OBSERVATION HE
Cancer pylorique légèrement ulcéré, par Josras et DÉRiGNaAc, Bullet. Soc. anat., 1883, p. 145.
Rousselot, 52 ans, entré le 25 septembre 1882, à l'hôpital de la Charité, service de M. Landouzy, suppléant M. Hardy.
Ce malade entre à l'hôpital, se plaignant de douleurs vives, continues et par acces dans l'abdomen, qui s'irradient au niveau du creux épigastlrique. Il à maigri beaucoup, et il a des hématémèêses considérables depuis 5 jours : troubles digestifs depuis 2 mois, pas de dilatation de l'estomac, pas de tumeur ni d’empätement : l'appétit est conservé: pas de cachexie ni de fièvre.
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Le diagnostic est hésitant. Le lavage de l'estomac calme lés douleurs et empèche le retour des hématémèses et des melæna. Vers le milieu d'octobre, Le foie devient volumineux : la cachexio commence. Les accidents énoncés plus haut recommencent. Il se produit de la diarrhée ; les douleurs abdominales sont considérables. Il n'y a pas d’ascite appréciable, ni d'œdème. Mort le 14 novembre.
Autopsie. — L'estomac est rempli d’un liquide noirâtre. L’anneau pylorique est épaissi, et la muqueuse correspondante ulcérée ; il est lardacé à la coupe; l’orifice est rétréci. Il existe en outre un cancer secondaire du foie et des ganglions rétro-hépatiques : de la congestion pulmonaire, et de la pleurésie commençante à droite. L'examen microscopique a révélé un épithélium cylindi que.
Dans les réflexions qui suivent, les auteurs de cette observation font observer que la généralisation ganglionnaire, et principalement des ganglions répondant au pli gastro-hépatique et à la veine-porte, enlacant ainsi tous les vaisseaux et nerfs, peut expliquer la stase veineuse, et par conséquent la circulation collatérale abdominale d’une part et la stase des veines de la muqueuse gastrique d'autre part.
Cette question de causalité terminée, arrivons à la valeur diagnostique du vomissement. Nous ne nous occuperons que du vomissement noir « marc de café » qui a été considéré, un certain temps, comme pathognomonique du cancer.
Valleix et Lorain l'envisageaient comme le signe «le plus remarquable et le plus constant. » (1) Grisolle le donne comme un signe « à peu près certain » (2). Au contraire, pour Hardy et Béhier, « les vomissements noirs ne sont pas un signe certain, puisqu'ils ont été observés sans lésion de l'estomac » (3). Guéneau de Mussy dit qu'ils peuvent avoir des causes bien différentes, entr'autres des émotions morales vives {4). Brinton les considère comme peu fréquents, opi-
(4) Valleix et Lorain.
(2) Grisolle, Pathol, int.
(3) Hardy et Béhier.
(4) Guéneau de Mussy, Clin. méd'
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nion qui est partagée par Leube et l'école d’Erlangen. Dujardin-Beaumetz (1) dit qu’ils peuvent se produire aussi bien dans la gastrite chronique et la dilatation. On voit par ces quelques citations que le vomissement noir a beaucoup baissé dans l'estime des cliniciens.
Voyons, à notre tour, quelle considération nous devons lui accorder. — Il existe dans le cancer, dans la proportion de 42° 0/0, comme nous l'avons dit plus haut. Lebert l'a vu manquer 6 fois sur 42 cas. Nous ne donnerons pas d'observations pour montrer qu'il existe; cela est surabondamment prouvé. Mais, comme pour les autres symptômes, nous avons réuni des observations démontrant: 1° qu'il peut manquer; 2 qu'on le rencontre dans d’autres maladies de l'estomac ; 3° qu'on le rencontre également dans des affections éfrangères à l'estomac.
4° Nous rappellerons d’abord l'histoire du malade de Lasègue, dont nous avons donné l'histoire à la page 33. Chez lui, l’'anorexie fut le seul signe pendant longtemps. Chez la malade qui fait le sujet de l'observation I, et chez laquelle le cancer fut diagnostiqué pendant la vie, les hématémèses manquent complètement, ainsi que dans l’observation I.
Voici une observation de cancer dont le diagnostic fut fait par M. Panas, dans des conditions particulières de difficulté ; il n’y à jamais eu de vomissements.
OBSERVATION IV (Résumée.)
Fistule ombilicale; Cancer latent de l'estomac, par Monon. — Bullet. de la Soc. anat., 1877, p. 88.
Antoinette C..., 66 ans, entre le 7 février 1877, dans le service de M. Panas. Pas d’antécédents héréditaires ni personnels : malade depuis 6 mois: diminution de l’appétit; diarrhée ;
(1) Loc. cit.
jamais de vomissements ; cachexie ; peu de troubles digestifs. -
A l'inspection de l'abdomen : tuméfaction diffuse qui soulève la cicatrice ombilicale et la région avoisinante, mate à la percussion ; Lx matité se continue avec celle du foie, à 5 ou 6 cent. à gauche de l’ombilic ; la pression est douloureuse. Au sommet de la cicatrice ombilicale existe un orifice fistuleux admettant le bec d'une sonde cannelée. Il en sort un liquide séreux, roussâtre, et des gaz. Un stylet introduit par la fistule pénètre dans une petite poche formée par la cicatrice ombilicale déplissée ; mais on ne peut pénétrer plus profondément. La fistule est de date récente.
M. Panas se fondant sur un cas analogue qu'il a pu observer, porte le diagnostic de cancer de l'estomac.
Œdème, cachexie et mort le 21 février.
A l’autopsie, la région ombilicale forme une masse compacte reliant ensemble l'estomac, le foie, le côlon transverse et le duodénum. En ouvrant l'estomac, on voit, au voisinage du pylore, une large surface ulcérée recouverte de détritus d’un gris noirâtre. Au-delà de cette ulcération, la muqueuse est saine. La perte de substance qui intéresse tout l'estomac est comblée par le tissu hépatique adhérant à l'estomac.
Du côté de l'ombilic, on trouve au fond de la petite poche déjà décrite un petit orifice admettant un stylet de trousse par lequel on pénètre dans la cavité stomacale.
En voici une autre rapportée par Andral dans ses Cliniques.
OBSERVATION V (Résumée.)
Jeune homme de 22 ans. Mauvaises digestions depuis l’âge de 49 ans ; au bout de 2 ans, vomissements alimentaires ; tumeur; cachexie.
A l’autopsie : cancer du pylore.
Andral fait remarquer, à ce propros, que le vomissement peut très bien ne pas se montrer dans le cancer de l'estomac, surtout dans les cas où le cancer, attaquant le corps
LHDGLE même de l'estomac, les deux ouvertures de ce viscère restent libres.
Il n'en existe pas non plus dans l’observation suivante empruntée à la thèse de Loîseaux (1):
OBSERVATION VI (Résumée.)
Descourtillers, 85 ans, entrée le 28 janvier 1865 à l’infirmerie de la Salpêtriere, service de M. Vulpian.
Pas d’antécédents. Ménopause à 50 ans. Très faible depuis deux mois. Perte d’appétit complète ; diarrhée; Mort le 14 février. f
A l'autopsie, on trouve le grand cul-de-sac occupé par une tumeur assez considérable, qui part du cardia et envahit la queue du pancréas ; le foie présente plusieurs petites tumeurs disséminées.
ÿ Enfin, elles manquent totalement dans les cancers latents
dont on trouvera plus loin les observations.
2, — Autres maladies de l'estomac. — D'une manière générale, dit Dujardin-Beaumetz, « ils (les vomissements noirs) se produisent dans tous les cas où la muqueuse stomacale est congestionnée et ulcérée, et ces ulcérations se produisent surtout par le séjour prolongé d'aliments fermentés et corrompus qui accompagnent toute dilatation de l'estomac. » On les trouve donc dans la gastrite chronique, dans la dilatation, dans l'ulcère, dans le linitis, - comme le montrent les observations ci-après.
Voici une malade dont l'état fut considérablement améliorée par le régime.
(1; Th. Paris, 1875.
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OBSERVATION VII (Résumée), empruntée à la Thèse de BEAURIEUX.
Marie H..., 49 ans, entrée à l'hôpital de la Pitié en 4879.
Malade depuis 1871; digestions pénibles ; douleurs à l'épigastre ; perte d’appétit ; hématémèses en 1877; amélioration par le régime lacté et les vésicatoires à l’épigastre. Mais quelques mois après, il survient une anorexie absolue, des vomissements constants, enfin les mêmes troubles digestifs que précédemment. Entrée de nouveau à l'hôpital, elle en sort très améliorée par le régime lacté, l’eau de Vichy et les cautères à la région épigastrique.
On trouvera, à l’article cachexie, une observatiou fort intéressante de dyspepsie chez un arthritique, avec vomissements noirs.
Dans l'ulcère, les hématémèses existent assez fréquemment; en voici quelques cas.
OBSERVATION VIII (Résumée.)
Ulcère de l'estomac, par Tazamor. Bull. Soc. anat., 1879, p. 639.
M..., 33 ans, entrée le 3 septembre 1879 à la maison de santé, malade depuis 4877. Digestions pénibles, douloureuses; renvois gazeux; régurgilations acides; crises gastralgiques violentes. I y a deux mois, inappétence, pesanteur, douleurs répondant
#dans le dos, voix enrouée ; trois semaines après, hématémèse
(1 litre). A partir de ce jour, vomissements incessants ; le 31 août, douleur atroce dans le côté droit du ventre; le lendemain, facies grippé, abdomen douloureux, gonflé ; hoquet; mort.
Autopsie. — Sur la face postérieure de l'estomac, ulcération ovalaire de 8 cent. de long sur 6 1/2 de large.