu résulte aucun malaise.
13. — Tics survenant sur un terrain spécial, accompagnés d’autres symptômes.
1° Dans le cas le plus simple, ce sont tous les tics précédents, simplement favorisés par leur éclosion, et leur persistance, par un terrain de dégénérescence (cas de Noir).
La volonté peut encore avoir une influence, mais beaucoup plus difficilement.
Le tic mental de Brissaud, le spasme polygonal postfonctionnel de Grasset, dénote déjà une atteinte plus profonde du terrain.
Dans le torticolis mental de Brissaud par exemple, la tète tourne invinciblement sans que le malade puisse l empêcher, et s il essaye de résister il éprouve un grand malaise, de l’angoisse. Si l’on essaye de replacer la tête dans la rectitude on éprouve une résistance invincible.
Mais le malade peut encore résister à sou tic à l’aide d un ai 1 1 Lice . il lui suffit de placer le doigt sur le menton pour empêcher le mouvement de se produire : il s’agit là évidemment d’une influence psychique.
Le tic mental se distingue nettement du tic d’habitude, par son caractère impulsif et angoissant.
3» Un degré de plus, c’est la maladie de Gilles de laTourette (1), dans laquelle les tics ontplus nettementencore un caractère impulsif, et s’étendent aux centres du langage. L’écholahe et la coprolalie observées par Gilles de la Tourette ont en effet la valeur de tics du langage. Ces tics ont de plus un caractère obsédant manifeste : si le malade essaye de résister à l’impulsion qui le pousse à dire un mot ordu-
(I) Gilles tic la Tourelle, Elude. sur une affection nerveuse caraelensee par de incoordination motrice accompagnée d'ée.liolalic et. de coprolalie (Arcli. tlo Ncur., 1885, t. IX, p. 1 9-1 59 .
•I Doux.. — Maladies nerveuses l
rier, il éprouve un sentiment d’angoisse tellement profonde qu’il ne peut résister.
Quelquefois les tics peuvent alors prendre l’aspect de mouvemenls cloniques : c’est la chorée variable des dégénérés (voy. plus loin).
3° Un degré de plus encore et nous voyons le terrain devenir de plus en plus pathologique : les malades présentent des obsessions, des phobies, des impulsions, des stigmates de dégénérescence (Charcot, Guinon) (I).
4° Enfin au dernier échelon nous tombons dans l’imbécillité et l’idiotie.
a) Idiots éprouvant un plaisir à se cogner, se frapper, se mordre (krouornanie de Roubinowitch).
b) Imbéciles accomplissant sans fin le môme mouvement : acte de rouler un morceau de bois, de ficelle, etc.
c) Idiots aveugles exécutant des mouvemenls rapides avec leurs doigts devant leurs yeux.
d) Idiots sauteurs, grimpeurs, tourneurs, etc., etc.
4° Mouvements choréiques. — Contractions musculaires, cloniques, irrégulières, illogiques, ne répondant à aucun mouvement coordonné, se produisant au repos et pendant les mouvements; gênant la marche et tous les mouvements ; augmentées par l’émotion, cessant pendant le sommeil ; pouvant atteindre tous les muscles de l’organisme.
La chorée rythmique est celle dans laquelle les mouvements suivent un rythme plus ou moins régulier.
La chorée molle s’accompagne de faiblesse et même de paralysie.
L’hémichorée n’atteint qu’un côté du corps.
5“ Mouvemenls athétosiques. — Les mouvemenls alhétosiques sont également le résultat de contractions muscu-
(1) Il est probable que c’est à cet échelon qu'il faut placer les cas exotiques insuffisamment connus : Jumping «lu Maine, Latali «les Malais, Myriachytz (voy. Le Lalali maladie mentale des Malais, Journal of Mental sciences, janvier 1897.
MOUVEMENTS ATHÉTOSIOUES 67
litires involontaires, irrégulières, illogiques, se produisant au i’epos et pendant les mouvements, pouvait t atteindre tous
Fig. 7 et 8. — Attitudes cl mouvements athélosiques.
les muscles, mais surtout ceux des extrémités. Ils se distinguent des mouvements choréiques: a) par l’amplitude exagérée des mouvements, l’excursion des divers segments du membre les uns sur les autres, est poussée à ses der-
nières limites ; il en résulte des altitudes bizarres qui sont absolument caractéristiques (fig. 7 et 8).
b ) Car la lenteur de ces mouvements qui contraste avec la brusquerie des mouvements choréiques ; cette lenteur a été comparée à celle des mouvements de reptation.
6° Les tremblements. — On a essayé des tremblements diverses classifications, basées sur leur caractère intentionnel ou non, sur la fréquence de leurs vibrations, etc. Nous nous contenterons de les décrire tels qu’ils se présentent à l’examen .
A. luEMHLEMENTS APPARENTS AU PREMIER EXAMEN