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DIAGNOSTIC ANALYTIQUE

1er cas : aphasie motrice

Voici le cas le plus ordinaire: appelé auprès d’un malade, on le trouve bredouillant des sons inarticulés ou des mots bizarres sans signification, ou encore des mots normaux,

FONCTIONS DE RELATION

A. — S’agit-il d’aphasie motrice ?

a) L'interrogatoire de l’entourage, l’évolution des accidents, l’aspect du malade, sa conduite, ses actes, tout indique si l’on a affaire ou non à un trouble psychique, se traduisant par un trouble du langage (v. plus loin).

j3) L’examen des lèvres, de la langue, du pharynx nous montre qu’il ne s’agit pas d’une paralysie des organes périphériques de la parole.

y ) Dans le cas où il s’agirait non d’une paralysie des organes de la parole mais d’un trouble dans la coordination de leurs mouvements, il s’agit non pas d’aphasie, mais de dysartlirie qu’il faut bien savoir distinguer.

Dans la dysarthrie, la parole est lente, pâteuse, embarrassée ; les mots très mal prononcés sont à peine distincts. Mais avec de l’attention ils. sont encore reconnaissables : le malade lesarticule mal, mais il ne met jamais un mot, ni une syllabe pour une autre. 11 trouve très facilement tous ses mots, mais il est impuissant à les articuler normalement.

Dans l 'aphasie sans dysarthrie, le malade ne peut trouver les mots qui expriment sa pensée, il dit un mot pour un autre, change une ou plusieurs syllabes dans le corps d’un mot, quelquefois répète indéfiniment les mêmes mots ou les mêmes syllabes. Mais ces mots et ces syllabes employés à tort et à travers sont articulés normalement.

Très souvent les deux troubles coïncident, et il y a à la fois dysarthrie et aphasie.

o) Le mutisme est facile à distinguer de l'aphasie. Dans le mutisme le malade ne fait aucun effort pour parler, l’aphasique, au contraire, fait des efforts et se désespère.

Cependant dans le mutisme hystérique, le malade fait aussi des efforts pour parler. Mais : 1° il y a presque toujours en même temps de l’aphonie, tandis que 1 aphasique n’est pas du tout aphone ; 2° il y a d’autres signes et des stigmates d’hystérie ; le début et l’évolution ont une allure particulière.

LE LANGAGE

Mal gré cela le mutisme hystérique est très voisin des aphasies, et doit peut-être rentrer dans le même groupe.

B. — Il s’agit bien d’aphasie motrice. Quel en est le degré et l’étendue ?

d) Dans l’aphasie motrice totcde, complète, le sujet n’a plus un seul mot à sa disposition. Il n’émet plus que des sons inarticulés, ou des syllabes sans signification.

b) A un degré un peu moindre, le malade a conservé un vocabulaire de quelques mots et les emploie à tort et à travers. Il est encore impuissant à exprimer sa peasée.

c) A un degré moindre encore, le vocabulaire est un peu plus étendu ; le malade peut, en s’aidant de signes, exprimer quelques idées simples. Lorsqu’il veut parler on le voit commencer une phrase, puis s’arrêter cherchant un mot, s’impatientant de ne pas le trouver, disant un mot pour un autre, se reprenant, etc. jusqu’à ce qu'on ait compris et qu’on lui souille ou qu’il trouve spontanément le mot cherché. C’est la paraphasie.

d) D autres fois les mots conservés sont assez nombreux, mais ils sont altérés; le sujet change certains mots ou certaines lettres, sans paraître s’en apercevoir. C’est ce qu’on a appelé la jargonciphasie.

e) Dans certains cas plus rares il y a une certaine systématisation dans les mots conservés ou perdus. Certains malades ont oublié les verbes, ou bien ne les conjuguent plus, parlent nègre, disent par exemple : moi vouloir sortir pou r je veux sortir.

f) Lorsque le malade parle plusieurs langues, il peut perdre la faculté de s’exprimer, en une ou plusieurs, en conservant I autre ou les autres. Dans ce cas ce sont toujours les langues apprises les dernièresqui disparaissent : aphasie des polyglottes (1).

(I) Pitres, Aphasie des polyglottes (Revue de médecine, 181)8).

J. Roux. — Maladies nerveuses m

FONCTIONS DE RELATION

g) Certains malades ne pouvant exprimer leurs pensées, peuvent néanmoins réciter correctement ce qu’ils ont appris depuis longtemps, le pater par exemple. C’est là en quelque sorte un langage réflexe, un mot en appelant, en décrochant un autre.

i) L’intonation qui accompagne et donne de l’expression aux mots, peutêtre conservée ou détruite indépendamment de leur articulation. Tantôt les malades ont conservé l’intonation, la musique, sans les paroles; ils peuvent par exemple fredonner un air sans pouvoir dire les mots (1). Tantôt au. contraire disent les mots, mais ont perdu l’air (Y. amusie).

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