I. — Le langage des gestes
Dans tous les temps, chez tous les peuples, même chez les animaux, les gestes peuvent exprimer la pensée, la communiquer d’un individu à un autre. 11 y a des gestes dont la signification est universelle, comprise de tous les peuples, puisqu’ils ne sont que la représentation directe des objets ou des actes. Il y a des gestes dont la signification est au contraire tout à fait arbitraire, conventionnelle et qui ne sont compris que des initiés.
A. — Amimie réceptive , c’est l’équivalent des aphasies sensorielles : le malade voit les gestes, il n’en reconnaît plus la signification. Elle n’existe jamais seule, et coïncide soit avec I aphasie (1), soit avec la cécité psychique.
(1) Lorsque la surdité verbale ne s'accompagne pas d’amimio réceptive, clic est toujours moins complète : le malade lit les paroles
FONCTIONS DE RELATION
B. — Amimie de transmission ; c’est l’équivalent de l'aphasie motrice, c’est pour le malade l’impuissance à exprimer sa pensée par les gestes, la mimique.
C. — Aphasie de la main droite chez les sourds-muets ( 1 ). — Le langage par gesLes des sourds-muets est un véritable langage analytique, absolu mentsemblable au langage parlé, ou écrit. Le sourd-muet écrit sa pensée dans l’espace, par des gestes fugitifs, au lieu de la fixer sur un plan par des gestes dont le tracé reste.
L’aphasie de la main droite chez les sourds-muets est donc absolument l’équivalent de l’agraphie : sa signification est la môme.
IL — Le langage émotionnel.
Le langage ordinaire a une valeur émotionnelle par les idées exprimeés, l'intonation, les gestes... Cette valeur émotionnelle peut être troublée dans les idées exprimées (V. plus loin troubles psychiques) dans l’intonation, dans les gestes.
L’expression des émotions se fait, en dehors du langage, par les gestes, l’expression de la physionomie, le rire et le pleurer.
A. Rire et pleurer spasmodiques. — Certains malades ne peuventcommanderàces deux actes : leur physionomie reste habituellement immobile, figée, sans aucune expression (masque de la paralysie pseudo-bulbaire...).
Mais lorsqu’on leur parle, qu’on s'occupe d’eux, sous l’influence de la moindre excitation, quelquefois spontané-
sur les lèvres rie son interlocuteur, et supplée ainsi à l’incompréhension des sons. On sait que c’est là d’ailleurs la base de toute une méthode d’éducation des sourds-muets. Cette méthode a aussi été employée dans la rééducation des aphasiques et a donné les meilleurs résultats (Voy. plus loin).
(1) Voy. Grasset, Leçons cliniques, 1898, p. 118 et Progrès médical, 31 oct. 1896, no 44.