‹ Diagnostic et traitement du cancer de l'estomacChapitre 1 sur 47 · B, RUE DU DOC · texte numérisé non relu

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1] notre affection pour sa personne, en même temps que nos remerciements les plus sincères pour son enseignement de tous les jours, d’une activité infatigable et primesautière, et la constante bienveillance qu'il n’a cessé de nous témoigner. ï'est le résultat de ces études que nous donnons aujourd'hui. A la poursuite d'un signe pathognomonique, nous allons parcourir tous les moyens, cliniques ou autres, mis en œuvre pour arriver à cette découverte. « L'identité du but, a dit Rivarol, est la preuve du sens commun parmi les hommes; la différence du moyen est la mesure des esprits. « — (C'est ainsi que nous serons amené à prendre chaque symptôme en particulier, et à en discuter la valeur; puis, laissant de côté la clinique, nous étudierons les théories de Rommelaëre sur la diminution de l’urée dans le cancer, — les modifications du suc gastrique dans les cas de cancer, avec les bizarres procédés d'extraction que nous avons vus employer en Allemagne. Ce défilé terminé sans apporter de solution précise, nous serons — par une pente fatale de l'esprit — amené au scepticisme en matière de diagnostic, non à la négation, mais au doute. Et ce doute ne sera pas un : que sais-je! indifférent, mais un doute armé de la thérapeutique, faite avec tact et persévérance. Ce seul moyen éclaircira souvent le diagnostic, et nous permettra d’apporter aux malades, toujours le soulagement, et souvent la guérison d’affections considérées à tort comme des cancers. Qu'on ne s'étonne pas de ne pas nous voir donner de conclusions. Que servirait-il d'en fournir, puisque la pathogénie du cancer est encore entourée de profondes ténèbres ? C'est cette étude de la pathogénie des diathèses qui a fourni de si beaux travaux à MM. les professeurs Verneuil et Bouchard. Grâce à eux, cette question fait, chaque Jour, de rapides progrès. Et notre génération médicale, formée à leur École, à pu apprécier la hauteur de vues et la profondeur de conceptions de ces deux maitres dans la chi-

rurgie et la médecine françaises qui ont su tirer des faits des idées générales, et faire comme la philosophie de la science actuelle.

Nous prions M. le professeur Bouchard de recevoir l’expression de notre profonde gratitude pour l'honneur qu'il nous fait en acceptant la présidence de cette thèse.

Entrainé par l'attrait qu'exerce toujours l'inconnu, nous nous sommes permis une courte incursion dans le domaine des causes générales, — audace imprudente et irréfléchie, qui n'a d'autre excuse que la sincérité de nos intentions.

Nous n'avons pas la prétention de dire qu'après notre iravail, malheureusement trop incomplet, la science aura fait un pas de plus dans la voie du progrès : nous n'avons qu'un espoir, plus modeste à la vérité, mais que nous réaliserons peut-être, celui de réunir des faits et des expériences qui puissent servir un jour à mieux faire comprendre cette partie de le pathologie, à l'étude de laquelle nous avons voué tous nos efforts. Comme l’a dit très bien un philosophe, le but idéal de toute recherche est « la découverte de petits faits, bien choisis, importants, significatifs, amplement circonstanciés et minutieusement notés... » C'est la seule méthode vraiment scientifique, que l'on doive mettre aujourd'hui en application. Nous essaierons de nous en écarter le moins possible.

Aussi aurons-nous toujours devant les yeux cette phrase du Discours, préliminaire des œuvres de Robert Boyle : « Si les hommes avaient plus à cœur les progrès de la vraie science que leur propre réputation, il serait aisé de leur faire comprendre que le plus grand service qu’ils pourraient rendre au monde, ce serait de mettre tous leurs soins à faire des expériences, à recueillir des observations, sans chercher à établir aucune théorie, avant d'avoir donné la solution de tous les phénomènes qui peuvent se présenter. »

Cela fait, il ne nous reste plus qu’à solliciter la bienveil-

lance du lecteur. L'estomac est la route du cœur, a dit Taine, qui a plus d'esprit que de notions anatomiques.

Ce travail a été fait tout entier dans le service de M. Dujardin-Beaumetz, à l'hôpital Cochin, ou nous étions attaché en qualité d’externe.

Nous avons le devoir, bien doux à remplir, de remercier ici, très vivement, nos excellents amis, M. le D' Bardet, chef du Laboratoire, MM. Sapelier et Le Gendre, internes — dont le savoir profond et éprouvé nous a toujours été d'un précieux secours, — ainsi que tous nos collègues et camarades du service dont l’aide intelligente et dévouée ne nous à Jamais fait défaut.

Nos remerciements aussi à notre ami Gibotteau, externe des hôpitaux, dont la connaissance parfaite des langues étrangères nous a été fort utile.

A tous nous adressons l'expression de notre entière sympathie et de notre constante amitié.

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