III. — Traitement des troubles psychiques
A propos des troubles psychiques se pose la très grave question de T internement. Quand le médecin doit-il conseil-
TROUBLES PSYCHIQUES
1er l’internement d’un malade? Quand, cédant aux sollicitations de l’entourage, peut-il et doit-il délivrer un certificat d’aliénation mentale?
Il est bien certain tout d’abord que sous aucun prétexte il ne faut faire interner un malade délirant sous l’influence d’une maladie infectieuse ou d’une intoxication aiguë. Trop souvent cependant il entre dans les asiles de tels malades. La faute en est à l’enseignement clinique des maladies mentales, qui est très défectueux, pour ne pas dire nul dans la plupart des Facultés; et aussi à l’indifférence des élèves qui se résignent trop volontiers à ne pas savoir un mot des maladies mentales. Lourde cependant pourra être parfois leur responsabilité morale... et quelquefois pécuniaire.
A propos de l’internement des asiles d’aliénés, il existe une loi très sage exigeant, pour que l’autorité ordonne l’internement, que le malade soit dangereux pour l 'ordre, la sécurité ou la morale publique. Et cependant combien de pensionnaires des asiles ne sont nullement dangereux ! C’est qu’en effet, Y internement et Y hospitalisation des aliénés sont deux choses actuellement confondues. Il devrait exister des établissements où l’on inter lierait les aliénés dangereux; des hôpitaux où l’on soignerait les aliénés non dangereux, curables; des hospices où l’on recueillerait les aliénés non dangereux incurables.
Rien de tout cela actuellement, et le résultat est que le plus souvent on est obligé de donner une entorse à la loi. Le médecin praticien est appelé pour un aliéné; il reconnaît un paralytique général, un dément sénile, un déprimé mélancolique...; il n’y a aucun acte, aucune parole justifiant l’épithète de dangereux. Cependant si le malade est pauvre, sans ressources, sans soutien, qu’en faire? Les hôpitaux et les hospices le refuseront comme aliéné. Une seule ressource, c est. de le déclarer dangereux pour la sécurité publique; l’autorité compétente est satisfaite, et c’est ainsi que les asiles se peuplent. Nous ne saurions trop rc- •I. Roux, — Maladies nerveuses \°>
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commander d’être prudent dans la délivrance des certificats d’aliénation mentale.
En attendant l’internement, ou bien si celui-ci n’est pas prescrit, il faut établir auprès du malade une surveillance rigoureuse. S il v a de l’excitation, le malade doit être maintenu sans violence : on a dit beaucoup de mal de la camisole de force; sans doute une cellule bien capitonnée, des aides doux, patients, vigoureux lui sont bien supérieurs. Je ne crois pas qu on puisse toujours se passer des moyens mécaniques de contention et parmi ceux-ci la camisole paraît un des moins mauvais.
Contre 1 excitation violente on donnera le bromure, le chlorate, le sulfonal les bains tièdes prolongés.
Dans la dépression intense, dans la stupeur de la mélancolie ou de la confusion mentale, dans l’anorexie hystérique... il sera quelquefois nécessaire de pratiquer l’alimentation forcée. Voici un moyen très simple et très commode : prendre une sonde molle de Nélaton, l’introduire en entier pir une des fosses nasales; s’assurer qu’elle n’a pas pénétré dans le larynx (toux et suffocation), quelle ne s’est pas repliée dans la bouche ou dans les fosses nasales, qu’elle a bien pénétré dans l’œsophage. Par cette sonde, à l’aide d une seringue à hydrocèle, ou bien d’un entonnoir et d’un tube en caoutchouc, introduire des aliments liquides Ils pénètrent très facilement de l’œsophage dans l’estomac; s’arrêter s’il se produit des vomissements ou de la suffocation.