‹ Diagnostic et traitement du cancer de l'estomacChapitre 10 sur 47 · PR NE TT · texte numérisé non relu

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bronchite qui entre rapidement en voie de résolution; dans la seconde quinzaine de décembre, deux vomissements de sang très noir ressemblant à du marc de café et extrémement abondants. Ces vomissements se produisent à un intervalle de 5 jours, accompagnés de douleurs violentes qui traversaient la poitrine d'avant en arrière. Ces douleurs ne duraient pas plus longtemps que les vomissements : la première fois, il fut rendu une euvette de sang; la seconde fois, un peu moins. En même temps que ces vomissements, ou peu après, selles noirâtres. Le ventre est aplali, non douloureux à la pression, très souple ; pas de sensation de tumeur ou de résistance suspecte à la palpation méthodique de la région stomacale et abdominale. Par contre, la percussion de la région de l’estomac révèle un état de sonorité exagérée, et la succussion pratiquée d’un côté à l’autre, détermine un bruit de gargouillement très marqué.

Rien du côté des voies circulatoires ; pas de fièvre ; bronchite guérie; urines normales ; constipation difficilement vaincue par

des lavements et des purgatifs de toutes sortes. Cet état ne se-

modifie en rien sous l'influence du régime lacté auquel M"° L... fut soumise régulièrement. Le lait pris par gorgées, coupé avec des eaux alcalines, additionné de pepsine, était rejeté en caillots au milieu d'efforts très pénibles.

C'est dans ces conditions déplorables, qui faisaient appréhender une terminaison fatale à bref délai, que M. le D’ Dujardin-Beaumetz fut appelé en consultation, fin décembre. Ce dernier pensa qu'en raison de l'inefficacité de tous les moyens employés, et, en se fondant sur la dilatation considérable de l'estomac et l’absence de toute tumeur dans la région, que le lavage de l'estomac était la seule ressource susceptible d'amener un résultat favorable.

Ce lavage fut entrepris le 6 janvier 1881 par M. le D' Dujardin. Beaumetz, il fut très bien accepté par la malade et put être continué tout le temps nécessaire, sans aucune interruption. Chaque lavage, pratiqué au moyen du tube de Faucher, était fait avec de l’eau tiède additionnée de sulfate de soude et de bi-carbonate de soude ; chaque fois, un litre de lait environ était introduit dans l'estomac.

Les vomissements et les nausées cessèrent comme par enchantement, et le lait administré avec des peptones Catillon, fut admirablement supporté. Le lavage fut répété deux fois par

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jour pendant deux mois, et il arrivait souvent, après quelques séances, que le liquide ressortait absolument clair de l'estomac. De temps en temps, des fragments de lait caillé étaient ramenés, confondus avec un résidu muqueux et bilieux.

Les fonctions intestinales restant incomplètes et les bourrelets hémorrhoïdaux douloureux et tuméfiés, il fallut recourir au curage du rectum qui fut suivi d’une débâcle abondante. Après deux mois, la région devint mixte par l’adjonction de bouillons, de jaunes d'œufs ; le lavage ne fut plus pratiqué qu'une fois par jour, et M"° L... put se remettre bien vite et sans inconvénients à l'alimentation commune.

Il est inutile d’insister sur l'intérêt présenté par cette observation. Cette malade était, suivant l'expression ayant cours, « condamnée » à mourir dans le plus bref délai, par une trop grande confiance dans l'hématémèse et la cachexie. Si elle était morte et qu’on en eût fait l’autopsie, quelle n’aurait pas été la surprise des fidèles du vomissement noir!

Mais arrive un clinicien expérimenté; ce clinicien — qu’on nous permette l'expression, — « en est revenu » : il hésite dans le diagnostic, mais il s’arme d’une thérapeutique active et salutaire, et on vient de voir quel merveilleux résultat il en a obtenu. On ne peut trouver un exemple plus propre à frapper l'esprit. C'est ce doute, — commencement de la sagesse, comme disaient les anciens, — que nous voudrions inspirer à nos lecteurs. Combien de cas, analogues à celui que nous venons de citer, ne pourrait-on retrouver, mais dans lesquels la terminaison a été fatale? Cest pour cela que nous luttons contre la confiance en l'hématémèse, espérant faire une œuvre bonne pour l'humanité et pour la clinique. Aussi éprouvons-nous le besoin de donner encore quelques observations de vomissements noirs survenus dans des affections étrangères à l'estomac (1). |

(1) Nous avons des observations de linitis avec hématémèses; mais nous les renvoyons au paragraphe Tumeur, où elles seront plus à leur place.

æ — Nous avons réuni 3 cas de tumeurs du foie, deux de tuberculose, et deux pris dans les C{iniques de Trousseau, dont l’un a guéri, l’autre est mort, et l’autopsie n’a rien fait découvrir. Nous pourrions multiplier les exemples, mais il ne faut jamais abuser, même des meilleures observations.

OBSERVATION XIV (Résumée.)

Tumeur du foie ; Hématémèse, par Dusar. Bull. Soc. anat., 1879; p. 405.

Leniq, 62 ans (hôpital St-Antoine, service de M. Dujardin- Beaumetz.) En décembre 1878, vomissements alimentaires et noirâtres, le malade maigrit rapidement ; æœdème des pieds et de la cavité abdominale ; ascite (ponctions). Diagnostic : cirrhose.

Autopsie. — Estomac sain; foie dur, avec des noyaux squirrheux disséminés et des ilots de cirrhose.

OBSERVATION XV (Résumée).

Ictère chronique; Cancer du foie et de l’épiploon ; par Mossé. Bullet. Soc. anat., 1878, p. 111.

Cazard, 38 ans, (Hôtel-Dieu, service de M. Oulmont, janvier 1878) ; devient ictérique, il y a quatre mois et demi; foie volumineux, sur son bord inférieur, tumeur volumineuse occupant la place de la vésicule; en février, ascite, affaiblissement progressif, vomissements noirs, abondants pendant plusieurs jours ; mort le 14.

Autopsie. — Petite tumeur sur le lobe gauche du foie, vésicule biliaire résistante, distendue, forme tumeur descendant jusqu'au niveau de la cicatrice ombilicale. L'estomac est sain, mais contient une matière noträlre analogue au marc de café,

Le troisième cas de tumeur du foie est un hyste hydatique suppuré qu'on ne découvrit qu'à l’autopsie; on le trouvera au chapitre IT, avec les autres observations dans lesquelles nous avons fait le dosage de l’urée.

Voici maintenant 2 observations de tuberculose.

OBSERVATION XVI (Résumée).

Hématémèse mortelle chez un tuberculeux par Giize BRÉCHEMIN Bullet. Soc. anat., 1879, p. 453.

M..., 18 ans. — Tuberculose au deuxième degré; la malade rend deux à trois litres de sang rouge et meurt.

Autopsie. — Ulcérations de cinquante centimètres dans l’estomac ; les bords sont saillants, et forment un bourrelet circulaire à la surface de l’ulcération ; à ce niveau, le péritoine est épaissi ; le resie de l'estomac est sain. L'examen microscopique montre qne les bords et le fond de l’estomac sont remplis de granulations tuberculeuses.

Le seconde est contenue dans un travail de M. le D'Cazin, médecin à l'hôpital de Berck-sur-Mer, sur les « Tubercules de l'estomac. » Ce travail à été lu à la Société médicale des hôpitaux dans la séance du 12 mars 1880. Le D' Cazin , fait remarquer à ce propos qu'il n'existe que 5 observations analogues : une de Taïamon, l'autre de Bignon, le troisième de Gilles-Bréchémin, et une autre du D' Delannoy.

Nousn'en avons cité qu'une ; voici celle de M. Cazin.

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