V. — CoLORATIONS
Tout d’abord, siles pièces ont été collées avec de l’eau albumineuse, il faut passer les porte-objets au-dessus de la flamme d’un bec Bunsen afin de coaguler l’albumine. Ce temps préliminaire ne s'applique naturellement pas aux pièces pour lesquelles il n’a été fait usage que d’eau distillée.
Ensuite, on enlève la paraffine avec du toluène et on fait passer la pièce par la série des alcools progressivement décroissants : 100°, 90°, 70°. Pendant le cours de ces manipulations, il ne doit se produire aucun trouble, aucune tache laiteuse.
Comme les teintures varient suivant les fixateurs employés, examinons successivement les trois cas quipeuvent se présenter (1) :
a) Pièces fixées par l'alcool à 100. — La fixation par l'alcool permet l'emploi d'un nombre considérable de colorants : picrocarmin, carmin boracique, carmin aluné, thionine, bleu de méthylène, violet de gentiane, hématoxyline, hématéine, hémalun, etc...; mais le mieux, à mon sens, est, après avoir copieusement rincé la lame, de la colorer successivement avec l’hématoxyline de Delafield préparée depuis au moins six mois et avec une solution d’éosine à 4 p:100:
On lave une seconde fois la lame dans une grande quantité d’eau de source ; on déshydrate par les alcools à 70°,
(4) L'hémalun présente l'avantage de fournir des colorations très satisfaisantes avec l'un quelconque des liquides fixateurs indiqués ici. Tous les colorants signalés ici se trouvent dans le commerce et leurs formules sont consignées dans tous les traités de technique ; aussi ai-je jugé inutile de reproduire ici leur mode de préparation.
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90°, 100° ; on éclaireit au toluène et on monte finalement au baume.
b) Pièces fixées au liquide de Zenker. — On retire également de grands avantages de la coloration hématoxyline-éosine indiquée ci-dessus ; la technique est d’ailleurs exactement la même. La coloration suivant la méthode de Van Gieson donne de précieuses indications toutes les fois qu’on a besoin de différencier l’un de l'autre les tissus musculaire et conjonctif ; elle est particulièrement utile dans l'étude des tumeurs fibromyomateuses. Son emploi est des plus simples, il suffit de mettre les coupes fixées à l’alcoo! ou au mélange de Zenker en contact quelques secondes avec la solution suivante :
Solution aqueuse saturée d'acide picrique.... 100 volumes Fuchsine.acide AD TOOL RS RSR RE &] =
Une immersion de quelques secondes suffit ; ensuite, les coupes sont lavées largement et traitées comme d'habitude.
Le tissu conjonctif est coloré en rose vif; le tissu musculaire, en jaune d’or. On peut ensuite, si on le désire, obtenir une coloration nucléaire en employant FEU toxyline, le carmin aluné, etc.
c) Pièces fixées au liquide de Lindsay Johnson. — Après le lavage à l’eau, les coupes sont plongées, pendant » à 10 minutes, dans une solution saturée de rouge magenta dans l’eau phéniquée à 5 p. 100: elles sont ensuite rapidement lavées à l'alcool à 90°, puis colorées par le mélange suivant (1) :
Violet acide (Saüreviolett)..........:.... 1st Vert lumière (Lichtérun) Reese 15r Alcool Qof is Et Re A AUIRE ane 290$"
(1) Dans certains cas, notamment lorsqu'on se propose spécialement de tnettre en évidence le tissu conjonctif, le Wasserblau en solution aqueuse aturée peut rendre de bons services.
Il faut surveiller de très près l’action de ce dernier mélange, car il a un pouvoir décolorant manifeste.
Cette méthode présente des avantages considérables ; la fixation ne laisse rien à désirer et les colorations multiples qu’elle communique aux tissus sont des plus instructives; c’est véritablement le procédé de choix pour le diagnostic histologique des curettages utérins ; néanmoins, comme tous les réactifs histologiques modifient toujours la structure du protoplasma, il est bon de combiner cette méthode avec une des deux précédentes (alcool à 100° ou liquide de Zenker).
Enfin, les pièces fixées par le Lindsay et colorées par le magenta-violet acide-vert lumière sont montées comme précédemment.
Comme je l’ai déjà indiqué, il importe, pour qu’on puisse se prononcer en toute sécurité, d'examiner un assez grand nombre de coupes ; c'est là une nécessité qui exigerait une perte de temps non négligeable et serait fastidieuse, si l'emploi du bouchon porte-lames de Fabre-Domergue, en permettant de traiter simultanément six porte-objets, ne venait simplifier singulièrement la besogne ; cet ingénieux dispositif m'a toujours été fort utile en m'économisant beaucoup de temps ; j'estime qu'on ne peut qu'apprécier ses avantages à l'usage.
Avant de terminer, je résume, dans un tableau synoptique, la série des manipulations ci-dessus décrites :